Iréné Agossa, président du parti Restaurer la confiance (Rlc) règle toujours ses comptes avec ses anciens amis du parti « Les démocrates ». Tout au long du weekend pascal, ses déclarations fracassantes et très dures à leur encontre, démontrent qu’il y a un grand fossé qui les sépare. Encore qu’en politique, on ne peut jurer de rien. 

Lors de son  passage sur un plateau de télévision de la place, Iréné Agossa n’a pas apprécié qu’on l’accuse d’avoir validé la réélection de Patrice Talon en participant à la Présidentielle du 11 avril 2021. Selon lui, c’était une faute des membres du parti « Les démocrates » de ne pas avoir réussi à participer à la Présidentielle de 2021. Il leur (ses ex-partenaires politiques) reproche surtout un manque de réalisme politique, et des analyses superficielles contre le régime du président Patrice Talon. Pour le président du Rlc, l’accuser ou lui reprocher d’avoir été à cette élection, est une rhétorique du parti « Les démocrates », qui cherche des boucs émissaires. Car au fond, ils sont responsables eux-mêmes de leurs turpitudes et naïveté, qui les ont conduits à rater un moment, un virage important de l’histoire du pays. En effet, l’idée des membres du parti « Les démocrates » semble plus ou moins, de créer les conditions du chaos politique, de bloquer le processus électoral, ou de créer de l’insurrection, afin de renverser le régime Talon. D’où les violences qui ont émaillé les Législatives de 2019, et,  après,  la Présidentielle. A cela, s’ajoutent quelques dissensions internes, des querelles intestines liées aux ambitions politiques, et le manque d’une stratégie politique claire. Le tout semble avoir atteint son paroxysme avec le parachutage à tout le moins incongru de dame Reckya Madougou, arrachée aux ors du palais de Faure Gnassingbé. Il ne faut pas aussi oublier qu’ils avaient un parrain, dont les choix et désidératas étaient difficiles à cerner. Or, Iréné Agossa n’a jamais été un homme d’appareil, c’est un cacique et vieux briscard de l’échiquier politique national, qui a plus d’un tour dans son sac. Le président du Rlc défend d’abord et avant tout, hier comme aujourd’hui,  ses ambitions personnelles.

« Ils vont aux élections pourquoi ? Dame Réckya (Madougou) est déjà libre ? »

C’est pourquoi, il renvoie ses anciens compagnons à leur copie, aux devoirs inachevés. Répondant à la question du journaliste, il s’est fait clair et sans ambages : « Mes camarades « Les démocrates », pourquoi ils vont aux élections maintenant ? Talon a quitté le pouvoir ?…Nous leur reprochons d’avoir boycotté les élections. Ce sont eux qui ne sont pas réalistes et qui ont laissé le président Talon se fortifier encore. Ils ont poussé les camarades en prison, ils ont poussé les camarades à l’exil et fini par accepter ce que nous avons dit », a-t-il affirmé. Avant d’assener fatalement: « Ils vont aux élections pourquoi ? Dame Réckya (Madougou) est déjà libre ? Ils l’ont fait sortir ? Quand il s’agit d’Eric Houndété, quand il s’agit de tel. Lui, il veut être député. C’est de l’orgueil », estime-t-il, persuadé que les Démocrates veulent « valider leur orgueil et leur méchanceté »  en allant  aux prochaines élections législatives. Le leader du Rlc invite,  du coup, ses anciens amis à, d’abord s’excuser auprès du peuple pour les erreurs commises jusque-là. Pour le reste, Iréné Agossa semble déjà porté vers les Législatives à venir.

Critiquant ouvertement les propositions de Théophile Yarou, il s’est ensuite rapproché du chef de fil de l’opposition. Au sortir d’une visite au cabinet du chef de file de l’opposition, Paul Hounkpè, dans l’après-midi du 12 avril 2022 à Cotonou, Paul Hounkpè déclarait : « On dit que l’opposition est mal organisée et qu’elle ne se parle  pas. Nous sommes préoccupés par la confection d’une liste électorale qui sera acceptée de tous. Et nous suivons de près tout ce qui est réalisé par l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) qui doit redoubler d’ardeur pour enrôler le maximum de Béninois, et c’est de cette opération qu’on veut extraire la Liste électorale informatisée, Lei. Vous comprenez que cela nous préoccupe, parce que, nous voulons des élections qui seront acceptées de tous ».

Confusion, impréparation, divisions

Avant cette déclaration, le président du parti Restaurer la confiance (Rlc) s’en était pris à Théophile Yarou et à son parti politique nouvellement reconnu, La nouvelle alliance (Lna). Théophile Yarou qui proposait une mutualisation des forces de l’opposition dans le cadre des prochaines Législatives.  « J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’opinion exprimée par Théophile Yarou sur les forces de l’opposition, où il évoque la nécessité de leur mutualisation. Là-dessus, j’avoue que je me perds un peu, parce qu’à ma connaissance, la Lna de Théophile Yarou n’est pas un parti de l’opposition au sens du statut de l’opposition en vigueur au Bénin. Donc, de ce point de vue, je pense qu’il est mal placé pour se considérer comme un opposant au point même d’en appeler à la mutualisation de ses forces », a déclaré Iréné Agossa. « Je n’ai pas souvenance que son parti ait eu à changer de position à un moment donné. Si cela avait été le cas, vous savez très bien qu’il y a une démarche appropriée à mener pour être en phase avec la législation qui nous gouverne. Monsieur Yarou sème simplement la confusion. Il fait de l’amalgame lorsqu’il se comporte ainsi. Il n’a qu’à s’occuper des gens de son camp, plutôt que de venir s’ériger en donneur de leçons là où il n’a pas sa place. S’il décide d’appartenir à l’opposition, c’est son droit le plus absolu. Dans ces conditions, il se conforme à ce que dit la loi et tout le monde sait désormais qui il est », ajoute-t-il.

Jean-Paul Mahugnon

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