Les leaders religieux et traditionnels du département de la Donga, en l’occurrence les imams et curés, à la faveur d’un plaidoyer adressé au préfet de la Donga,  Eliassou Soulémane Biao Aïnin, sollicitent  l’implication personnelle de l’autorité pour la prise d’un arrêté règlementant les mariages et baptêmes coutumiers et religieux dans la Donga. La séance s’est tenue en présence des représentants d’Organisations de la société civile, du juge des mineurs, du chef du projet « Ko Hatchi » (Droits de l’Enfant) financé par l’Union européenne et Care international en France.

« Nous, leaders religieux et imams, investis par la communauté pour célébrer les mariages et les baptêmes coutumiers dans notre département, la Donga, après plusieurs rencontres de réflexion sur les situations de violence et de mariage des mineures qui prévalent dans nos communautés, avons  décidé de  solliciter votre concours pour l’institution d’une autorisation préalable à la célébration de mariages et baptêmes coutumiers », a déclaré Assoumanou Bawa Abdourazizou, porte-parole du collectif. « Le préfet accepte votre plaidoyer et veillera à ce que tout ce qui a été retenu soit appliqué sur le terrain », a répondu l’autorité. Pour lui, il est d’ailleurs inconcevable que des enfants qui n’ont pas encore atteint la majorité, soient désignés candidats pour le mariage. « Nous avons constaté que le département de la Donga est toujours premier,  en termes d’enfants placés, de main d’œuvre illégale, d’immigration clandestine et de tout ce qui n’est pas bon. Nous voudrions bien compter sur Pied-Ong et son partenaire Care Bénin/Togo pour nous aider à inverser cette tendance », a ajouté le préfet. Le juge des mineurs, Me Vignon Rodrigue Sedonougbo, présent à ce plaidoyer, a fait observer que « c’est un grand pas qui vient d’être ainsi franchi dans le processus de protection des plus vulnérables que sont les enfants ».

Ensemble pour l’élimination des freins au développement normal des enfants

Mouhoutarou Alassane, chef du projet « Ko Hatchi » à Care Bénin/Togo, a réaffirmé à l’endroit des différents acteurs le soutien de l’Ong dans cette lutte pour l’élimination de tous les freins au développement normal des enfants. « Nous avons fait du chemin et les résultats sont encourageants. Il y a déjà des changements qui s’observent. Il y a encore quelques temps il n’était pas du tout aisé de regrouper des leaders religieux pour débattre de questions relatives aux droits de l’Enfant. Maintenant nous avons la chance de nous écouter et de chercher à aller de l’avant.  Les enfants peuvent enfin s’exprimer plus librement et les communautés prennent de plus en plus conscience de l’importance de l’apport des femmes au développement de la société », a-t-il signifié. Ce plaidoyer, indique-t-on, a été l’aboutissement d’un long processus d’actions de mobilisations communautaires touchant 200 leaders religieux et traditionnels, 200 élus locaux, 40 représentants des Organisations de la société civile et leurs réseaux pour le changement des normes sociales et comportementales. Les regards sont désormais tournés vers le préfet du département de la Donga pour qu’au plus tôt, les différentes résolutions prises au cours de ce plaidoyer soient traduites en actes afin d’induire le changement de comportement tant attendu, ont fait savoir les différentes parties prenantes.

Rédaction (Br Atacora-Donga)

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