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Elections au Bénin:La victimisation, l’éternelle arme de l’opposition

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La politique au Bénin depuis les indépendances rime, sans coup férir, avec la ruse. Les acteurs d’une épaisseur politique incomparable se livrent des défis juste dans l’espoir de conquérir le pouvoir et de l’exercer. Les stratégies de lutte sont diverses et variées, mais celle de l’opposition semble être la même depuis lors. L’exemple de la Présidentielle de 2021 est édifiant à bien des égards.

La victimisation ! Voilà le masque derrière lequel se cache l’opposition pour opérer en Afrique. Au Bénin, la pratique est monnaie courante et traverse les générations. De 1990 à ce jour, le scénario est le même. Et il est perceptible surtout à la veille de chaque échéance électorale. Les agitations qu’on observe ces derniers temps en sont la preuve. En effet, depuis que la Commission électorale nationale autonome a dévoilé le calendrier électoral pour la Présidentielle du 11 avril,ça fait jaser avec certains partis se réclamant de l’opposition. « Les démocrates » en particulier ! La candidate de cette formation politique, ReckyaMadougou, a déposé, exprès, un dossier incomplet. Recalée pour défaut de parrainage, une nouveauté introduite dans le jeu électoral, elle s’estime victime d’une disposition légale, pourtant existante depuis plus de quinze mois. Clamant son « exclusion » sur tous les toits, elle pense, par cette ritournelle, s’attirer la sympathie de tous les frustrés de la République. Cela semble lui marcher, car avec ses déclarations fracassantes, elle réussit tout de même à rallier à sa cause une certaine frange de la jeunesse qui perd du temps et de l’énergie sur les réseaux sociaux. Un autre candidat recalé pour cette importante joute électorale est Frédéric Joël Aïvo. Son forfait, c’est d’avoir fait l’option délibérée de ne pas quérir le parrainage. Mais, malheureusement, son attitude frise aussi la victimisation. Il se dit aussi exclu du jeu arbitrairement. Or, les règles sont connues de toute éternité. Ce qui paraît étrange avec les opposants, en Afrique, est que leur bourreau est toujours le pouvoir en place. C’est lui le coupable tout trouvé. Le responsable des maux de l’opposition aujourd’hui au Bénin serait le président Patrice Talon. C’est du moins ce qu’elle tente de faire accroire aux populations pour que, in fine, celles-ci s’entichent d’elle. On le sait, au Bénin, les populations ont une certaine tendance à s’ériger en défenseur des faibles et des opprimés. C’est donc sur cette fibre que surfent les opposants afin d’assouvir leur dessin personnel. Le président Nicéphore Soglo, par exemple, dans son élan de reconquérir le pouvoir, après l’avoir perdu en 1996, a joué à fond sur la victimisation, notamment avec l’affaire de véhicules retrouvés à son domicile. C’est d’ailleurs cette stratégie qui a permis à sa formation politique, la Renaissance du Bénin (Rb), de gagner 27 députés lors des Législatives de 1999.

 

Même refrain en 2021

 

En 2001, la même stratégie a été utilisée, en l’occurrence après le 1er tour de la Présidentielle qu’il a qualifié de « mascarade ». Fort de ce grief, il a d’ailleurs désisté en faveur de AdrienHoungbédji qui en fit de même. En cette période (1996-2006), le « bourreau désigné » de l’opposition, c’était le président Mathieu Kérékou. Il était le coupable parfait des errements et égarements de l’opposition. Avec l’avènement du président Boni Yayi, on pensait que l’opposition allait changer de fusil d’épaule. Erreur ! Conduite par Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, et Adrien Houngbédji, elle est restée fidèle à cette ligne de conduite qu’est la victimisation. Elle s’est parfaitement illustrée, entre 2010 et 2011, sur la question de la Liste électorale permanente informatisée en cours de réalisation, mais qu’elle taxait de « bâclée ». Ironie du sort, c’est un Ko retentissant du président Boni Yayi qui a sanctionné cette tendance à défier les Institutions de la République. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les partis politiques de l’opposition ont été disqualifiés lors des Législatives de 2019 par leur propre fait. Ayant passé tout leur temps à contester la réforme du système partisan à laquelle ils ont pourtant adhéré au départ, ils se sont retrouvés sur le quai de la gare. Malheureusement, leur bouc-émissaire trouvé est Patrice Talon. C’est lui qui les aurait empêchés d’avoir le certificat de conformité. Aujourd’hui, pour la Présidentielle du 11 avril, c’est encore lui qui les a empêchés de quérir les parrainages. Cette constance dans l’accusation et la victimisation de la part de l’opposition en Afrique doit fonder les sociologues et politologues à percer la pratique.

 

Joël Samson Bossou

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