La candidate du parti ‘’Les démocrates’’, Reckya Madougou, disqualifiée par la Céna pour prendre part à la Présidentielle du 11 avril 2021 n’a-t-elle pas fait un faux départ en se lançant dans le débat électoral au dernier moment ? Le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, a donné son point de vue sur le sujet. Il était sur l’émission « Le grand soir » de la chaîne de télévision E-Télé hier lundi 15 février 2021. Extraits.
« …Désormais recalée par la Commission électorale nationale autonome (Céna), la candidate du parti ‘’Les démocrates’’ joue son va-tout pour revenir dans la course à la Présidentielle du 11 avril 2021. Reckya Madougou multiplie les initiatives pour montrer à l’opinion qu’elle a vraiment envie de prendre part à cette importante joute électorale, et donc qu’on libère les parrainages, pièce manquante à son dossier. Elle indique notamment qu’elle ira jusqu’au bout de ses ambitions. Malheureusement, c’est un réveil un peu tardif. Comme le dit Alfred de Musset, elle est venue trop tard dans un monde trop vieux. Elle a tout mal joué, parce que le stock de parrainages est épuisé. En effet, pendant que les autres présidentiables investissaient le terrain et ne cachaient pas leurs ambitions de briguer la magistrature suprême de leur pays, l’ancienne ministre du président Yayi Boni ne s’est pas du tout affichée. Ce n’est qu’au dernier jour de la clôture des dossiers de candidatures qu’elle a fait irruption dans le débat électoral. Il y a encore deux semaines à peine, elle était inconnue au bataillon des présidentiables. Or, pour quelqu’un qui prétend incarner une candidature sérieuse, elle aurait dû occuper le terrain depuis au moins trois mois. Ayant péché faute d’une stratégie politique bien mûrie, elle essaie maintenant de rattraper le temps perdu par des dénonciations et séances d’explication. C’est bien, mais, sans coup férir, cela ne la ramènera pas dans le jeu… »
Un rendez-vous raté
« …Au moment où elle réclamait les parrainages et qu’une fin de non-recevoir lui aurait  été opposée comme elle le dit, elle aurait dû se prononcer très tôt. Ainsi, ses déclarations et dénonciations sur le parrainage auraient un sens. On verrait déjà la cacophonie qui règne dans son parti. En effet, les responsables du parti ‘’Les démocrates’’ ont passé tout leur temps à développer une littérature assez étrange sur le parrainage. Leur leitmotiv était : « même si on nous donne les parrainages, on ne va pas prendre. On ira aux élections sans les parrainages ». Ce qui est surprenant est que Reckya Madougou n’a jamais confié ses intentions d’aller quérir les parrainages, malgré la position clairement affichée de sa formation politique. Tout au moins, Irenée Agossa, par exemple, a dit qu’il aura les parrainages, et il les a obtenus. Dans la foulée, le parti a sorti un communiqué pour indiquer qu’il n’a mandaté personne. La question qu’il convient d’élucider est : qui avait mandaté Reckya Madougou à aller chercher les parrainages ? C’est ce qu’elle doit plutôt expliquer à l’opinion. Si c’est le parti, cela veut dire simplement qu’il use de pratiques discriminatoires. Car il a suspendu Irénée Agossa pour les mêmes raisons. Ce serait intéressant que la justice se saisisse du dossier pour qu’on voie clair, juste pour l’information. Ce n’est pas le moment d’inquiéter qui que ce soit. C’est juste pour qu’on puisse voir les limites de certaines dispositions et comment on peut faire pour les améliorer… »
Certains élus ont des problèmes de maturité politique
« …Concernant les démarches infructueuses de Reckya Madougou pour obtenir les parrainages, le député Ahmed Affo Obo Tidjani se lamente sur les réseaux sociaux clamant qu’il aurait remis son parrainage à son parti l’Union progressiste aux fins de l’affecter à la candidate du parti ‘’Les démocrates’’. Ce qui n’a pas été fait. En principe, il devait s’en prendre à lui-même. Il a montré à la face du monde que certains élus ont des problèmes de maturité politique, car ne sachant pas faire des choix en toute connaissance de cause. Quand un élu remet son parrainage à son parti, c’est clair qu’il estime que sa formation politique est au-dessus de son statut d’élu du peuple. A partir de cet instant, il se tait. Cela veut dire simplement qu’il n’a pas la poigne pour prendre des décisions au nom du peuple. Dans le cas d’espèce, l’Union progressiste, lors de son dernier congrès, a recommandé à ses élus de donner leurs parrainages aux candidats soutenus par des partis. Elle n’a pas dit remettez-nous les parrainages… »

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