Au sabre au  clair, le tableau de l’enseignement et la formation technique et professionnelle au Bénin était sombre. Malgré la mise en place des stratégies qui ont suscité un vif espoir, le résultat  n’a jamais convaincu la prédestination de  ce sous-secteur  de l’enseignement.  Il a fallu  attendre 2016 pour voir   germer  un nouveau corpus  de l’Etfp  dont les prémices n’ont rien à envier au désastre d’antan.

L’Enseignement et la formation technique et professionnelle  (Eftp) au Bénin sort progressivement et sûrement  de  son état comateux de plus  d’une décennie. Après  une analyse minutieuse, le gouvernement de Patrice Talon a commencé par sortir les cartes du bon nouveau visage   de ce sous-secteur de l’enseignement  qui négociait déjà sans  détour  son agonie. Les primipares ont commencé par se faire observer  à  partir de 2018.  En  effet, dès l’aube de son premier mandat, le chantre du ‘’ Nouveau  Départ ‘’,  orfèvre  en planification et programmation,  fait prendre au pays  l’engagement d’améliorer son système éducatif, en classant au deuxième rang des priorités l’ Eftp qui s’aligne ainsi   derrière l’éducation primaire et secondaire.  Dans le Tome 1  du  Plan  Sectoriel de l’Education post 2015 (2018-2030)  de la page 13 à 14,  le ministre d’Etat chargé du plan et de développement (Mdp) ,  Président du comité de pilotage du secteur de l’éducation (Cpse),  Abdoulaye Bio Tchané écrit «….. au cours de la session du Conseil des ministres du 27 juillet 2016, du Programme d’action du gouvernement (Pag) 2016-2021 et du Plan national de développement (Pnd) 2018-2025 pour opérationnaliser la Vision Alafia Bénin 2025 et les Objectifs du développement durable (Odd). Ainsi, dans le processus d’élaboration du Pnd, il est clairement apparu que l’un des principaux défis auxquels le Bénin est actuellement confronté est celui d’assurer la disponibilité d’un capital humain, sain et qualifié au service du développement. Le premier des quatre objectifs thématiques du Pnd 2018-2025 est de « faire de tous les Béninois (es) des hommes et des femmes épanouis, rayonnants de santé, compétents et compétitifs pour répondre aux exigences du développement durable, de bonne gouvernance et du bien-être collectif ». De même, le Pag, adopté en octobre 2016 et rendu public en décembre 2016, fait de l’éducation l’une de ses priorités dans son axe stratégique n° 5, à savoir « l’Amélioration des performances de l’éducation » et en son pilier 2 qui vise « la transformation structurelle de 14 l’économie afin que les ressources humaines soient dotées de capacités nécessaires pour impulser le développement durable et le renforcement de l’unité nationale ». C’est donc avec une grande satisfaction que je note la prise en compte, dans le présent Plan sectoriel de l’éducation (Pse) post 2015, des réformes structurelles importantes et une nouvelle architecture du système éducatif proposées dans une approche holistique et systémique qui favorisent d’une part, l’articulation entre éducation formelle et non formelle et d’autre part, l’adéquation entre l’offre d’éducation-formation et le marché de l’emploi ……»

Le Bénin  propulsé dans  l’enseignement technique et  formation professionnelle

Le Bénin,  inscrit donc dans cette dynamique novatrice, reçoit le soutien de  l’Unesco à travers son   Programme de développement des capacités pour l’éducation (Caped) qui est un programme extrabudgétaire financé par les fonds communs des donateurs, qui a mobilisé plus de 85 millions de dollars Us depuis sa création en 2003. L’Unesco, de par sa mission, se focalise  sur le développement des capacités dans les pays.  Dans la perspective d’action précise et concise, elle laisse le  soin du volet  éducation au Programme de développement des capacités pour l’éducation (Caped), qui est d’ailleurs son image.  Mis en place en 2003 sous la dénomination ‘’Programme de développement des capacités pour l’Éducation pour tous (Capefa)’’, il a connu une modification  treize années plus tard  dans l’objectif de s’arrimer convenablement      au  programme Odd4-Éducation 2030. D’où la dénomination ‘’Développement des capacités pour l’Éducation’’. Les documents de l’Unesco indique que le programme a pour but de traduire le dialogue et le plaidoyer en faveur du programme mondial pour l’éducation en actions concrètes dans les pays, afin d’offrir à tous des possibilités éducatives de qualité, conformément aux cibles de l’Odd4. Avec le Caped,  l’organe subsidiaire  de l’Onu apporte une assistance ciblée et renforce les capacités nationales à entreprendre des réformes éducatives reposant sur des données factuelles. Le Programme Caped est concentré sur les pays les moins avancés (Pma) et sur ceux où la probabilité d’atteindre les cibles de l’Odd4 est la moins forte.  Dans cette veine, en avril 2018, le programme  vient donner un coup de pouce   important  au diagnostic du système Eftp. Cet exercice de scannage  a laissé constater selon l’Unesco  que  le secteur de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels (Eftp) pâtit de l’absence de financement, d’infrastructures et de formation des formateurs. Les travailleurs, pour pouvoir progresser, doivent avoir accès à une formation professionnelle adaptée au marché du travail et obtenir la reconnaissance formelle des connaissances et des compétences qu’ils ont acquises tout au long de leur vie. En  mai 2018,   un atelier entre le gouvernement et les parties prenantes nationales a censuré   les travaux d’examen de la politique Eftp.   Les conclusions de cette assise  ont conduit le Bénin, à adopter en juin 2018 un nouveau Plan sectoriel de l’éducation pour la période 2018-2030. C’était en Conseil des ministres du gouvernement du 13 juin 2018. Le jeudi 26 juillet 2018 dans la grande salle de conférence du Bureau de la Coopération Suisse au Bénin une cérémonie d’endossement du plan a eu lieu après que le  document avait  été validé le 22 mars 2018 à Cotonou par le Groupe local des partenaires de l’éducation (Gle).   La Directrice résidente de la Coopération suisse/Ddc, Cheffe de file des Ptf du secteur de l’éducation, Valérie Liechti a rappelé les différentes étapes qui ont précédé  cette cérémonie, tout en félicitant le Secrétaire technique permanent du plan décennal de développement du secteur de l’éducation et son équipe pour leur fort engagement grâce auquel le processus a abouti et donné lieu à un document de qualité et franchement innovant. Au Bénin, elle n’a pu s’abstenir de lui reconnaitre  son mérite pour le travail accompli.  « Le mérite vous revient aussi ! Vous avez activement pris part à toutes les étapes de ce long processus. Grâce à vous, nous avons mené des débats féconds qui ont permis l’avancement du travail. Ce faisant, le Plan Sectoriel Education s’est progressivement enrichi au point de devenir un document riche et complet, comme l’a d’ailleurs souligné la mission d’évaluation externe, conduite en novembre 2017. Le plan proposé à notre endossement aujourd’hui est un document ambitieux qui couvre intégralement le périmètre du secteur de l’éducation. Sa vision est de faire en sorte que le système éducatif assure à tous les apprenants(es), sans distinction aucune, l’accès aux compétences, à l’esprit d’entrepreneuriat et d’innovation, qui en font des citoyens épanouis, compétents et compétitifs. La nouvelle architecture retenue dans ce plan est à la hauteur des ambitions. En effet, le Bénin envisage de passer d’une architecture actuellement pyramidale et sélective du système éducatif, principalement organisée autour du système scolaire et universitaire, à une architecture rectangulaire intégrant les programmes d’éducation alternative, les filières de pré professionnalisation, la formation technique et professionnelle ainsi que les programmes d’alphabétisation et de formation des adultes en lien avec la formation professionnelle.» a-t-elle confié.

  Un  Plan Sectoriel plus original

L’objectif général  que vise   ce plan est  d’élargir la formation professionnelle pertinente et à définir une stratégie Eftp nationale en étroite relation avec les besoins du marché du travail et les plans de développement du pays.  Un plan qui se dissocie de ce qui existait. De mémoire, le gouvernement  du feu  Général Mathieu Kérékou a dans sa compréhension des choses adopté en 2001 un Document de politique et d’orientation de la réforme de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle assorti d’un plan d’action prévu pour être mis en œuvre sur la période allant de 2002 à 2006. Le  23 février 2005, le Conseil des ministres   adopte la Lettre de politique du secteur de l’éducation et le Plan décennal de développement du secteur de l’éducation 2006-2015  qui remet le compteur à zéro. Héritier de cette politique qui s’est révélée dans la contre productivité, le gouvernement de Boni Yayi s’est contenté de quelques infrastructures  de formation technique et professionnelle sans pour autant atteindre les objectifs.  En 2014, il a semblé sauver les meubles dans le cadre de la préparation du Plan sectoriel de l’éducation (Pse) post 2015 où les autorités béninoises ont organisé, en décembre, le deuxième Forum sur le secteur de l’éducation appelé forum de la « rupture » dont les actes, tout en reconnaissant les progrès réalisés, soulèvent des dysfonctionnements auxquels le Pse post 2015 devra apporter des solutions appropriées.

(Suite dans la parution du vendredi)

Bienvenue Agbassagan

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