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Enseignement secondaire, technique et formation professionnelle: Le ministre Mahougnon Kakpo à cœur ouvert sur les réformes  (Les acteurs du système éducatif comprennent désormais mieux les réalisations du Pag)

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Le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, Mahougnon Kakpo, a entamé le samedi 6 mars 2021, au Lycée Béhanzin de Porto-Novo, une tournée de reddition de compte sur la mise en œuvre des réformes du Programme d’actions du gouvernement dans le sous-secteur des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Le périple d’échange et d’informations avec les acteurs de l’école a été poursuivi le vendredi 19 mars 2021, à l’Ecole normale d’instituteurs de Kandi et à l’amphi 1000 de l’Université de Parakou. Le samedi 20 mars 2021, l’autorité ministérielle était à la Maison des jeunes de Natitingou et à l’Ecole normale d’instituteurs de Djougou. Le ministre Mahougnon Kakpo a bouclé sa tournée à Dassa-Zoumé. A cette dernière étape, il a fait le point de ces différents échanges tout en levant un coin de voile sur les objectifs de cette tournée.

 

Monsieur le ministre, vous venez de boucler dimanche 21 mars 2021 à Dassa-Zoumé, dans le département des Collines votre tournée de reddition de comptes que vous avez entamée le samedi 6 mars 2021. Pourquoi avoir initié cette tournée ?

 

Mahougnon Kakpo : J’ai décidé d’initier une tournée au niveau de tous les départements de notre pays afin de rencontrer les acteurs du système éducatif surtout les enseignants l’administration scolaire et les parents d’élèves afin de leur expliquer ce que nous avons pu faire pendant 5 ans de mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement dans le sous-secteur des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle. J’ai expliqué à ces acteurs, les fondements des différentes réformes engagées qui, naguère, n’avaient pas pu être bien comprises et qui aujourd’hui sont comprises par les acteurs comme étant des réformes salutaires. J’ai parlé, par exemple, de la réforme concernant la gestion des vacataires. Ce système de gestion que nous avons transformé en système de mise à disposition des Aspirants au métier d’enseignant. J’ai expliqué également la réforme concernant la mise en œuvre du Système d’information pour la gestion de l’éducation c’est-à-dire l’application web EducMaster pour la gestion automatisée de notre système éducatif. J’ai expliqué également comment il était nécessaire d’opérer une réforme pour une meilleure coordination de notre système éducatif avec la mise en place d’un nouveau Conseil national de l’éducation. J’ai également parlé de la réforme de l’approche de construction des infrastructures scolaires avec la création de l’Agence pour la Construction des infrastructures du secteur de l’éducation (Acise) pour éviter que nous ayons désormais dans le sous-secteur des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle et dans le système éducatif de façon globale, des éléphants blancs compte tenu de ce que nous avons constaté qu’il y a plusieurs chantiers de construction des infrastructures scolaires qui n’ont pas pu aboutir. J’ai parlé également de l’importante réforme opérée dans notre sous-secteur qui concerne la mise à disposition du pays des réels besoins du capital humain bien formé, compétent et compétitif  grâce au système de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle avec l’élaboration d’une nouvelle stratégie dans ce sous-secteur afin d’inverser la tendance qui fait que, aujourd’hui lorsque nous prenons 10 élèves, il y a 7 qui viennent de l’Enseignement secondaire général.

La tendance sera donc inversée pour qu’à l’horizon 2030, nous puissions avoir sur 10 élèves considérés, 7 venant de l’Enseignement et la formation technique et professionnelle. J’ai également parlé de la réforme actuellement en cours qui concerne la réforme des lycées techniques agricoles. Nous avons compris avec le Plan national de développement que l’agriculture est le secteur qui pourvoit le plus d’emplois dans notre pays aujourd’hui et que ce secteur est considéré par le gouvernement comme l’un des secteurs qui doivent permettre d’aller au décollage de notre économie nationale. A partir de ce moment-là et que dans le sous-secteur des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, nous nous occupons de la formation dans le domaine agricole, il est alors nécessaire de procéder à la réforme de ce système d’enseignement. Grâce au leadership éclairé du chef de l’Etat, cette réforme est initiée pour que nous puissions avoir un nouveau type de lycées techniques agricoles avec la formation de nouveaux enseignants complètement mis au goût du jour, compte tenu de l’évolution des technologies dans le système pour que notre pays puisse devenir un pays à vocation agricole afin de pourvoir aux emplois dans notre pays. Nous avons fait constater que le gouvernement a ouvert plusieurs chantiers sur toute l’étendue du territoire national et cela nécessite la mise à disposition d’un capital humain bien formé. Malheureusement nombreux sont ces chantiers sur lesquels nous ne pouvons pas mettre réellement de mains d’œuvres qualifiées. Cette main d’œuvre doit donc être formée. Pour cela, il faut le développement de l’Enseignement et de la formation technique et professionnelle. Toutes ces réformes sont mises en œuvre dans le système éducatif et lorsque j’ai expliqué toutes ces réformes à nos enseignants, ils ont mieux compris. Ils ont apprécié. Et ce que nous avons compris et ils l’ont attesté, c’est que ces réformes doivent être poursuivies. La dynamique doit continuer pour que notre système éducatif puisse relever davantage la tête. Ils ont compris aujourd’hui et ils l’ont dit partout où je suis passé que note l’école n’est plus une école où tout va mal mais plutôt une école qui lève et sort déjà la tête et que nous allons déjà dans l’amélioration des performances de notre système éducatif. Voilà ce que j’ai noté comme leçons au terme de cette tournée dans tous les départements de notre pays.

 

De quoi retourne le reclassement systématique des enseignants ?

 

Le reclassement systématique des enseignants fait partie également des réformes majeures que nous avons opérées. Le Programme d’actions du gouvernement a postulé que le numérique est un outil dont nous devons nous servir pour améliorer les performances du système éducatif. Or, le personnel enseignant est le moteur réel du système. Et si ce personnel enseignant, chaque fois, va perdre beaucoup de temps pour gérer sa carrière, cela ne leur permet pas d’améliorer leur performance. Il a été donc procédé à la dématérialisation de la gestion de la carrière des enseignants grâce à cette application qui a été développé dans notre sous-secteur. Cela permet le reclassement systématique des enseignants et lorsque le classement systématique est opéré, les éléments de ce classement sont immédiatement envoyés au Ministère de l’économie et des finances. Par conséquent, les enseignants observent le changement de leur salaire sur leur fiche de paie. Dès lors que le changement du salaire est opéré, quelques semaines après, les enseignants constatent avec bonheur la mise à disposition de leur rappel de salaire sur leur compte. Cela se fait de façon progressive et je crois que c’est au grand bonheur de l’ensemble des enseignants.

 

Les enseignants aspirants s’interrogent également sur leur sort !

 

Les enseignants qui sont aujourd’hui Aspirants ont compris que la réforme du système des vacataires et qui a conduit à la constitution d’une base de compétences pour que nous puissions mettre à disposition de notre système éducatif des Aspirants au Métier d’Enseignant que c’est une réforme qui permet de régler deux difficultés que nous avons dans le sous-secteur. D’abord, la difficulté de déficit en matière d’enseignants. Les différents tests que nous avons organisés ont permis de faire inscrire dans la base des enseignants à un profil plus ou moins acceptable et ce sont ces enseignants qui sont déployés dans nos différents établissements. Ensuite, cela permet également de régler le problème de profil inadapté de la plupart de nos enseignants aux différentes disciplines d’enseignement dans le sous-secteur. Les Aspirants ont aussi compris que c’est un système qui permet de sécuriser l’emploi, d’organiser la sédentarisation au niveau des enseignants, c’est-à-dire de les sortir progressivement de la précarité dans laquelle ils étaient dans le système de vacation. Ils ont beaucoup apprécié cette réforme et ils savent désormais qu’étant aspirant, ils sont déjà dans l’antichambre pour aller vers la fonction publique dès lors que le Gouvernement aura décidé de faire des recrutements d’enseignants pour la fonction publique.

 

Il est également revenu dans la préoccupation des enseignants au cours de votre tournée, la signature du contrat des enseignants Agents contractuels de l’Etat recrutés en 2016. Qu’en dites-vous pour les rassurer?

 

Ils ont été rassurés pour ce qui concerne la signature des contrats des enseignants contractuels de 2016 puisque ceux-là ont fait un premier contrat de 2 ans, de 2016 à 2018. Ils ont fait un second contrat de 2 ans, de 2018 à 2020 et là maintenant, nous sommes dans une période où il faut leur signer un Contrat à durée indéterminée. Ce travail ne se fait pas seulement au niveau du Ministère des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle mais avec deux autres ministères à savoir le Ministère du Travail et de la Fonction Publique et le Ministère de l’économie et des finances. Les dispositions sont en train d’être prises à ce niveau pour que le nécessaire puisse être fait afin qu’il n’y ait pas après de quiproquo entre cette catégorie d’enseignants et le gouvernement.

 

Avez-vous un message particulier à l’endroit de vos enseignants ?

 

Le message que je leur ai lancé tout au long de la tournée est qu’ils doivent désormais être fiers de notre système éducatif. Ils doivent désormais être fiers de l’école béninoise qui, aujourd’hui, n’est plus une école où tout va mal mais plutôt une école où des réformes courageuses sont entreprises afin que notre système éducatif puisse être davantage plus performant et conduire notre économie à son réel développement. Voilà ce qu’ils ont compris et ils l’ont prouvé dans leurs différentes interventions.

 

Propos recueillis pour « Le Matinal »

par Abdourhamane Touré

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