Les démarches sont en cours pour l’évacuation de l’ancien ministre GaniouSoglo victime d’une attaque à main armée dans la nuit du vendredi 5 février 2021 pendant qu’il se rendait sur sa ferme à Avagbé dans la Commune d’Abomey-Calavi. Selon le fils cadet du président Nicéphore Soglo, il n’ya pas encore de détails sur l’évacuation sanitaire. « Il y a des précautions à prendre. Je dois envoyer des clichés dans les autres hôpitaux à l’étranger. J’espère pouvoir partir la semaine prochaine », a-t-il confié à Frissons radio. Lire l’entretien diffusé hier, lundi 8 février 2021.

Frisons radio : 72 heures après votre agression, comment vous vous sentez aujourd’hui ?

 

Ganiou Soglo : Fatigué hein ! J’ai quand même une balle dans la poitrine. D’après les médecins, elle n’est pas passée très loin du cœur. C’est trois à quatre côtes qui fêlées. Donc, je ne peux pas dire que c’est la grande forme. Je suis en vie, c’est le plus important à quelques centimètres près, cela a failli toucher e cœur. Je rends grâce à Dieu et aux mânes de nos ancêtres. Je suis suivi par un corps médical qui est dévoué en ma personne. Ils sont au petit soin. De ce côté, je ne me plains pas. Je dois faire une Irm mardi (ce jour) parce qu’on envisage une évacuation parce que je dois me faire opérer pour enlever la balle qui est dans ma poitrine. Nous n’avons pas le plateau médical approprié pour le faire ici au Bénin. Les médecins sont à pied d’œuvre avec mon cabinet et mes avocats pour qu’on puisse rapidement me faire évacuer pour que je me retrouve vite. Le fait d’avoir une balle dans ma poitrine est assez grave. Je me sens fatigué mais je suis lucide. Par contre, je dois éviter de me déplacer parce que j’ai une balle dans le corps car si cette dernière se déplace comme elle est dans le thorax, cela peut créer des lésions, soit faire un œdème pulmonaire, soit avoir de l’air qui rentre dans vos poumons et là, on peut passer de vie à trépas. Je suis en vie mais il faut que je fasse le point rapidement.

 

Avez-vous déjà une date et le lieu pour cette opération ?

 

Pour l’instant, je n’ai pas encore de détails. Il y a des précautions à prendre. Je dois envoyer des clichés dans les autres hôpitaux à l’étranger. J’espère pouvoir partir la semaine prochaine.

 

Pouvez-vous nous raconter un peu comment cela s’est passé ?

 

J’avais une réunion là où se trouve ma ferme. Vers 19h30-20h, on était sur la piste, une piste que je connais puisque je la pratique depuis cinq ans nuit et jour. Malheureusement ce vendredi n’a pas été bon pour mon majordome-chauffeur. Sur la voie, on a vu un tronc d’arbre. Il a freiné pour pouvoir le contrôler. C’est en ce moment que les vitres latérales de la voiture ont explosé et j’ai reçu une balle. Je dois la vie à mon chauffeur-majordome qui quand il a entendu les impacts des vitres a accéléré mais malheureusement pour moi, j’ai reçu une balle dans la poitrine. Cela s’est passé en un quart de seconde. Quand je m’entretenais avec le président Soglo et ma mère, ils se posaient des questions. Ils ne comprenaient pas que je ne puisse pas leur donner de détails. Ils m’ont très vite compris. On est encore dans un pays sûr ! Quand j’entends dire que Ganiou Soglo a été imprudent. Mais imprudent de quoi ? Je suis dans mon pays et je ne crains personne. Je n’en veux à personne. Pourquoi faudrait-il que j’ai une armée de gens autour de moi pour aller à une réunion politique? Je n’ai jamais imaginé qu’on puisse me tirer dessus. C’est quelque chose que je n’ai jamais envisagé. C’est allé très vite. Quand c’est le cas, vous n’avez pas le temps de réfléchir, de penser. Très rapidement j’ai eu mal à la poitrine. Quand j’ai dit à mon chauffeur que j’ai été touché, il a fait ce qu’il devait faire, accélérer au péril de sa vie et pour la mienne. Il m’a conduit à bon port  à la clinique Mahouna à Cotonou. Je rends grâce à Dieu et aux mânes de nos ancêtres d’être toujours en vie.

 

Vous n’avez pas vu les agresseurs ?

 

Absolument pas. J’ai entendu du bruit et après j’ai ressenti quelque chose. Je tiens à remercier toute ma famille, les amis au Bénin et à l’étranger, toutes celles et tous ceux qui m’ont accompagné de leurs prières. Merci à tout le monde. Je suis toujours en vie et je bénis le Seigneur.

 

Propos recueillis par Frissons radio

 

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