Décidément pour l’opposition béninoise ! Elle erre  et se perd. Réunis au sein d’un Collectif, plusieurs partis politiques, associations, mouvements et personnalités opposés à la gouvernance Talon ont rendu publique une déclaration hier, dimanche 27 décembre 2020. Dans le message lu à la presse par le président du parti « Les Démocrates », Eric Houndété, ces deniers exigent entre autres, l’audit indépendant de la liste électorale avant son utilisation pour la prochaine élection et le respect de la date du 6 avril 2021 pour passer les charges au nouveau président de la République conformément aux prescriptions de la Constitution du 11 décembre 1990 abrogée.

Le dilatoire auquel l’opposition béninoise habitue les Béninois à la veille de chaque scrutin prend petitement corps à moins de 4 mois de la Présidentielle. Après le débat inutile sur la prolongation du mandat du président de la République de 45 jours du fait de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990, c’est à la liste électorale que se sont attaqués des partis de l’opposition des personnalités et des mouvements se réclamant de l’opposition. Réunis dimanche 27 décembre 2020 à Cotonou, les formations politiques telles que « Les démocrates » de Yayi Boni, la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) de Valentin Aditi Houdé, le Parti de la flamme renouvelée  (Pfr) de Gabriel Ajavon, la Grande solidarité républicaine (Gsr) de Antoine Guédou et le mouvement de Joël Aïvo ont rendu publique une déclaration dans laquelle des exigences dénuées de tout fondement sont listées avant la tenue de l’élection présidentielle. Au chapitre des ces revendications, le Collectif des opposants a inscrit la liste électorale qui ne serait pas crédible parce que toutes les composantes du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi), ne seraient pas au rendez-vous. Selon l’ancien Vice-président de l’Assemblée nationale, 7ème législature, porte-parole du creuset, « aucune élection ne peut être crédible sans une liste électorale crédible, élaborée sous le contrôle vigilant de toutes les parties : opposition, mouvance et société civile ». Le numéro 1 des Démocrates est donc revenu sur la sempiternelle question de la composition de l’Assemblée nationale qui serait « monocolore » et aurait de répercussions sur la composition des structures de gestion de la Liste électorale permanente informatisée. Mais ce que ce que le directeur de campagne du candidat malheureux à la Présidentielle de 2016, Lionel Zinsou, et ses pairs ont manqué de relever dans leur déclaration, c’est la situation qui a conduit au tableau peint de l’Assemblée nationale. En effet, l’opposition d’alors avait décidé unilatéralement de pratiquer la politique de la chaise vide à plusieurs reprises malgré tous les appels à la raison. Pour les élections législatives du 28 avril 2019 par exemple, Yayi Boni et son parti d’alors, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) avaient opposé un refus catégorique au respect de la nouvelle Charte des partis politiques pour obtenir le récépissé, une pièce constitutive du dossier de candidature auxdites élections. La même attitude de boycott a été également observée au cours des Communales et municipales. Dans le cas d’espèce, lors des discussions devant aboutir à la prise de décisions consensuelles à la veille du scrutin, l’opposition a claqué la porte du dialogue. Ne pouvant laisser les Conseils communaux dans un vide juridique, l’Exécutif a décidé en toute responsabilité après le constat de la mauvaise foi des opposants, de poursuivre le processus électoral. Clamer donc aujourd’hui que le gouvernement veut encore « duper le peuple béninois » est une preuve manifeste de malhonnêteté.

 

Le Ravip réprouvée

 

Le Recensement administratif à vocation d’identification personnelle (Ravip) est aussi dans le viseur du Collectif des opposants. L’opération fortement saluée par les Béninois eu égard à ses avantages a été réprouvée par l’opposition. Pour Eric Houndété, plus 2 millions de personnes reçoivent des actes de naissance dans une totale opacité et en dehors des structures prévues pour la délivrance de tels actes. De quelles opacité et structures est-il question ? L’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) en charge du Recensement a été créée par la loi n°2017-08 du 19 juin 2017. Cette loi a eu pour objet, de définir et de déterminer les procédés d’identification nominative, personnelle, numérique et biométrique des personnes physiques. Elle a fixé l’ensemble des éléments d’identification des personnes physiques à inscrire sur le registre national et sur les registres communaux d’identification de la population puis organise le traitement de ces éléments et en garantit la protection. Comment peut-on dans conditions pareilles parler d’opacité ? Les opposants sont visiblement désœuvrés et n’ont pas tiré leçon des expériences passées. Au lieu de mettre leur temps à profit pour aller à la rencontre des parrains, ils préfèrent s’occuper des futilités en organisant des sorties médiatiques intempestives. Au dernier moment, ils seront les premiers à crier à la fraude comme il sen ont l’habitude.

 

Les opposants béninois s’enlisent

 

Outre la liste électorale et le Ravip, le Collectif des opposants exige le respect et l’exécution immédiate des décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), la convocation en urgence des assises nationales, la fin du mandat du président Talon pour le 5 avril 2021 à minuit et la passation de charge à son successeur le lendemain conformément aux dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990 qui a été abrogée et qui n’est donc plus en vigueur. Le Bénin n’est plus à cette étape. Toutes ces revendications sont caduques pour certaines et irréalistes pour d’autres. Dans ces conditions, il ne reste qu’à exhorter l’opposition à ne plus traîner les pas comme ce fut le cas les années antérieures. Le train du Nouveau départ roule à vive allure. Les retardataires n’ont souvent pas la chance de le rattraper après démarrage car toutes les conditions sont souvent réunies pour qu’il ne s’arrête pas en cours de route. L’opposant devrait le savoir et agir en conséquence pour son propre intérêt.

 

Abdourhamane Touré

 

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