Candidat déclaré à l’élection présidentielle du 11 avril 2021, Ganiou Soglo a été victime d’une tentative d’assassinat. Porte-t-elle des germes de règlements de comptes politiques ? Le Consultant politique et Expert électoral Agapit Napoléon Maforikan n’y croit pas trop, car cette candidature n’est pas gênante au point qu’on ôte la vie à son auteur. Lire des extraits de son décryptage sur la chaîne de télévision E-Télé hier dimanche 07 février 2021 où il déplore aussi la récupération politique qui est fait de ce drame.
« …La soirée du vendredi 05 février 2021 a failli être fatale pour l’ancien ministre des sports, Ganiou Soglo. Il a été victime d’une tentative d’assassinat. La première des réactions normales qu’il faut avoir est de compatir à la douleur de la famille. Et là-dessus, je suis de tout cœur avec Ganiou Soglo et souhaite que des facilités puissent permettre d’extraire la balle, et donc de l’identifier pour le sortir d’affaire. La seconde est de déplorer la résurgence de ces pratiques auxquelles le Bénin a tourné le dos il y a des lustres. En effet, depuis 2016, la sécurité a été l’une des réussites du régime en place. Désormais, les citoyens ont la latitude de vaquer, de jour comme de nuit, à leurs occupations sans craindre pour leurs vies. Mais, face à cet acte crapuleux, il faut s’interroger sur les réelles motivations des auteurs. Et l’enquête ouverte doit pouvoir situer sur les tenants et aboutissants d’une telle ignominie. Au nom de la justice, tout le monde devrait condamner l’acte et inviter qu’on cherche les indélicats et les juger… »
Pour quel intérêt ?
« …La période dans laquelle cet incident est survenu doit aussi interpeller. Ganiou Soglo fait partie des 20 citoyens qui ont matérialisé leurs ambitions d’aller à l’élection présidentielle du 11 avril. Il est d’ailleurs le deuxième à fouler le sol de la Commission électorale nationale autonome. Cinq jours après, il essuie des tirs à balles réelles. Est-ce qu’il n’a pas été la cible de rivalités politiques ? Voilà la question que se posent nombre de Béninois. A mon avis, en tant que Consultant politique, la probabilité est faible. Le fils cadet de l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, n’est pas une candidature gênante. Il a déposé son dossier sans colistier et sans parrainage. Il a notamment indiqué qu’il a agi de la sorte parce qu’il ne reconnait que la Constitution du 11 décembre 1990. C’est donc une candidature de protestation. Elle n’est pas sérieuse au point qu’on veuille attenter à sa vie. Il défend une certaine conviction, et l’élection présidentielle est une tribune qui permet justement aux citoyens de se faire entendre. Et lui, son message est d’autant plus clair qu’il ne s’est pas embarrassé de constituer un duo et de dire, in fine, qu’il ne prend pas de parrainage. Il est resté logique en disant qu’il ne reconnaît pas la Constitution révisée. Cette candidature ne dérange personne parce qu’elle ne peut pas prospérer. D’ailleurs, lui-même sait, dans son for-intérieur, qu’il n’ira pas aux élections.
Un soutien indécent et suspect
« …Malheureusement, certains, au lieu d’appeler à l’union sacrée, s’érigent en inspecteur de police et trouvent déjà des coupables. Au nombre d’eux, Reckya Madougou défend la thèse de terrorisme politique. Vu la rapidité avec laquelle elle a publié son communiqué, on est en droit de s’interroger. On est en droit de se demander si ce n’était pas rédigé depuis avant que l’incident ne survienne. C’est comme si elle le souhaitait. De fait, le procureur doit l’interpeller et l’écouter. Car, c’est trop facile d’accuser un Etat. Ganiou Soglo, je ne vois en quoi il embête l’Etat béninois. C’est de l’opportunisme de très mauvais goût de la part de l’ancienne ministre la microfinance d’évoquer le terrorisme politique. Elle ne peut pas venir nous faire la morale. La famille Soglo devrait protester et dire qu’elle n’a pas besoin de son soutien. C’est un soutien encombrant et suspect. Car ce n’est pas décent de récupérer le malheur de quelqu’un et de le politiser. C’est de l’arrogance tout simplement. Quand vous revenez dans votre pays et vous vous mettez à injurier tout le monde, alors que vous voulez diriger le pays, cela pose un problème d’éducation et de respect de soi-même… »
Une opportuniste
« …Candidate du parti « Les démocrates », Reckya Madougou emploie désormais des formules dont elle ignore le contenu. Le jour où elle est allée déposer son dossier, elle disait qu’on est dans une dictature à nul autre pareil. Si on parle du régime togolais en ces termes, elle allait rougir. Ce serait comme si elle a accepté d’être une conseillère spéciale d’un régime dictatorial. Un régime qui n’est pas un exemple en matière d’organisation des élections. Aussi bien pour la Présidentielle que les Législatives ! Dans ce pays, des manifestations ont été parfois réprimées. C’est le pays des couvre-feux à ne pas en finir. Je respecte le peuple togolais et ses institutions. Mais, lorsqu’elle a été dans cela, elle ne peut pas nous faire la morale. C’est une injure à tous les Béninois qui travaillent ici quand elle parle de dictature. S’il y avait la dictature, elle ne peut même pas rentrer au point de candidater… »

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