Le maire d’Abomey-Calavi, Angelo Ahouandjinou, a-t-il fait bien d’organiser des états généraux pour sa Commune ? Le sujet est d’intérêt, et le Consultant politique et Expert électoral Agapit Napoléon Maforikan, n’a pas manqué de donner son avis à l’occasion de son décryptage de l’actualité hier lundi 31 mai 2021 sur la chaîne de télévision E-Télé. Selon lui, par cet acte, Abomey-Calavi, qui accueille un certain nombre d’infrastructures d’envergure, anticipe son développement. Lire des extraits de son analyse.
« …La Commune d’Abomey-Calavi a organisé des Etats généraux pour asseoir  les bases de son développement. Les travaux ont pris fin le weekend écoulé. A mon avis, c’est une très belle initiative. C’est important que les forces vives de cette ville se retrouvent. L’organisation d’une telle rencontre a le mérite de mettre la Commune sous les feux de la rampe, d’élargir le débat ou de le rendre concerté, parce que les Programmes de développement communal (Pdc) et les autres programmes communaux ne s’élaborent pas toujours d’un commun accord. En général, ce sont de petits groupes d’experts qui se retrouvent pour les valider. Dans le cas d’espèce, par contre, il y a eu des plénières et des travaux en commission. Le grand défi prochainement sera au niveau de la mise en œuvre des conclusions. C’est à ce stade qu’on saura s’il s’agit d’une assise de plus ou non. Mais, en attendant, il faut décerner une fière chandelle au maire Angelo Ahouandjinou pour cette inspiration… »
Nos Communes sont riches
« … D’aucuns se demandent si Abomey-Calavi pourra avoir les moyens de sa politique, surtout quand on sait que les Communes ont des ressources limitées et sont obligées de faire appel à l’Etat central. A mon à avis, on ne saurait avoir des inquiétudes à ce sujet. Nos Communes sont riches. Mieux que cela, l’Etat leur vient au secours, en particulier avec les Fadec. Ils sont un important appui de l’Etat central aux collectivités décentralisées pour leur permettre de réduire le niveau de pauvreté par l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base (constructions des infrastructures scolaires et sanitaires) et la valorisation des potentialités économiques des Communes (infrastructures marchandes). Mais parfois, il y a des Communes qui les gè-rent mal, parce qu’elles n’ont pas de projets. Elles les distraient dans des projets sans lendemain. Soit elles ne les consomment pas, soit elles les con-somment dans des conditions fictives. On en déduit donc que leurs Plans de développement communal (Pdc) sont mal élaborés ou alors les projets n’ont pas été bien conçus faute d’expertise. De ce fait, pour acquérir ces compé-tences, un cadre de concertation comme les Etats généraux sont bien indi-qués. C’est important que des groupes travaillent sur le Pdc, sur la base du volet annuel de ce programme et sur les découpages trimestriels. En un mot, sur la base d’une planification bien élaborée… »
Chercher la compétence ailleurs
« …Quand on manque de compétences, il faut aller les chercher ailleurs. Il y a, par exemple, ce qu’on appelle l’intercommunalité. C’est une possibilité offerte aux Communes de se regrouper au sein d’un établissement public soit pour assurer certaines prestations (ramassage des ordures ménagères, assai-nissement, transports urbains…), soit pour élaborer de véritables projets de développement économique, d’aménagement ou d’urbanisme. Dans cette veine, Abomey-Calavi doit être en harmonie avec des Communes environ-nantes comme Zè, Allada, Tori-Bossito. Ensemble, elles pourront faire le point des compétences manquantes et les chercher à Cotonou. Mieux, elles peuvent recourir aux partenaires techniques tout en associant la préfecture, et donc le Ministère de la décentralisation qui supporte le projet. C’est pour dire qu’il faut déjà le vouloir, mais surtout travailler ensemble. Je ne sais si l’Union des communes de l’Atlantique est déjà portée sur les fonts baptis-maux. Si ce n’est pas le cas, c’est l’occasion pour le maire Angelo Ahouandjinou d’être porteur de ce projet par exemple, parce qu’on sent qu’il bouge. C’est toujours bien d’être ensemble, de faire le point des be-soins, de voir si on peut rationaliser certains services. Nos Communes doi-vent quitter la vie en autarcie, parce que le développement local demande qu’on mutualise les efforts. Il faut aller chercher ces ressources là où elles sont : chez soi, autour de soi ou en partenariat avec d’autres Communes… »

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here