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La légitimité de Patrice Talon en question

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Le président Patrice Talon doit-il rester au pouvoir au-delà du 05 avril 2020 ou non ? Le débat continue d’agiter l’opinion. En attendant que la Cour constitutionnelle ne statue sur la question, le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, a donné sa position sur le sujet. Sur la chaîne de télévision E-Télé hier mercredi 06 janvier 2020, il a martelé que la constitution du 11 décembre 1990 version révisée n’a pas prorogé le mandat présidentiel. Il a plutôt disposé pour l’avenir. Lire des extraits de son analyse où il invite les défenseurs de l’inapplicabilité de certaines dispositions constitutionnelles à la retenue.
« Ce jour jeudi 7 janvier 2020, les regards sont tournés en direction de la Cour constitutionnelle. Les sages sont appelés à statuer sur des recours portant sur la question du parrainage et la prorogation du mandat du chef de l’État. En ce qui concerne ces deux points, il est agité au sein de l’opinion l’idée de l’inapplicabilité des décisions constitutionnelles. Selon eux, il y a des dispositions qui ne devraient pas être appliquées au président Patrice Talon. A ce propos, je crois, et c’est sincère, il faut que les Africains commencent par comprendre comment fonctionne un Etat. Il faut qu’ils sachent que ce n’est pas quand un individu rêve de quelque chose qu’il peut en parler, surtout quand il s’agit de choses sérieuses qui relèvent de la compétence d’un spécialiste. Lorsqu’on parle des questions institutionnelles ou de constitution, ce n’est pas un débat pour le citoyen lambda. Malheureusement au Bénin, tout le monde se prononce sur ces questions sans en avoir une grande maîtrise. Dès fois, on a envie de se demander: où sommes-nous ? »
« …En effet, la constitution du 11 décembre 1990 a été régulièrement révisée. Pourtant, certains se permettent le luxe de dire qu’il y a des dispositions qui ne seront pas applicables. Ces personnes qui parlent d’inapplicabilité sont des sujets du droit qui sont pris en compte par les institutions de la République. Il y a un problème de jeu de rôle. L’inapplicabilité d’une décision constitutionnelle, ce n’est pas à des individus de la décréter. Ils ne sont pas la Cour constitutionnelle ou les organes chargés d’appliquer la constitution. Dans le cas d’espèce, je ne vois pas là où se trouve le problème d’inapplicabilité de la constitution. Notre loi fondamentale est applicable, appliquée et permet aux institutions de fonctionner. Je ne vois pas ce qui doit faire l’objet de recours à ce niveau… »
« …Les auteurs de ce concept d’inapplicabilité de certaines dispositions de la Constitution estiment que le président de la République qui a prêté serment sur une constitution, même s’il y a une révision, il ne devrait pas y avoir prorogation de son mandat selon le principe de la non-rétroactivité de la loi nouvelle. A mon avis, il n’y a pas de rétroactivité dans le cas d’espèce. La constitution révisée dispose pour l’avenir. Et l’avenir commence à partir de 2021. Il n’y a pas de prorogation du mandat du président de la République. Il faut que cela soit clair dans les têtes. Les maires ont été élus pour 6 ans. Leur mandat n’a pas été prorogé. Ils ont un mandat de 6 ans cette fois-ci. Les députés qui seront élus en 2023 vont l’être pour 3 ans. Le mandat n’est pas raccourci. C’est un mandat constitutionnel arrangé dans le cadre de l’alignement des élections générales de 2026. On peut appeler cela comme on veut, mais ne parlons pas de prorogation de mandat ou de raccourcissement de mandat… »
Le Chef de l’Etat en poste après le 05 avril
« …Le Chef de l’État élu, son mandat prend fin le 5 avril 2021. Il passe service à son successeur en mai après le second tour de l’élection présidentielle qui a lieu le deuxième dimanche du mois de mai. Donc, deux semaines après. Dans cette période de 45 jours, l’État doit tourner. L’actuel locataire de La Marina ne quittera pas pour qu’un autre s’installe. C’est pour l’avenir. On n’a pas parlé de la fin de son mandat. On parle plutôt du mandat de celui qui va venir, et ce mandat prend effet à partir du dernier dimanche du mois de mai. Le moment où il finit est le moment où l’autre prend service. Il y a un intervalle de 45 jours. C’est 45 jours vont servir à quoi ? Un vide juridique ? Doit-on demander au président de l’Assemblée nationale de venir prendre le pouvoir ? La constitution du 11 décembre 1990 version révisée n’a pas dit cela. Pendant ce temps, le président de la République, en attendant de transmettre le flambeau à son successeur, gère le pays. Il gère les affaires courantes. J’entends certains dire qu’il ne sera plus légitime après le 05 avril. Est-ce que ceux qui parlent sont légitimes ? Au moins Patrice Talon a une légitimité qui finit le 5 avril. Ce n’est pas les 45 jours supplémentaires qui vont faire que le peuple va descendre dans les rues. Le peuple aime son président. Il a le respect des institutions et sait qu’on a révisé la constitution. Et le peuple appuie. Donc, les individus qui parlent ne sont pas plus intelligents que le peuple. Il faudrait qu’ils se la jouent modeste ».

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