L’ancien Premier ministre béninois, Lionel Zinsou, lors de sa dernière sortie médiatique, a émis le souhait qu’une réconciliation ait lieu entre les acteurs politiques pour que le pays connaisse une stabilité avant la transition vers la monnaie unique de la Cédeao. Cette actualité a été décryptée par le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, hier dimanche 27 juin 2021, sur la chaîne de télévision E-Télé. Lire des extraits de son analyse où il pense que cela est possible si les parties prenantes acceptent de le faire autour des textes de la République.

« (…) L’ancien Premier ministre Lionel Zinsou estime que le Bénin, avant la mise en vigueur de la monnaie de la Cédeao, doit d’abord initier une réconciliation nationale. Ce diagnostic, à mon avis, semble émaner de quelqu’un qui est un peu déconnecté ou bien qui joue au médiateur, celui qui essaie de stabiliser les choses. En effet, nos difficultés viennent du fait que certains politiciens refusent de se conformer aux textes en vigueur. Ils ont délibérément choisi d’affronter les institutions. Et dans leur entreprise, ils mettent à contribution les médias internationaux et l’opinion publique internationale. Ils pensaient que ces canaux de pression qu’ils avaient l’habitude d’emprunter allaient continuer à leur donner gain de cause. Hélas, les temps ont changé (…) »

Le Bénin façonne sa culture démocratique

« (…) Lorsqu’en France, Nicolas Sarkozy a été condamné, et va l’être peut-être, pour la deuxième fois, personne n’a revendiqué la réconciliation nationale là-bas. Lorsque Emmanuel Macron, Secrétaire général adjoint de l’Elysée, est nommé ministre des Finances, et par la suite, a créé son mouvement pour conquérir le pouvoir au grand dam de son Premier ministre Emmanuel Valls et du président de la République François Hollande, les Français n’ont pas exigé une réconciliation nationale. Aux Etats-Unis, quand Donald Trump a annoncé qu’il a gagné les élections, et que cela a motivé ses partisans à attaquer le Capitol, personne n’a réclamé une réconciliation nationale américaine. En 2000, lorsque la Cour suprême américaine a proclamé les résultats de la Présidentielle qui a fait gagner le président George Bush junior après des jours de décomptes de voix, il n’a non plus été question de réconciliation nationale aux États-Unis. Pourquoi pense-t-on alors au Bénin qu’on doit aller à une réconciliation nationale, sachant bien que les élections se sont déroulées sur la base des textes et qu’il y en a qui ont menacé de se mettre en marge des lois et l’ont effectivement fait ? Je ne pense pas qu’en France, par exemple, on puisse tirer sur des militaires sans crainte de représailles. La preuve, celui qui a giflé le président Emmanuel Macron a été condamné, parce qu’on ne peut s’en prendre aux valeurs françaises non impunément. Pourquoi alors au Bénin, on doit accepter l’impunité au nom d’une certaine réconciliation (…) »

Revenir à nos fondamentaux

« (…) L’unanimisme n’est pas démocratique. La démocratie, c’est le combat des idées. Et c’est la loi de la majorité. C’est une force politique qui prend le dessus sur une autre ou sur d’autres au terme d’élections libres, transparentes et sincères. Ce rapport de forces politique issu des élections habilite le vainqueur à gouverner selon ses idées, sa vision, dans le respect des Lois et des institutions de la République. Et cela, Lionel Zinsou le sait bien. En évoquant dès lors la nécessité d’une réconciliation nationale, il s’adresse sans doute à ceux qui se mettent en dehors des lois et des institutions. Ce sont eux qui doivent rejoindre les rangs de la légalité et du bon sens. Si réconciliation il devrait y avoir, elle doit se faire autour des Lois de la République. D’ailleurs, le président Patrice Talon, lors de son investiture pour un second mandat, s’est montré disposé à dialoguer avec ceux qui n’épousent pas sa politique de développement du pays. Il veut gouverner autrement, corriger ce qui n’a pas été bien fait. Il appartient maintenant aux autres de saisir cette main tendue (…) »

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