Le président de la République après avoir accompli son devoir civique le dimanche 11 avril 2021 s’est confié à la presse. Selon Patrice Talon, « pour construire un pays, il est très difficile de faire l’unanimité ». Lire l’intégralité de ses propos.

Vous venez d’accomplir votre devoir civique. Quelles sont vos impressions ?

 

Patrice Talon : Le Bénin est un pays qui a une expertise en matière d’élection. Les élections se sont toujours bien organisées. Je me réjouis de constater que c’est pareil aujourd’hui. Pour ce que je sais, le vote se passe très bien dans tout le pays. Si j’ai un message à l’endroit de mes compatriotes, c’est de les inviter à aller voter. Malgré les intoxications, on affronte la pluie et le soleil pour aller accomplir ce noble devoir. Le Bénin est en train d’écrire à nouveau une nouvelle page de son histoire. Le vote d’aujourd’hui est d’une importance capitale et j’invite les uns et les autres en faisant leur choix. Au-delà du duo à choisir, il s’agit surtout de choisir un programme, celui qui répond le mieux aux attentes des uns et des autres. A la fin, on constatera que les intimidations et les peurs n’ont pas servi à grand-chose. Nous avons essayé dans tout le pays d’être sereins. Il y a eu beaucoup d’histoires. Ce sont des choses qui arrivent quand on doit aller aux évolutions. Les forces de l’ordre et de sécurité ont bien géré la situation. Elles ont bien géré le calme qu’il faut. Ces jeunes qui ont été manipulés ont pu être maîtrisés avec beaucoup de compétence et d’expertise. Demain, ce sera fini et nous allons passer le temps à panser ces plaies et à faire en sorte que plus jamais, cela ne se reproduise. C’est un travail de longue haleine. Il faut être patient. Il faut agir de sorte à trouver un consensus et à apaiser les frustrations des uns et des autres qui parfois sont légitimes. Pour construire un pays, il est très difficile de faire l’unanimité surtout quand il faut faire des réformes. Mais on fait avec, on va y aller. Notre pays va franchir les étapes les unes après les autres et nous allons construire notre pays ensemble. Le développement requiert cela.

 

Est-ce qu’il y aura des assises nationales réclamées par l’opposition après la Présidentielle ?

 

« Tout ce que réclame une opposition est-il pertinent et attrayant ? Je ne vois pas pourquoi il faut des assises. Nous allons tout doucement amener les uns et les autres à la raison. Il est évident dans la vie d’une Nation, éternellement, il y aura des contestations et des divergences si non la société humaine n’évolue pas. L’émulation est utile. Donc, il n’est pas à souhaiter même qu’on fasse des assises juste pour  que toute le monde parle de la même voix, exactement pareil ; ce n’est pas bon pour notre propre performance. Il faut d’ailleurs des critiques qui parfois sont violentes ; c’est dommage. Il faut éduquer les uns et les autres pour que les frustrations ne donnent pas lieu à de la violence ».

 

Que répondez-vous à ceux qui contestent la rallonge de votre mandat ?

 

« C’est du droit de chacun d’avoir son opinion de ce qui se passe et de faire son jugement. Pour eux, 45 jours de plus, cela a une importance. Mais j’estime qu’aligner les mandats de sorte à ce que dans notre pays on puisse faire des élections avec des intervalles qui permettent au pays de travailler au lieu de passer notre vie à organiser les élections, à faire la politique, fête et consort au lieu de développer le pays. Si cela nécessite 45 jours, pourquoi ne pas y aller ? Et d’ailleurs, c’est terminé. Les Béninois votent déjà. Qu’est-ce que les 45 jours ont changé dans la vie démocratique du Bénin ? 45 jours pour permettre l’alignement de mandats, pour économiser du temps, de l’énergie, pour que le pays travaille plus qu’il ne fait de la politique. C’est une polémique qui amuse ceux qui l’entretiennent et qui pour la Nation n’a pas beaucoup d’importance ».

 

Beaucoup de personnes sont décédées, un mot pour leurs familles.

 

« Vous savez, les gens ont mobilisé des enfants et des jeunes pour attaquer la République, les symboles de notre sécurité (la Police) qui n’a pas levé d’armes sur les populations. Vous avez constaté qu’il y a eu des manifestations libres qui n’ont pas été empêchées mais encadrées. Quand les gens sortent avec des armes parfois de guerre pour affronter les forces de sécurité, il est de bon ton qu’on parle aussi des deux policiers qui ont été blessés avec des armes de guerre. Dans la riposte parce qu’il faut protéger les forces de l’ordre surtout le symbole de la défense et de la sécurité. Si dans cette opération de respect de la République, il y a des dégâts, c’est regrettable. Nos mots, ce n’est pas seulement à l’endroit des parents des chasseurs qui ont été touchés mais c’est également à l’endroit des parents des agents de sécurité policiers. 

 

Quid du taux de participation ?

 

« Pas seulement pour ce scrutin. Le taux de participation est toujours un enjeu. Il est souhaitable que la Nation entière notamment ceux qui ont l’âge votent. Que ce soit dans les pays où on voit des taux de participation de 80%, les grands pays développés, pays de grande démocratie où parfois les taux sont très faibles également. Pour tout le monde, c’est toujours mieux. Il est souhaitable que pour cette élection, le taux de participation avoisine 80%, 90% ou 100%. Donc, de manière générale, il faut que les concitoyens sortent pour aller voter. Cela est valable pour les élections passées, actuelles et celles à venir ».    

 

Propos transcrits par Wilfrid Nooubadan

 

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