L’émission « L’entretien » de la chaîne de télévision E-Télé a reçu dimanche 14 mars 2021 le sociologue-politiste Patrick Hinnou. A cette occasion, il a abordé plusieurs sujets d’actualité et donné sa perception de l’animation de la vie politique, en particulier celle de l’opposition.

« C’est beaucoup plus difficile d’animer l’opposition que la mouvance ». C’est du moins ce que pense le sociologue-politiste Patrick Hinnou. Il l’a martelé sur la chaîne de télévision E-Télé ce dimanche. Selon l’invité de l’émission ‘’L’entretien’’, animer l’opposition demande plus de perspicacité et de courage. Cela requiert aussi la retenue. Or, depuis 1990, les acteurs politiques qui se sont inscrits sur ce registre ne parviennent pas à faire preuve de sagesse et de tempérance. Ils sont débordants de passions. Et dans cet état d’esprit, ils ne parviennent plus à contenir leur ambition de conquérir le pouvoir par tous les moyens. C’est ce qui explique les tensions qu’on observe à la veille de chaque joute électorale, en particulier celle des Législatives de 2019. « La conquête du pouvoir reste un exercice délicat pour les acteurs politiques de l’opposition. Certains d’entre eux n’hésitent pas à critiquer le pouvoir. C’est normal parce que la démocratie veut qu’il y ait d’autres sons de cloche. Elle veut qu’il y ait une mouvance et une opposition. Et c’est l’existence de ces deux qui doit nous permettre d’apprécier l’alternative que constitue chaque camp », a-t-il indiqué. Se basant sur la situation politique actuelle où certains se sentent marginalisés, Patrick Hinnou préconise aux acteurs politiques, tous bords confondus, de retourner aux fondamentaux de la démocratie béninoise. Quand je parle de fondamentaux, a-t-il nuancé, c’est la recherche du consensus, du dialogue, c’est le pardon, la négociation. « Face aux situations délicates, il est de bon ton qu’on s’arrête, qu’on se regarde, parce que rien ne peut être construit sans le dialogue. La recherche de la paix passe par le dialogue », a-t-il déclaré. En revanche, l’invité de la journaliste Angèle Toboula exhorte les acteurs politiques de l’opposition à toujours respecter les lois de la cité. A l’en croire, rien ne peut autoriser la défiance, parce qu’il y a des règles dans la vie sociale que chacun se doit de se respecter. Mais, des lois qui doivent être en adéquation avec les exigences sociales. « Il n’y a aucune raison qui pourrait justifier le boycott des institutions. Dans un Etat de droit, quand vous vous sentez lésés, vous vous référez aux institutions habilitées à vous départager », a-t-il insisté.

 

Joël Samson Bossou

 

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