Tout comme le chef de l’Etat, l’opposition est-elle dans la dynamique de dialoguer ? Cette question a été abordée au cours de l’émission « Décryptage’’ de la chaîne de télévision E-Télé hier dimanche 18 avril 2021. Pour le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, cette classe politique qui a incité à l’insurrection populaire lors de la Présidentielle du 11 avril 2021, n’est pas dans une logique de réconciliation. Lire des extraits de son analyse et ce qu’il pense de l’importance du taux de participation.

 

« … De 1960 à nos jours, les élections en République du Bénin ont toujours été à crises, parce que les acteurs politiques de l’opposition n’acceptent pas les règles du jeu. Ce qui s’est passé en 2019 est illustratif de ce fait. Alors qu’unanimement la classe politique a adhéré au projet de réformes politiques du président Patrice Talon, il s’est fait que, lors de leur mise en œuvre, certains ont opté pour la contestation systématique des nouvelles règles qui doivent régir les élections. Cela, pensant que les mêmes causes allaient produire les mêmes effets. C’est-à-dire faire chanter le pouvoir en place. Mais, c’était sans compter avec le régime du Nouveau départ qui a décidé de changer de paradigme. Conséquence, ces formations politiques qui se sont mises en marge des règles du jeu se sont retrouvés out du processus électoral pour les Législatives. Pour la Présidentielle du 11 avril 2021, ces mêmes acteurs de l’opposition sont revenus à la charge en contestant, cette fois-ci, le système du parrainage. Ayant donc présenté des candidatures sans, au préalable, recueillir le moindre parrainage, ils ont clairement affiché leur réelle motivation ; celle de perturber le processus électoral. Et ils n’ont pas manqué de le faire, notamment avec les violences préélectorales enregistrées dans certaines localités du pays. Mais, grâce à Dieu et au professionnalisme de nos forces de sécurité et de défense, on a pu éviter le pire. Même si aujourd’hui le président Patrice Talon reste favorable au dialogue, ce n’est pas le cas avec le camp d’en face. Il n’est pas dans la logique de la réconciliation. Pour donner la preuve qu’il l’est vraiment, il faut qu’il se discipline et respecte les règles du jeu. Cela, un peu comme les Etats acceptent de respecter les règles de la Fédération internationale de football et associations, même si ça ne les arrange pas… »

 

Pas de réconciliation avec des terroristes

 

« …A l’interne, nous avons nos textes qu’il faut respecter. Vous pouvez créer votre lobby pour aller à leur encontre. Si vous pouvez arriver à drainer suffisamment du monde dans les rues pour faire changer les règles, c’est bon. C’est cela la démocratie. Ce n’est pas en recrutant des mercenaires pour tuer qu’on restaure la démocratie. Procéder ainsi, c’est du terrorisme. Et on ne peut faire aucune réconciliation avec des gens qui agissent de la sorte… »

 

Faux débat sur le taux de participation

 

« … Depuis les Législatives de 2019, le taux de participation semble focaliser les attentions. Il semble être plus la préoccupation de l’élite que celle du bas peuple. Ce dernier n’en a que faire. Il est ondoyant et gère ses intérêts au gré du temps et de son humeur. La preuve, quand il finit de voter, il passe à autre chose. Pour la plupart, ce sont les intellectuels qui attendent les résultats des urnes. Et même dans les grandes démocraties, en dehors des militants politiques, les autres se contentent de voter. Ils savent que chaque deux ans ils votent comme aux Etats-Unis. Quand vous êtes fâchés contre un sénateur, vous lui donnez rendez-vous dans deux ans pour le sanctionner dans les urnes. L’électeur américain moyen s’occupe de son canton. En Allemagne, c’est la même chose. Le pouvoir va du bas vers le haut. On gère d’abord le niveau local. La politique du gouvernement fédéral n’impacte pas le quotidien de l’Allemand moyen. Lui, son problème est au niveau de l’Etat fédéré. C’est la politique générale de son Etat fédéré qui le concerne. Et au niveau plus bas, c’est la coalition qui dirige sa Commune. Ceux qui votent pour le Parlement allemand tous les quatre ans, ce sont les gens d’un certain niveau. Ce sont ceux qui veulent que la voix de l’Allemagne change à l’extérieur. Mais l’Allemand lambda, ce n’est pas son souci… En France, le pouvoir est plutôt centralisé. L’impact de la vie locale provient du haut. Et donc, pour les élections nationales, les gens sortent massivement… »

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