L’Usl n’a pas qualité à parler de la Présidentielle de 2021

 

La dernière sortie de l’Union sociale libérale (Usl) estimant que les conditions ne sont pas réunies pour l’organisation de la Présidentielle de 2021 a focalisé les attentions sur l’émission « Le grand soir » hier mercredi 9 décembre 2020, sur la chaîne de télévision E-Télé. Pour le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, il y a d’abord lieu que cette organisation clarifie son statut. Est-elle une association, un projet politique, ou un parti politique ? Lire ci-dessous, les éléments de réponse de l’ancien conseiller à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication.

 

« L’Union sociale libérale s’oppose à la tenue de la Présidentielle de 2021. Les membres de cette formation appartenant à l’homme d’affaires Sébastien Ajavon estiment que les conditions ne sont pas favorables pour la tenue des prochaines joutes électorales. Mais, avant d’entrer dans le fond, il y a lieu de s’interroger sur la nature de cette organisation. Est-ce un parti politique ? Absolument pas ! L’Union sociale libérale est, sans doute, une intention politique, puisque cela n’existe pas dans le giron des formations appelées à animer la vie politique nationale. A partir de là, on ne peut pas parler de parti. Cela poserait un problème de cohérence. Toutefois, les membres de ce regroupement sont libres de se réunir, tant qu’ils ne perturbent personne. Ils sont libres de dire que l’Usl existe. Mais, ils n’auront pas la couverture de l’Etat au regard de la loi de 1901 si c’est une association ou au regard de la Charte des partis politiques si c’est une formation politique (…) A partir de ce postulat, l’Union ne peut pas agir, dans le cas d’espèce, en tant que parti politique. Elle peut prendre des positions sur l’actualité politique, puisque c’est une organisation qui a envie de se faire entendre. Vu ainsi, elle n’est pas parmi les parties prenantes d’une élection. Ceux qui ont droit au chapitre, c’est l’organe de gestion des élections, les candidats, le financement, la sécurité, l’observation, l’électorat, etc. Les Ong ne sont pas parties prenantes d’une élection. Sauf celles qui veulent faire l’observation. Quand elles le font, elles remontent leur apport aux autorités. Elles ne sont pas là pour valider le scrutin… »

 

« Par rapport au non-respect des décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples par un Etat, ce sont les chefs d’Etat africains qui avisent. Il faut leur laisser le temps. Si on devait laisser chacun jouer son rôle, la société serait mieux ordonnée. Le vrai problème et qui cause des crises dans nos sociétés africaines est que tout le monde a envie de se mêler de tout. Même ceux qui n’ont pas qualité à le faire. Il y a certains qui n’ont pas qualité à avoir des établissements privés, mais qui les ont et qui forment au mépris des règles de la cité. Il y a d’autres qui n’ont pas qualité à intervenir dans la politique, pourtant ils le font. Tout le monde est devenu analyste politique (…) Dans le cadre de l’exécution des traités et accords, il y a ceux qui sont chargés des suivis et des sanctions. Il faut les laisser jouer leurs rôles. En clair, l’Union sociale et libérale n’a pas qualité à dire qu’il faut arrêter la Présidentielle. Parce que ce n’est pas un parti politique. C’est une association, peut-être un projet politique… »

 

Vote du budget, confiance instaurée entre les Institutions

 

« Les députés de la 8ème législature ont adopté le Budget général de l’Etat 2021. Plus de 2000 milliards de francs Cfa ont été validés par les députés. Apparemment, l’Exécutif tient la route en matière de mobilisation des ressources, parce que pour le Programme d’actions du gouvernement, il a été annoncé plus de 9000 milliards. Certains l’avaient trouvé irréaliste. A mon avis, c’est la preuve que le gouvernement est dans son agenda. Certains esprits retors ont voulu le divertir à un moment donné, mais cela n’a pas marché. Le président Patrice Talon et son équipe fonctionnent comme prévu. Et l’accompagnement parlementaire leur permet d’avancer. Avant, les budgets sont l’occasion des chamailleries. On perd du temps et on ne débouche sur rien. Soit on prend une ordonnance ou bien les mêmes députés finissent par voter le budget qu’ils ont refusé. Aujourd’hui, on gagne en matière de temps… »

 

« Ensuite, il y a le contenu du budget. Il faut l’analyser depuis 2018. Les budgets qui ont été votés ont accordé plus de place au social. Et là encore, le budget de 2021 ne fait pas exception à cette règle. Cela montre qu’il faut d’abord créer la richesse avant de la partager. Les députés ont salué le gouvernement pour sa gestion efficace des ressources de l’Etat… La mobilisation est l’atout majeur de ce gouvernement. On a mobilisé à l’interne, notamment grâce aux réformes au niveau des régies. Ensuite, il y a la mobilisation sur le marché des devises. Là encore, le Bénin est présent. Il fait partie des Nations crédibles à qui on peut prêter. C’est quand même une image positive de notre pays. L’un dans l’autre, le vote de ce budget est l’expression même de la confiance qui s’est instaurée entre les institutions. Ce qui permet au gouvernement d’avoir la main pour agir efficacement sur les projets de développement… »

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