Il y a une volonté désormais claire d’une certaine catégorie de citoyens de jouer avec leur propre santé et celle des autres. La ligue de la désobéissance qui se joue dans le secteur de la santé sur le terrain de la vaccination laisse pantois. Il semble qu’au-delà du serment qui n’est pas seulement de simples mots, certains ont de réels problèmes avec la notion de patrie. Le mal est profond quand on y pense.

Le drame qui se joue avec la pandémie de Covid-19 est à la limite de l’innommable. Inutile de rappeler ces nombreuses personnes arrachées douloureusement à notre affection dans un contexte où ce mal s’acharne contre notre Nation frappée d’émoi. Des hommes et femmes pleins de sève tombent sans crier gare provoquant peine et désolation. Il faut faire un tour dans l’un des centres de prise en charge pour comprendre que la Covid-19 est sadique. Il n’y a pas pire douleur que celle de ne pas pouvoir respirer. La vie au bout du souffle finit en silence et le corps sans force périt au cœur de ces mille branchements et cet appareil qui siffle chaque seconde annonçant un danger imminent. Et quand on retire le douloureux respirateur, le vide s’empare du corps médical qui reste sans voix. Ce spectacle, le Bénin l’a connu plus de 113 fois déjà. Est-ce qu’il n’est pas tant d’arrêter la saignée? Est-ce qu’il ne faudra pas enfin mettre fin à ce carnage qui se joue à Allada et ailleurs? La vie n’a pas de prix et l’Etat au finish en paie le prix fort. Beaucoup de milliards de francs cfa dépensés avec au compteur des vies qui finissent à Somè et dans d’autres cimetières.  C’est dans cette atmosphère de confusion que l’humanité a fait un progrès intéressant, celui du vaccin. Il s’agit d’un abri pour tous ceux qui rêvent de sortir des griffes de ce mal dangereux. Les scientifiques de la planète sont unanimes sur le fait que lorsqu’on se vaccine, on est sûr de ne pas développer des formes graves de la maladie. Ils l’ont dit et le temps sans doute ne leur a pas donné tort. Beaucoup de pays à l’instar des Etats-Unis ont connu le drame du siècle avec la Covid-19, mais font déjà le deuil de ce passé douloureux. Il est donc une certitude qu’avec la vaccination, on est sûr de ne pas se retrouver dans un centre de prise en charge et donc de ne pas mourir de la Covid-19. Il a suffi de cette phrase pour que des milliers de compatriotes se décident de se faire vacciner. Depuis avril 2021, ils se succèdent dans les centres de vaccination pour recevoir leurs doses. Ce geste les a sauvés, car selon les statistiques, aucun de ceux qui sont vaccinés n’ont développé de formes gaves de la maladie.

Des agents de santé résistants

C’est heureux de le noter surtout quand on sait que dans la même République, des hommes et femmes censés offrir des soins de santé jouent aux résistants. Ils s’opposent à la vaccination exposant de ce fait leurs propres vies et celle de leurs patients. N’exagérons rien puisque ce n’est vraiment pas le moment d’hystériser le débat. Le bon sens s’est déjà assez occupé de la conscience de ces pestiférés. Ce qui est par contre utile de souligner c’est cette fameuse liberté vaccinale que certains d’entre eux n’hésitent pas à brandir pour conforter leur thèse. L’allusion est lamentable surtout quand on sait que le Bénin dispose désormais d’une loi sur la protection de la santé des personnes. Cette loi, osons le dire, n’est pas du tout tendre envers l’agent de santé qui se donnerait un certain plaisir d’exposer la santé de son patient si cela est avéré. L’hypothèse simple qu’on peut être à même d’explorer est celle de l’agent non vacciné qui contamine son patient. On comprend donc que sur le plan purement légal, les agents de santé qui soutiennent une thèse pareille se verront en son temps, traîner devant les tribunaux car la loi a prévu désormais que tout citoyen a le droit d’assigner un agent de santé s’il arrivait qu’un préjudice quelconque résultait de son fait. C’est d’ailleurs un secret de polichinelle que depuis le vote de cette loi, beaucoup d’avocats s’intéressent aux dossiers relatifs aux fautes médicales. Le lien est vite établi pour dire que l’agent de santé a le devoir de prendre toutes les dispositions pour ne pas contaminer son patient. Le faire serait déjà une faute professionnelle grave et une infraction punie par loi. Sur le plan des pseudos thèses complotistes, on se surprend de noter que les éclaireurs que sont les agents de santé se livrent à du colportage de vérités inutiles venant d’ailleurs se confondant à la masse d’ignares. C’est en cela que se trouve toute la déchéance en cours sous nos yeux. Si celui qui est censé corriger le profane s’y confond, il y a de réels motifs de s’en préoccuper.  On réalise donc que dans un sens comme dans l’autre, ces agents n’ont aucune raison valable d’adopter la posture actuelle qu’est le refus de la vaccination. Le faire sera déjà moralement répugnant, mais aussi professionnellement et légalement inconvenant. A partir de cet instant, il n’y a donc rien à faire d’autre que de les y contraindre à tout prix.

Vacciner tous les agents sans état d’âme

Plus qu’une doléance, c’est une exigence pour la sauvegarde de la vie. Le gouvernement doit, à partir de maintenant, réfléchir à une formule qui contraigne tout agent de santé à se faire vacciner contre le Covid-19. Cette option est désormais nécessaire pour la vie de ses agents qui s’en soucient très peu et celle de leur famille ainsi que des patients qu’ils suivent. Le gouvernement doit absolument faire le bonheur de ceux-ci contre leur gré car il y gagnera beaucoup. En tout cas, sous la rupture, rien ne résiste vraiment à l’Etat.  Les prochains jours nous édifieront.

Abdourhamane Touré

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