Très attendu, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a éclairé l’opinion sur les réels motifs de l’interpellation de Reckya Madougou. Selon Mario Mètonou, elle a en projet de semer la terreur dans le vil dessein de remettre en cause le processus électoral en cours. Pour le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, il s’agit de faits suffisamment graves pour lesquels il va falloir laisser la justice démêler l’écheveau. Lire des extraits de son analyse hier jeudi 04 mars 2021, sur la chaîne de télévision E-Télé.

« …Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a effectué une sortie médiatique hier jeudi 04 mars 2021 pour donner les réels motifs de l’interpellation de Reckya Madougou. Les chefs d’accusation mis à la charge de l’intéressé sont, à mon avis d’une extrême gravité. On évoque des manœuvres pour provoquer la terreur et le chaos dans le but de faire suspendre le processus électoral en cours. Selon toute vraisemblance, le funeste projet prend en compte le meurtre de deux autorités influentes de la ville de Parakou. Cela sort de l’entendement. On tombe des nues en apprenant que des compatriotes peuvent encore avoir l’esprit retors d’initier de telles actions en plein 21ème siècle, surtout dans le cadre d’une élection présidentielle pour laquelle on n’a pas senti leur envie d’y prendre part. Cela donne des sueurs froides, parce qu’on est à mille lieues d’imaginer Reckya Madougou dans une telle entreprise. Il serait intéressant que les enquêtes aboutissent pour qu’on ait les contenus réels des accusations mises à sa charge. Il faut que les informations soient suffisamment recoupées pour que ceux qui doivent être gardés dans les liens de la justice le soient et que ceux qui n’ont rien à y faire soient libérés… »

 

Silence austère avec ‘’Les démocrates’’

 

« …En attendant la suite de ce dossier, on peut quand même affirmer que la posture de Reckya Madougou depuis le 04 février, date où elle a déposé sa candidature à la Commission électorale nationale autonome, montre qu’elle est dans une logique d’affrontement. Une attitude qui divise même au sein de son parti ‘’Les démocrates’’. L’unanimité ne se fait pas autour de sa personne et de ses agissements. La preuve, quarante-huit heures après son arrestation, le silence est plutôt austère avec ses camarades de lutte. Jusque-là, ils n’ont même pas sorti un communiqué, ne serait-ce pour donner leur position sur le sujet. On a le sentiment qu’ils sont, eux aussi, embêtés par la situation. Personne ne veut prendre le devant. Ça montre qu’il y a une sorte de gêne à l’interne du parti… »

 

Pas d’acharnement politique

 

« …Face à cette interpellation, certains évoquent l’idée d’une arrestation politique. Cela n’est pas surprenant. Dans le contexte sociologique béninois, quand des situations du genre mettant en cause des personnalités qui ont occupé de hautes fonctions de la République surviennent, chacun y va de son interprétation. La subjectivité prend le pas sur l’objectivité. Mais, ce qu’il faut retenir est que l’Etat est en train d’assumer son devoir qui consiste à assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national (…) Si après sa disqualification pour la présidentielle du 11 avril, Reckya Madougou avait pris acte et passé à autre chose, je crois qu’on n’en serait pas là à explorer la piste d’un acharnement politique ou non. De toute façon, il n’y a pas d’acharnement politique. Sinon Frédéric Joël Aïvo et autres qui opèrent, d’une manière ou d’une autre, dans le même registre de déclarations fracassantes qu’elle, auraient été aussi interpellés. La preuve, ils étaient tous à bord du même véhicule au moment de l’interpellation. Pourtant, c’est Reckya Madougou seule qui a été arrêtée. Les populations doivent donc comprendre qu’il y a une intelligence qui gère cette action. Il ne saurait y avoir d’acharnement contre cette dame. J’estime que nous devons apprendre à donner à nos institutions le respect qu’elles méritent pour que nous soyons en sécurité. Si quelqu’un qui n’a aucun mandat doit s’en prendre à ceux qui en ont, la question de l’opportunité des élections va se poser un jour. Il faut qu’il y ait une logique dans nos comportements (…) Cette arrestation est l’occasion pour ceux qui défient l’Etat par leurs agissements de savoir que quand on affronte la loi, on doit s’attendre à ce qu’elle aussi vous imprime toute sa rigueur. Il reste maintenant que la Justice gère le dossier sereinement afin que force reste, finalement, à la Loi…»

Tentative de déstabilisation du Bénin par des actes de violence et de terrorisme

Des sanctions exemplaires attendues de la justice Le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a, au cours d’un point de presse tenu hier jeudi 04 mars 2021, à Porto-Novo, donné les raison de l’arrestation de la candidate recalée du parti « Les démocrates », de Reckya Madougou. Elle a été interpellée dans une affaire d’association de malfaiteurs et de terrorisme. Au regard de la gravité des faits exposés par le procureur, des sanctions exemplaires doivent être appliquées par la justice pour décourager de pareils actes lorsque la culpabilité des mis en cause sera établie. 

Reckya Madougou est mise aux arrêts dans une affaire d’association de malfaiteurs et de terrorisme. C’est du moins ce qu’on retient de la sortie médiatique du procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) hier jeudi 04 mars 2021. L’arrestation de la candidate recalée du parti « Les démocrates » à la Présidentielle du 11 avril 2021 n’a donc pas des relents politiques. Elle se situe dans le cadre d’une enquête concernant un dossier dans lequel l’intéressée a été gravement mise en cause. Les faits exposés par le procureur spécial de la Criet sont d’une gravité extrême et méritent une sanction exemplaire. Car les aveux des mis en cause permettent aujourd’hui d’affirmer que les commanditaires étaient réellement prêts à passer à l’acte. Ceux qui n’ont pas réussi à être candidats à la prochaine Présidentielle parce que leurs dossiers ne sont pas conformes aux attentes ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes au lieu de projeter de tuer des Béninois et de semer la terreur dans le pays. Les règles sont établies pour l’élection présidentielle. On ne peut pas choisir d’y participer à la carte alors que d’autres candidats ont affronté vents et marrées pour déposer leurs dossiers suivant les exigences du Code électoral. Le Bénin est un pays de paix. La violence n’y a pas sa place. Les tristes événements de 2019 dont les auteurs ont bénéficié d’une loi d’amnistie, ne doit plus jamais se répéter.

 

Les litiges se règlent devant les tribunaux

 

Ce n’est pas parce que l’on a été recalé à une élection que c’est la fin d’une vie et qu’il faut s’en prendre à la République en créant la terreur et en organisant des crimes en série. Ce n’est pas pour la première fois qu’une élection présidentielle est organisée au Bénin. Par le passé, d’autres candidats, pour diverses raisons, ont bien été recalés sur la base des textes mais jamais personne n’a poussé le bouchon aussi loin pour chercher à déstabiliser le pays. Même au plus fort du K.o. hypothétique de 2011, le perdant, tout en soutenant que sa victoire lui a été volée, n’est pas allé plus loin que cela, et n’a même pas daigné appeler ses militants à investir les rues. Au contraire, il les avait appelés au calme. Dans le cas présent, les agissements projetés par Reckya Madougou et compagnie sont de nature à déstabiliser le pays et, le cas échéant, semer des troubles de toutes sortes. Ceux qui se comportent ainsi sont de vrais criminels car, quand on connaît les effets de tels actes dans d’autres pays, on ne peut les souhaiter pour son propre pays, encore moins les perpétrer. Dans une démocratie, les litiges se règlent devant les tribunaux. Si on est bon démocrate, on fait les procédures et si on gagne tant mieux. Mais quand on perd, il faut se plier au verdict par respect pour les institutions de la République. Dans le cas d’espèce, Reckya Madougou et compagnie ont bien saisi les juridictions et, de façon publique et contradictoire devant la Cour constitutionnelle, n’ont pas réussi à prouver leurs allégations. C’est donc conformément aux lois de la République que leurs dossiers ont été rejetés. Ils ne doivent donc pas s’en prendre aux Béninois à travers les actes de violence inouïe, de terrorisme qu’ils projetaient de perpétrer dans le pays.

 

Abdourhamane Touré

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