Les dernières mesures de soutien aux populations face à la flambée des prix de certains produits de grande consommation sont appréciées à leur juste valeur par les consommateurs. Selon Ernest Gbaguidi et Eric Houéssou respectivement président de l’Ong « Bénin santé et survie du consommateur » et président de l’Association béninoise pour la défense du consommateur, ces mesures seraient juste des effets d’annonce si elles ne sont pas suives de mesures d’accompagnement conséquentes. Par ailleurs, ils estiment que le gouvernement a les moyens de mieux faire pour alléger davantage les peines des consommateurs. Lire leurs propos.

Ernest Gbaguidi, Président de l’Ong « Bénin santé et survie du consommateur»

« La mesure est très bonne mais la vigilance s’impose »

«Les mesures prises par le gouvernement pour maîtriser les prix de certains produits de grande consommation sur le marché, sont à saluer. Ces mesures sont à saluer d’autant plus qu’il y a quelques semaines, les consommateurs béninois n’ont plus où donner la tête. Les populations sont sujettes à des inflations, des spéculations injustifiées parfois et restent impuissantes. Le silence du gouvernement pendant un certain temps a failli donner l’impression qu’il ne serait pas sensible aux peines des populations. Comme il a été aussi dit que c’est l’augmentation de certaines taxes qui serait à la base de ces inflations, beaucoup ont estimé que le gouvernement en est bien conscient, ce qui n’est véritablement pas le cas. Il était donc important que le gouvernement trouve le mécanisme qui permettra d’amoindrir le choc. Cela doit soulager les populations même si le gari et autres produits locaux ne sont pas directement concernés. Il faut avouer que les produits dont il est question sont souvent des produits importés et aujourd’hui à l’importation, il y a d’abord le prix à l’achat qui peut être élevé. Il y a aussi les formalités au niveau du cordon douanier qui peuvent alourdir les charges et au finish, c’est le consommateur final qui supporte. Donc ce qu’il y a lieu de faire par rapport à nos produits locaux, c’est d’accroître la production et à ce niveau,  le gouvernement verra dans quelle mesure on pourra enlever les taxes qui viennent alourdir les tarifs pratiqués concernant ces produits et on serait soulagé. La mesure est très bonne mais la vigilance s’impose parce que premièrement, c’est dans un délai. Dans ce cas de figure, on peut assister à deux phénomènes. Le premier phénomène, c’est que les importateurs et les distributeurs, quand ils ne voudront pas faire appliquer les tarifs indiqués par le gouvernement, ils peuvent créer des ruptures artificielles. En de pareilles circonstances, on assiste à une autre forme d’inflation. Deuxième chose, si on ne maîtrise pas les frontières de notre pays, les produits subventionnés risquent d’échouer dans les pays voisins et c’est les consommateurs de ces pays-là qui pourront en jouir au détriment des consommateurs béninois pour qui la mesure a été prise. Alors il serait important d’impliquer les élus locaux et les agents du ministère du commerce ainsi que la police pour que les frontières soient contrôlées afin qu’on empêche les sorties de ces produits vers les marchés voisins. Il est important aussi que les agents de contrôle de prix et autres descendent de temps en temps dans les différents dépôts et magasins pour vérifier l’effectivité par rapport à l’application de ces mesures. Nous pensons que le délai de trois mois qui a été indiqué est déjà un pas mais pour les raisons que nous avons évoquées, il faut mettre en place un dispositif pour maîtriser le sortie des produits et éviter la création de rupture artificielle pour que l’inflation puisse s’installer à nouveau puisqu’en matière de rupture, on n’arrive plus à maîtriser les prix. Donc c’est aussi une stratégie que nos partenaires, importateurs et distributeurs peuvent appliquer pour contourner les injonctions qui ont été données par le gouvernement.

Nous aurions souhaité que d’autres produits soient ciblés et que les mesures soient aussi prises afin de permettre l’accessibilité de ces produits. C’est vrai que par exemple au niveau du gaz domestique,  ça flambe aussi tout comme le carburant et bien d’autres produits Quoique ce ne soit pas des aliments qu’on doit consommer, c’est quand même des produits dont on a besoin aussi pour vivre. Nous espérons bien que d’autres mesures pourraient être prises pour amoindrir le choc causé par cette crise dont ne savons pas l’issue».

Propos recueillis par Gabin Goubiyi

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