« La Conférence des forces vives de la Nation avec l’avènement de la Constitution de 1990 a permis certes de créer une atmosphère paisible caractérisée essentiellement par le vent de la démocratie. La preuve serait donc la séparation des pouvoirs, l’organisation des élections libres, l’alternance au pouvoir. Cette liberté qui a vu le jour avec la première loi fondamentale a fait naître la soif de diriger le pays sans au préalable avoir créé un parti d’envergure nationale doté d’une feuille de route et d’objectifs précis. D’où la création des mouvements de quartier qui avaient juste pour objectif de se fondre avec un autre qui soit plus grand, soit en coalition ou par alliance pour les échéances électorales. Avec un bilan de plus 200 partis politiques, la vie politique au Bénin peine à participer, à contribuer effectivement à une gestion, rationnelle de la chose publique.

De 1990 à 2016, le bilan est mitigé. Dans la dynamique de la mondialisation et de la globalisation, il fallait trouver un moyen pour hisser le Bénin au titre des grandes Nations en matière politique. C’est ainsi que son Excellence le président Patrice Talon a été le seul à mieux faire le diagnostic de ce secteur pour identifier les failles. Pour y remédier, une loi a été introduite à l’Assemblée nationale. Il s’agissait de la proposition de loi portant réforme du système partisan.

Nous pouvons sans doute évoquer les mérites de cette réforme qui sont entre autres, la suppression des partis n’ayant pas une envergure nationale, l’élargissement et la représentativité  des blocs au plan national grâce à la fusion des mouvements politiques pour soutenir un objectif bien précis, le financement des partis politiques, l’effectivité des formations politiques initiées par les blocs, le fonctionnement des partis avant, pendant et après les élections etc.

Malgré ces mérites, il est important de soulever que cette réforme dans la réalité reste muette par rapport à des points fondamentaux de la vie politique.

En effet, l’application du nouveau système partisan laisse lire que nous avançons droit vers un bipartite voilé sous le nom de blocs. Déjà, lorsque nous faisons une comparaison de l’ancienne Charte à la nouvelle, nous remarquons que la nouvelle Charte ne s’est pas prononcée sur la transhumance politique. Ce qui justifie la prostitution (les mutations) que nous observons au sein des blocs. Il s’agit donc d’une imprécision juridique. Même si en droit des contrats, le silence d’un parti implique son « Oui », il faut que la nouvelle Charte se prononce afin d’éviter les mutations qui peuvent fragiliser les partis. Ensuite, l’imprécision des institutions compétentes pour apprécier en cas de déviation de l’application de la nouvelle Charte.

Nous sommes tous conscients que le Bénin est un pays où la population est essentiellement jeune. Ainsi, il est chanté que la jeunesse béninoise est le fer de lance du développement de notre pays. D’où la nécessité d’inculquer à cette jeunesse des connaissances porteuses de fruits d’une nouvelle gestion axée sur l’intérêt général issue d’une organisation et du respect aux principes de son appartenance politique. La nouvelle Charte objet de notre analyse a manqué de mettre l’accent sur l’existence d’une idéologie au sein des partis politiques au Bénin. Malgré les années, la confusion entre une idéologie et la nature des bords politiques continue de s’imposer.

L’idéologie, c’est l’ensemble cohérent de dogmes ou doctrines dans un ou plusieurs domaines comme la société, la politique, l’économie, le morale, la spiritualité ou religion…

Il s’agit cependant d’un système qui se partage, pouvant servir de base théorique à une réorganisation totalitaire de la société. Des principes de base sur lesquels s’appuient une stratégie et des plans d’actions. Auxquelles tous les membres dudit parti doit respect et obligations d’application quelques soit la nature des intérêts en jeu.

Je me permets de dire que le seul régime qui a véritablement connu une idéologie est le régime du Marxisme léninisme.

En somme, nous comptons sur le sens d’analyse de nos pères pour retrouver les points fondamentaux qui ont été ignorés pour être repris en compte dans une éventuelle relecture ou modification des lois sur la réforme du système partisans béninois.

Je vous remercie »

Michel Sonon

Diplomate

Vice-président du Mra

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