Il donne un nouveau visage du patrimoine culturel et cultuel  et aucun regard touristique ne  peut le voir sur maquette ou entendre parler de lui et ne pas succomber.  C’est le Bénin qui, dans le cadre de la restitution des 26 objets d’art, réhabilite les musées conformément aux normes internationales.

Les férus du tourisme  de patrimoine et de l’histoire n’auront plus d’autre choix que de  fouler le sol  béninois. Et pour cause, le Bénin en plus de ses potentiels  légendaires en matière culturelle et cultuelle   existante,  travaille    pour   se doter  des musées au standing international. Deux musées sont en train  de recevoir une touche particulière en vue de répondre honnêtement et convenablement  aux normes internationales. Ces infrastructures muséales sont destinées à accueillir  les vingt-six pièces que la France s’est engagée à restituer. 

A Ouidah, un musée international de la mémoire et de l’esclavage est en  train de prendre corps. Les travaux s’achèveront avec une marge de retard au plus tard   mi-septembre 2021. Ce musée  érigé dans l’ancien Fort portugais de Ouidah,  dans le Sud du Bénin,  abritera provisoirement les objets d’art  à leur retour sur leur terre natale.  En effet, dans le cadre de la valorisation des potentialités touristiques dont regorge le Bénin, le site a été remis officiellement pour les travaux de réhabilitation  phase 1, le lundi 24 février 2019 en présence des autorités départementales, municipales et locales, et du représentant résident de la Banque mondiale au Bénin. D’un montant de deux milliards huit cent quarante-trois millions six cent vingt-neuf mille cent trente-cinq Francs Cfa (2.843.629.135) F Cfa , le projet d’une durée de 10 mois, financé   en deux tranches par la Banque mondiale dans  le cadre du Projet de compétitivité et du tourisme transfrontalier (Pctt), concerne   la réhabilitation à l’identique de la maison du gouverneur, de la Chapelle, la construction de la caserne d’esclaverie, la construction d’un Préshow pour les groupes de visiteurs et les scolaires, un Snack Bar, des espaces aménagés de vente pour artisans et des boutiques de vente d’œuvres d’artisanat, l’aménagement paysager de la cour intérieure et du jardin potager ainsi que la réhabilitation et l’extension de la guérite et du bloc administratif. A la cérémonie de remise, Jean-Michel Abimbola a parlé du pôle développement de ces bâtiments. « L’amélioration de la qualité de l’offre touristique d’un pays comme le nôtre passe plus par la valorisation de notre histoire et de notre patrimoine culturel que par la promotion de nos reliefs et autres attraits naturels….. Pour le président Patrice Talon, le tourisme constitue l’un des vecteurs du développement socio-économique du Bénin et la culture en est le principal intrant…. Dans cette logique, et au-delà de nos religions endogènes, je veux nommer les Vodun/ Orisha, notre histoire mérite d’être portée à la connaissance d’un public de plus en plus demandeur ….La cérémonie qui nous rassemble ce jour est lourde de sens, car elle est l’une des toutes premières dans le domaine du tourisme à l’ère du Nouveau départ quant au passage de ce que d’aucuns auraient appelé des maquettes à la réalité. »

La phase 2 du projet  ayant  débuté, les travaux prendront fin  en septembre 2021 au plus tard. Bien avant cette  date tant attendue, une délégation française, conduite par le président du musée parisien du Quai Branly, Emmanuel Kasarhérou s’est rendue sur le site en mars 2021. Lors de la visite,  il a déclaré   au ministre Agbénonchi que la mission se fait dans un climat d’échanges fructueux (…) pour faire en sorte que ce retour des œuvres culturelles prévu pour la fin de l’année se fasse de la manière la plus souple. « Cette restitution n’est pas une fin, mais le début d’un nouveau parcours commun» a-t-il confié.  Remarquant l’avancée  un mois plus tard, il a laissé entendre sur Rfi «Je suis frappé par l’ambition et le sérieux du Bénin dans cette affaire ». Avant la délégation française, pour s’assurer de l’évolution des travaux, le ministre de la culture s’est rendu  au Fort Portugais de Ouidah. Sur le terrain, la délégation a constaté que les  employés et ouvriers travaillent d’arrache-pied pour la finition  afin de rattraper le retard accusé. « Au niveau de notre groupement, nous comptons doubler les effectifs pour vraiment tenir dans le délai. Il y a des équipes sur chaque infrastructure du projet. Et nous travaillons tous les jours afin de rattraper les écarts connus par le passé et finir les travaux à fin février 2021 », a rassuré Hospice Houngbèmè, Directeur des travaux de l’entreprise Ken-Dal & Fils. « … Le Fort portugais qui abrite le musée d’histoire de la ville est aujourd’hui en chantier et devra offrir dans les prochains mois un nouveau visage à ses visiteurs.  Le même site connaîtra aussi bientôt le lancement des travaux de construction du Musée international pour la mémoire de l’esclavage (Mime)»,  a  précisé le Ministre au terme de la visite.

Le  Musée de l’épopée des amazones et des rois du Dahomey

Les trônes, statues et autres symboles du pouvoir royal volés en 1892 par le général Alfred Dodds lors du sac du palais d’Abomey seront exposés jusqu’à l’achèvement de  la réhabilitation des célèbres palais royaux d’Abomey prévu pour  2023 par  les deux architectes en charge des travaux, un Béninois et une Franco-Camerounaise. Mais, il  peut avoir une petite rallonge parce que les palais à réhabiliter sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco, ce qui implique quelques contraintes. En effet, dans un esprit de protéger les œuvres dans un même confort et atmosphère,   le Bénin se prépare, avec un Musée de l’épopée des amazones et des rois du Dahomey qui comporte quatre palais : Ghezo, Glele, Gbehanzin, Agoli-Agbo. Pour  ce projet mis en œuvre par Expertise France,    20 millions d’euros sont fournis sur emprunt par l’Agence française de développement (Afd). De cette somme, 12 millions seront consacrées au nouveau musée dont les palais, la cour des Amazones, les guerrières du royaume. La nouvelle architecture très modeste  reflète  mieux la belle image de la ville qui l’abrite.  Le premier projet était en vidéo 3D.  Maintenant, il y a une  fissure importante pour la pénétration de  la lumière naturelle et  une présence négligeable des écrans.  Globalement, il faut dire que le projet de rajeunissement de ces vieilles bâtisses sont  assurées  par l’Agence Française de Développement (Afd) qui a mis à  la disposition du Bénin 35 millions d’euros. Ces 35 millions soit près de 23 milliards de francs Cfa sont divisés en deux. 10 millions  en guise de  dons et un crédit de 25 millions à taux préférentiel. Une  partie de ce montant servira tiers à la formation et à la mise en fonction et l’autre partie aux bâtiments.

La  signature de l’accord

Le jeudi 03 juin 2021, l’accord de ce financement a été signé  par le bénin représenté par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni  et son collègue en charge de la culture, Jean-Michel Abimbola et la France représentée par son Ambassadeur au Bénin et le Directeur général de l’Agence Française de Développement (Afd). A  cette occasion, les engagements des  autorités de l’hexagone présentes ont étayés la position du Président Emmanuel Macron lorsqu’il a annoncé la  restitution. Il a promis de « tout faire pour qu’il y ait la sécurité, le soin, qui soit mis en Afrique pour protéger ces œuvres ». C’est  dans cet ordre d’idées que la délégation  a  rassuré de la forte mobilisation des équipes françaises aux côtés de la partie béninoise pour la mise en œuvre du projet. A suivre l’Ambassadeur de la France près le Bénin, Marc Vizy, ce projet phare du Programme d’Actions du Gouvernement,  est également  le symbole d’une opération majeure du récent mandat de l’Afd en matière d’industries créatives et culturelles et confirme l’engagement de la France aux côtés du Gouvernement béninois dans ce secteur.  Ces propos ont été entérinés par ceux du ministre de la culture qui précise  que ce projet permettra également de relever le défi de faire du tourisme une filière de développement économique créatrice de richesses et d’emplois, de par ses différentes composantes. « Nos regards dit-il,  sont désormais et plus que jamais tournés vers la poursuite et l’accélération des travaux de construction du musée de l’Épopée des Amazones et des rois de Danxomè et de valorisation du site palatial d’Abomey, qui constitue la destination finale des biens culturels restitués par la France, après leur séjour temporaire à Ouidah au Fort portugais.

Bienvenue Agbassagan

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