Le Bénin vient d’obtenir sa première indication géographique protégée. Et c’est l’ananas pain de sucre du plateau d’Allada qui est désormais reconnu à l’international comme un produit Made in Bénin. Le certificat d’enregistrement du produit a été officiellement présenté mercredi 27 octobre 2020 aux acteurs du secteur par le gouvernement. Mais comment en est-on arrivé à l’obtention de cette première d’indication géographique protégée ? Joint hier mardi 3 novembre 2020 par Océan Fm, le Directeur de l’Agence territoriale de développement agricole du pôle Atlantique-Littoral et Mono, Prosper Agossou Sagbo, a donné des précisions sur le processus d’obtention de ce certificat et les implications pour le Bénin. Lire ci-dessous, l’intégralité de son entretien.

Océan Fm : Le Bénin a obtenu sa première indication géographique protégée de l’ananas pain de sucre dont le certificat d’enregistrement a été officiellement remis la semaine écoulée. Comment en est-on arrivé là ?

 

Prosper Agossou Sagbo : Le processus a été assez long. Il a commencé par une requête de l’Etat béninois adressée à la Fao pour introduire un certains nombre de produits de qualité béninoise en vue de leur enregistrement en tant que produits à indication géographique. Ce processus commencé avec la Fao a vu d’autres partenaires techniques s’y joindre pour son aboutissement. Il faut dire que c’est depuis 2016 que l’exercice a commencé avec la Fao. Le Bénin avait introduit la requête pour plusieurs d’autres produits mais c’est pour l’ananas pain de sucre du plateau d’Allada qui a connu son épilogue. Les acteurs se sont organisés grâce à l’accompagnement de la Fao pour défendre le produit parce que c’est un groupe d’acteurs économiques qui défend un produit. Le projet d’indication géographique a connu l’harmonie des activités de caractérisation des produits, l’élaboration du cahier de charges et du dossier technique à soumettre à l’Organisation africaine de la propreté intellectuelle (Oapi) en vue de la Licence. Nous sommes venus il y a quelques semaines à l’étape de la reconnaissance officielle du produit ou le certificat d’enregistrement a été transmis au Bénin et a fait l’objet d’une remise officielle le mercredi 28 octobre passé.

 

Quelles sont les autres implications de l’obtention de ce certificat ?

Les autres implications de ce certificat c’est d’abord une meilleure visibilité et la reconnaissance de la qualité de ce produit, pour pouvoir faciliter sa commercialisation et sa protection. Désormais, ses qualités seront reconnues comme provenant du Bénin et les acteurs qui s’investissent notamment les producteurs, les transformateurs, ainsi que les commerçants vont tirer un meilleur profit de sa protection. Donc, c’est un peu comme on connait mondialement le vin de Bordeaux c’est comme cela on peut reconnaître sur le plan international l’ananas pain de sucre du plateau d’Allada qui est une région du Bénin. Le bénin peut se satisfaire de ce que nous avons désormais un produit qui existe et connu sur le plan international pour ses propriétés et cela facilitera la commercialisation du produit pour plus d’intérêt, plus de profit, plus de  rentabilité pour les acteurs, producteurs, commerçants qui s’intéressent à ce produit.

 

Après l’obtention du certificat d’enregistrement, il y a t-il une suite?

 

Bien-sûr ! L’obtention du certificat d’enregistrement pour ce produit n’est pas une fin en soit ; c’est comme vous avez un brevet, vous devez commercialiser le brevet. Une fois que le Bénin a ce certificat, on doit travailler à maintenir la qualité du produit, à assurer la production régulière en vu de son placement régulier sur le marché international. Donc, c’est maintenant que le plus dur commence en matière d’assurance de la régularité de la production du produit et de la régularité de sa mise sur le marché. Les acteurs qui portent le projet doivent être renforcés sur leurs droits, leurs obligations, le respect des cahiers de charge liés à ce produit pour pouvoir maintenir ces qualités dans le temps.

 

Est-ce que désormais, on peut affirmer que l’ananas pain de sucre est une marque déposé du Bénin ?

Absolument, c’est une marque déposée du Bénin et on peut veiller à ce que lorsqu’on le retrouve sur le marché on va chercher à voir sa traçabilité où la protection permet d’éviter à ce que d’autres ananas produits ailleurs, dans d’autres pays soit commercialisés sur cette appellation avec ce logo pour ravir la vedette aux acteurs béninois qui ont fait le parcours en vue de son enregistrement. Cette même variété peut-être produit ailleurs mais cela sera peut-être de la contrefaçon. C’est le Bénin qui a fait le processus de reconnaissance du produit et c’est le Bénin qui doit tirer les avantages au plan commercial liés aux indications géographiques protégées. Donc, c’est le tout premier produit Made in Benin qui a cette reconnaissance officielle au plan international. Nous devons travailler à préserver cela et continuer à maintenir cette propriété dans le giron du patrimoine béninois.

 

En dehors de l’ananas quels sont les autres produits pour lesquels le même processus a été entamé ?

Le Bénin a enclenché le processus en 2016 pour trois produits. Nous avons l’ananas qui a aboutit, le deuxième le gari sohui de Savalou et le troisième produit est l’huile d’arachide d’Agonlin pour laquelle le processus d’enregistrement est en cours. Nous devons travailler à ce que d’autres produits Made in Benin connaissent aussi le même sors pour que plus de produits béninois puissent se retrouver dans ce giron de produits protégés dans le commerce international.

 

Propos recueillis par Mickaël Vogbé (Stag Océan Fm)

 

 

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