La nomination de Paul Hounkpè du parti Force cauri pour un Bénin émergent comme chef de file de l’opposition est-elle logique ? Cette question a focalisé les attentions sur l’émission ‘’Le Grand soir’’ de E-télé hier mardi 04 mai 2021. Pour le Consultant politique et Expert électoral, Agapit Napoléon Maforikan, il n’y a pas eu de favoritisme. Tout a été fait selon les textes. Extraits.

« …Le Bénin a désormais son chef de file de l’opposition. Il s’agit de Paul Hounkpè. Il a été nommé par le président de la République. Depuis lors, ça chochotte. D’aucuns estiment que la décision du président Patrice Talon est unilatérale et frise le favoritisme. Il n’en est rien. L’acte du chef de l’Etat est conforme aux textes en vigueur. En effet, au terme des dispositions de l’article 8 de la loi portant statut de l’opposition, le chef de file de l‘opposition est nommé par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du Conseil électoral de la Commission électorale nationale autonome (Céna). Cela, sur la base d’un certain nombre de critères. Entre autres, est chef de file de l’opposition, le chef du parti politique déclaré de l’opposition, ayant le plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale à l’occasion des dernières élections législatives. En cas d’égalité du nombre de députés, le chef de file de l ‘opposition est le chef du parti politique déclaré de l’opposition ayant le plus grand nombre d’élus communaux à l’occasion des dernières élections communales. C’est donc sur la base d’un certain nombre de résultats ou de performances acquis par les partis d’opposition. Or, aujourd’hui, le seul parti de l’opposition qui participe aux élections, c’est la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Ils étaient au dialogue politique national. Ils étaient aux Communales de 2020 et à la Présidentielle de 2021. Globalement, ils sont présents sur la scène politique. Ils remplissent les critères, nonobstant d’autres critères… »

 

Un fauteuil changeant

 

« …Le chef de l’Etat n’a pas choisi Paul Hounkpè. Il est chef de file de l’opposition, parce qu’il est le Secrétaire exécutif national de cette formation politique. C’est donc lui le premier responsable et non Alassane Soumanou, le candidat à la Présidentielle de 2021. Si demain le parti décide de changer le Secrétaire exécutif national, le chef de file de l’opposition changera de facto. Cela s’impose au chef de l’Etat au regard de l’animation de la vie à l’interne du parti et des performances du parti… »

 

Pas redevable à Patrice Talon

 

« …Contrairement à ce que pensent beaucoup, Paul Hounkpè ne sera pas redevable envers le président Patrice Talon. Sa redevabilité envers le chef de l’Etat serait peut-être morale, parce qu’il a opéré des réformes qui ont abouti à cette reconnaissance du chef de file de l’opposition. Une première au Bénin. Mais, une redevabilité matérielle ou politique, je ne pense pas. Par contre, il doit l’être envers les électeurs, ceux qui ont permis à la Fcbe de contrôler six mairies sur les 77 Communes. S’il n’est pas redevable envers eux, le parti pourrait dégringoler lors des prochaines échéances. Conséquence, le poste sera attribué à un autre.  C’est donc le moment plus que jamais pour la Fcbe d’animer la vie politique. C’est maintenant qu’on doit les sentir. Ils doivent chercher à constituer une alternative aux partis du pouvoir. De la sorte, ceux qui veulent de l’opposition en auront… »

Ne pas lâcher l’affaire

 

« …Nous sommes dans une phase de transition, et en 2023 les gens vont voir comment ça va évoluer, parce que la Fcbe ne va pas vouloir lâcher l’affaire. Le chef de file de l’opposition bénéficie d’un certain nombre d’avantages. Selon l’article 15 de la loi portant statut de l’opposition, il bénéficie des avantages protocolaires et dispose d’une liste civile fixée par décret pris en Conseil des ministres. Donc, il faudrait que les membres de cette formation travaillent à assurer leur arrière-garde lors des prochaines élections. Et on a deux rendez-vous majeurs lors des cinq prochaines années. Il s’agit des Législatives de 2023 et des élections générales de 2026. Ils ont intérêt à travailler sur le terrain… »

 

Une vraie opposition

 

« …Il faut que nous ayons une vraie opposition. L’opposition, ce n’est pas les injures, les invectives, les menaces, les actes de vandalisme et de terrorisme. Elle est l’alternative qu’on constitue aux partis politiques du pouvoir. De fait, le débat doit être de fond et non vide et orienté vers les idées du genre ‘’on va rétablir la démocratie’’. C’est de la radicalisation. Elle ne sert à rien. Ça empêche le débat de fond. La Fcbe l’a compris, et joue le jeu depuis qu’elle a obtenu son récépissé il y a deux ans. Certes, il y a quelques faucons parmi eux, mais globalement leur langage est républicain… »

 

 

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