A l’occasion de  la  tournée statutaire de la Préfète de l’Ouémé, Dr Marie Atrokpossou à Sèmè-Podji le mercredi 17 novembre 2021, le premier  adjoint au maire, Timothée Gbèdiga n’a pas dissimulé sa frustration sur la non-attribution du statut particulier à sa Commune. Ainsi, il a invité l’autorité départementale à porter leur voix auprès du gouvernement. Une demande qui intervient après le vote de la loi sur la réforme structurelle de l’administration territoriale et traduit le manque de pragmatisme  des autorités  communales.

Médecin après la mort. C’est la forme la plus courtoise par laquelle, l’on peut qualifier la réclamation  du Pam de Sèmè-Podji, Timothée Gbèdiga qui porte sur l’intégration de sa ville dans les communes à statut particulier. En effet, à la faveur de la tournée de la Préfète de l’Ouémé, Marie Atrokpossou dans la commune la semaine dernière, le Pam a soutenu que la commune de Sèmè-Podji respecte toutes les conditions possibles et mieux que d’autres pour être éligible au rang de commune à statut particulier. Dans son exposé digne d’un réquisitoire, l’autorité convaincue de sa défense a fait le tour des conditions cumulatives pour conférer à une commune un statut particulier. A l’entendre, pour accéder au statut particulier, la commune doit avoir une population de cent mille (100.000) habitants au moins, s’étendre de façon continue sur une distance de dix (10) km au moins, mobiliser plus de 500 millions de ressources pour faire face aux dépenses de fonctionnement et d’investissement. Les communes bénéficiant de ce statut sont divisées en arrondissements ayant trente mille (30.000) habitants au moins. « Si nous devons venir au niveau des arrondissements, sur les arrondissements, au moins cinq font plus de 30.000 habitants. Ekpè fait plus de 75.000 habitants. Agblangandan fait plus de 55.000, etc », justifie-t-il avant de se mettre dans une comparaison dont la pertinence reste à rechercher.  Car, mettre Abomey-Calavi et Sèmè-Podji sur un même pied d’égalité n’est que le fruit d’une très bonne confusion. «  On ne peut ériger Abomey-Calavi  en commune à statut particulier et laisser en rade la commune de Sèmè-Podji ! …» s’est-il exclamé avant de préciser : «  Il y a un arrondissement d’Abomey-calavi qui a un seul siège pour les élections communales ».

Une demande  forclose

En analysant les déclarations de l’autorité communale, l’on est effaré. On se demande si l’on est dans un cirque. En effet, le  mardi 21 septembre 2021  à l’initiative du président Patrice Talon, les principaux acteurs du secteur de la décentralisation (maires, préfets, membres du gouvernement, présidents des institutions …) ont tenu une séance de travail  au  Palais des congrès de Cotonou.  Au cours de cet atelier, le projet de réforme structurelle du secteur de la décentralisation a été présenté à l’assistance. Au terme de l’exposé, les maires présents ont tour à tour, posé des questions et fait des amendements quant au document qui leur a été soumis. Mieux, pendant la période qui sépare le séminaire, la transmission de la loi et le vote, aucune demande n’est faite du moins pour porter les gangs,  à titre officiel. Mais la mairie de  Sèmè-Podji n’  a pas mis sur la table de discussion ses préoccupations. Au bénéfice du doute, cela aurait échappé à l’assistance et aux médias. Une hypothèse visiblement difficile à vérifier. La mairie de Sèmè-Podji depuis que le maire Gbènameto est aux affaires, cultive une gouvernance sous le boisseau.  Seulement que ce mode ne fonctionne pas à tous les coups. En voilà une qui  induit  à s’interroger sur cette ville qui semble ne pas exister dans les actes  nécessitant  d’être ostentatoires. Par ailleurs, le jeudi 21 octobre 2021, les députés de la huitième législature ont  donné leur caution à l’initiative de réforme structurelle du secteur de la décentralisation du gouvernement à travers l’adoption de la loi n°2021-14 portant code de l’administration territoriale en République du Bénin. C’est donc environ trois semaines après que la mairie  s’est  visiblement  réveillée de son profond sommeil pour réclamer un supposé  statut particulier. Dans ce manque de promptitude,  l’autorité   compte même avoir gain de cause lors d’une prochaine probable  seconde lecture. «  Nous vous faisons notre porte-parole auprès du chef de l’Etat pour faire un lobbying à cet effet », a notifié le Pam à la Préfète. Mais cette dernière très réaliste et diplomatique a servi la bonne réponse. «  Ce qu’il convient de savoir, c’est que le statut des communes n’est pas figé. C’est ça qui m’enchante. La métamorphose est possible, même si l’on ne peut pas  tout de suite. Je l’ai déjà entendu d’une instance plus supérieure. J’avoue que le président  de la République ne laissera aucune commune en rade. Il n’y a pas à s’inquiéter. Au nom de l’intérêt général, la commune de Sèmè-Podji ne sera pas marginalisée », a-t-elle promis. L’espérance d’une joie est presque égale à la joie retient-on de  William Shakespeare. La commune de Sèmè- Podji s’en sert  peut-être mais, il faut  sortir par moment de sa zone de confort pour ne pas subir  pour des préoccupations  majeures, les frasques de la nonchalance.

Bienvenue Agbassagan

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here