Après le scrutin  du 11 avril 2021, Corentin Kohoué et Alassane Soumanou Djimba, candidats à la présidence des deux duos de l’opposition, ont disparu de l’échiquier politique national et ne donnent point de nouvelles. Si le premier, continue d’alimenter la polémique suite à son absence au congrès constitutif du parti Restaurer la confiance de son colistier Iréné Agossa, le deuxième quant à lui, a opté pour l’omerta. Une attitude qui frise l’improvisation de ces deux duos présidentiels et témoigne que les choses  n’étaient pas parties sur de bonnes bases. Qui l’eût cru ? Et qui l’eût pensé ? Que le deal politique entretenu par Kohoué-Agossa lors de l’élection présidentielle de 2021 ne durera que le temps d’un feu de paille ? Peut-on imaginer que  Soumanou  Djimba avec le tintamarre lors de la Présidentielle, le poste de chef de file de l’opposition obtenu par son colistier Paul Hounkpè et de surcroît gagné par son parti la Fcbe, peut le mettre sous le boisseau.  Leurs silences monacaux depuis la fin du scrutin du 11 avril 2021 prêtent sans équivoque à confusion. Avec toute l’aura dont ils s’étaient prévalus en qualité d’opposants consciencieux, leur présence respective devra être constante et permanente aux côtés de leur colistier. Mais jusque-là, ont-ils été des observateurs joyeux ou malheureux ou des jouisseurs clandestins des supposés avantages procurés par la participation au scrutin ?  La réponse  ne peut que venir d’eux-mêmes. En attendant d’élucider le cas Djimba, le voile est levé sur le cas Kohoué. En effet, quand on regarde dans le rétroviseur en analysant méticuleusement les actes et les propos tenus par les deux anciens membres du parti ‘’Les démocrates’’, on a du mal à croire que le divorce soit instantané et brusque à la lisière de la fin de l’élection présidentielle. Les faisceaux d’une telle incompatibilité d’humeur occasionnant  à chacun le choix de sa direction se sont fait remarquer deux mois après l’élection qui a porté Patrice Talon pour une deuxième fois à la tête de la Nation béninoise. Le samedi 12 juin 2021, Iréné Agossa crée son propre parti politique. Contre toute attente, l’ex-préfet du Mono, Corentin Kohoué, colistier du Nationaliste, n’a pas  fait acte de présence au congrès constitutif. Et pourtant, la dénomination de la formation politique était le slogan sous la bannière de laquelle le duo taxé de « menu fretin » et de « Vallet »  a participé à l’élection du 11 avril 2021. Pour Iréné Agossa, « il ne voulait pas poursuivre l’aventure ». Hier, mardi 12 octobre 2021, plus précisément 4 mois jour pour jour après que le parti  Rlc soit porté sous les fonts baptismaux, Corentin Kohoué, joint au téléphone clarifie sa position et laisse découvrir l’anguille sous roche. Si certains ont pensé que le sexagénaire a pris une retraite politique, ce n’est qu’un mirage et une pure illusion. « Parce que  je ne suis pas avec Iréné Agossa. J’ai pris une retraite politique ? Je suis libre d’aller avec Iréné ou non », a-t-il déclaré avant de marteler : « les duos que nous avons constitués pendant les élections présidentielles ressemblent au mariage du 16ème siècle dont les couples se découvrent devant le maire et le curé le jour du mariage. Donc, s’il ne plaît plus à un couple de continuer ensemble, il se sépare. Iréné et moi, on ne se connaissait pas outre mesure. » En tenant de telles allégations, comparées à la version de Agossa, l’on comprend sans chercher midi à quatorze heures que les deux prétendus sauveurs de la démocratie et de sa restauration n’avaient aucun projet politique. C’était donc de la facétie, de quolibet tout simplement. Une authentique plaisanterie de mauvais goût. 
Méfiance entre Kohoué et Agossa 
Tout ce qui était fait et dit  n’était que la figuration opportuniste. Sinon, comment  comprendre que des candidats qui ont promis de travailler pour un avenir rose de la démocratie béninoise, vont certainement tout juste après l’élection en rangs dispersés. Or, ils l’ont tant reproché aux autres membres. Qu’est-ce qui justifie cette séparation ? On  se met ensemble pour la forme ? Et surtout pour une élection présidentielle ?  Une telle alliance de circonstance  n’est  que symptomatique d’une banalisation de la fonction présidentielle. C’est vraiment triste. Rappelons-nous  que lors de l’élection présidentielle ils ont prôné la confiance. « Une élection présidentielle, c’est la rencontre d’une vision, d’un engagement avec son peuple…L’opportunité est donc offerte au peuple de s’exprimer. Il finira par se départir des clivages régionaux, ethniques, politiques, culturels et même des clivages intellectuels qui ont conduit à la destruction de la confiance. Aujourd’hui, le Béninois n’a plus confiance en lui-même, n’a plus confiance en l’autre, n’a plus confiance aux institutions, n’a plus confiance au Président…En posant notre candidature à cette élection, notre vision est la restauration de la confiance. Nous faisons de cela notre combat », lit-on dans le discours  de  campagne du duo Kohoué-Agossa.  Le combat de  la restauration  de   la confiance est-elle devenue individuelle? Ou bien, la confiance n’existe plus entre eux?  « Ce n’est pas parce que je ne suis pas avec Iréné que j’ai pris une retraite politique. Si pour lui, ne pas aller  avec  son Rlc, c’est aller à la retraite, tant mieux. Je ne suis pas encore fatigué», explique Corentin Kohoué. Quand est-ce que la restauration de la confiance est devenue l’œuvre unique ou unilatérale de Agossa ? A bon mentir celui qui vient de loin. « Nous leur assurons que leurs espoirs ne resteront pas vains et que d’autres Béninoises et Béninois nous rejoindront nombreux pour des combats victorieux très prochainement par la grâce de Dieu et pour le bénéfice de notre nation commune. », ont-ils déclaré au lendemain du scrutin. Qui il faut rejoindre maintenant, quand on sait que les deux ne sont plus ensemble ? Tous les discours tenus lors de la campagne  n’étaient que de l’affabulation. La thèse de la trahison opportuniste peut, avec cet acte, revenir dans les discussions. Heureusement  que le duo n’a pas gagné les élections. Sinon, ce  serait  dramatique pour le pays que des gens qui convolent en noces politiques soient sans vision. Cependant, pour l’heure si Agossa figure toujours sur l’échiquier politique national,  Corentin Kohoué est vivement attendu.   Rappelons  que le duo a obtenu 2,35%, au terme de l’élection qui s’est déroulés le dimanche 11 avril 2021. Un score étonnant à les suivre « A travers notre déclaration de ce jour, nous souhaitons à la fois marquer notre surprise par rapport à ces chiffres, au vu des nombreuses irrégularités signalées par les organisations de la société civile », a déclaré le duo en conférence de presse mercredi 14 avril 2021. 
Bienvenue Agbassagan 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here