Depuis que le professeur de droit constitutionnel Joël Aïvo a été interpellé et puis incarcéré, en attendant son procès le 15 juillet prochain, une polémique nourrie est ouverte sur les réseaux sociaux entre les personnes favorables ou non. C’est à croire qu’en étant de l’opposition, et enseignant de droit, le candidat recalé à la Présidentielle du 11 avril dernier serait au-dessus de la loi et presque intouchable.

En attendant le 15 juillet prochain où son procès débutera, on ne peut savoir réellement ce qui est reproché à Joël Aïvo. Mais ce qui est sûr, la Justice fera son travail en toute indépendance et infirmera ou non les charges que le procureur spécial de Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) lui a notifiées. Et comme tout citoyen, il écopera ou non d’une peine proportionnelle à ce qui lui est reproché. Donc à ce stade, il ne servirait à rien d’accuser le président Patrice Talon de tous les noms. Ou d’insinuer entre les lignes qu’il liquide ses opposants ou les met au bagne. De toutes les façons, les élections sont passées, et en rien Joël Aïvo ne constitue plus une menace politique pouvant empêcher la réélection du chef de l’Etat. Donc, ce dernier n’a aucun intérêt à voir Joël Aïvo derrière les barreaux. Si on  en est là, c’est que les motifs et ce qui est reproché au constitutionnaliste sont solides. On prierait donc les uns et les autres, et ceux qui crient déjà à la dictature, de patienter avant tout jugement hâtif. Parce qu’une fois encore, l’actualité récente nous l’a enseigné dans le cas de Reckya Madougou, pour connaître la vérité, il faut avoir la patience de démêler l’écheveau. Dans le cas de l’ex-conseillère spéciale de Faure Gnassingbé et ex-ministre de Yayi Boni, elle a d’abord nié, avant de  finalement reconnaître que des messages ont été envoyés par mégarde à  Modeste  Kérékou. Du coup, dans le cas Aïvo, on peut espérer que d’ici à là, la  vérité va éclater. Rappelons toutefois, que le président Patrice Talon, n’est pas connu pour avoir comme habitude, la logique du deux poids deux mesures. D’ailleurs, il n’a pas pour habitude de s’immiscer dans le fonctionnement des autres institutions. De plus, lors de son premier mandat, il n’a pas protégé ceux qui, ayant commis des impairs, pouvaient espérer une quelconque protection de sa part. Pour preuve, Georges Bada, deux fois député, une fois maire est actuellement en prison ; son prédécesseur, le Colonel Patrice Hounsou-Guèdè, ex-patron des renseignements, maire pendant 7 ans est aussi prison. Jean-Baptiste Hounguè et Rodrigue Kakaï-Glèlè, tous deux membres fondateurs du Bloc républicain (Br) sont aussi en prison. Par ailleurs, des personnalités  comme  Mathias Gbèdan, ex-maire de Sèmè-Podji, Antoine Dayori, plusieurs fois député et ministre, ou Frédéric Béhanzin, l’ex-fou du roi de Yayi Boni, sont tous en prison dans l’indifférence générale. Pourquoi donc dès qu’une personnalité politique de l’opposition est interpellée, on crie à l’exaction ?  Peut-être  parce que certains ont du mal à se faire à l’idée que l’ère de l’impunité est révolue au Bénin.

 

Wilfrid Noubadan

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