La Société civile béninoise décide de ramer à contre-courant à quelques mois de la Présidentielle de 2021. A travers un document de position issu d’un atelier organisé le 4 septembre 2020 à Cotonou, elle fait un plaidoyer pour un prétendu compromis politique en vue d’une « élection présidentielle pacifique crédible, inclusive et compétitive ». De ce fait, elle demande la relecture consensuelle du cadre légal électoral.

 

La Société civile béninoise se fourvoie-t-elle ? C’est la question que se posent depuis vendredi 4 septembre 2020, les observateurs de la vie politique béninoise  après la lecture des recommandations issues de sa rencontre sur le thème « Réflexions de la société civile sur les pré-requis pour une élection apaisée en 2021 ». En effet, 16 organisations de la Société civile signataires du présent document exigent «à très court terme », «la suppression pure et simple du système du parrainage et l’ouverture du scrutin présidentiel à tout (es) les Béninois (es) capables et ayant de l’ambition pour leur pays». « A moyen terme», elles demandent « la revue des réformes politiques de manière inclusive avec l’implication de toutes les parties prenantes (partis politiques de la mouvance et de l’opposition, Société civile, universitaires, etc.)». Elles exigent également «le retrait au Ministère de l’intérieur de la validation de la création des partis politiques et la revue du mécanisme d’enregistrement des partis politiques conformément aux instruments internationaux en matière d’élection dont le Bénin est partie notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et le protocole A/Sp1/12/01 sur la démocratie et le bonne gouvernance additionnel au Protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité ». En estimant que l’application en l’état du principe du parrainage le rend chrysogène et lui confère un potentiel d’élément déclencheur de violences lors de la Présidentielle de 2021, la Société civile met en exergue la contradiction qui la caractérise concernant la réforme du système partisan. Cette réforme vise notamment à rendre les partis politiques forts et non les acteurs politiques. Il a été voté par les députés qui sont des représentants du peuple en novembre 2019. Si le principe du parrainage trahirait la mission à lui conférée, les représentants du peuple à l’hémicycle y compris ceux se réclamant aujourd’hui de l’opposition n’allaient pas l’adopter. Ce texte qui gêne si tant est quand-même adopté par plusieurs pays tant de vieilles démocraties que de démocraties nouvelles et établies. Le retirer du Code électoral, c’est remettre en cause la réforme du système partisan qui constitue une grande avancée pour le Bénin.

 

Odi I. Aïtchédji

 

 

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