Procès Cnss-Bibe:D’autres acteurs attendus à la barre

0
674




Les débats ont évolué dans le cadre du procès Cnss-Bibe. Les auditions et confrontations des prévenus ont pris fin dans la soirée d’hier mercredi 13 juin 2018. Le Juge Rodolphe Azo a renvoyé le dossier sous huitaine afin d’écouter d’autres acteurs concernés par le procès.

Le marathon se poursuit pour l’ancien Président du Conseil d’administration de la Cnss, Laurent Mètongnon, et les autres co-prévenus du dossier Cnss/Bibe. Ils retournent en prison pour être présentés le mercredi 20 juin 2018. La mise en liberté provisoire sollicitée par les avocats de la défense n’a pas prospéré. Le Juge, dans son verdict, a renvoyé le dossier pour écouter, au cours de la prochaine audience, l’actuel Président du Conseil d’administration (Pca) de la Cnss et les directeurs actuels des deux structures. Cela, pourra sans doute l’éclairer davantage, mais les débats ont substantiellement évolué au cours du procès d’hier. Tous les accusés ont déposé et les confrontations ont également eu lieu. De l’instruction, on retient trois déclarations fortes. D’abord, chacun des prévenus a déclaré que la Bibe n’avait aucune difficulté au moment du placement effectué par la Cnss. La banque, affirme l’ancien directeur général de la Bibe,était assez florissante et consentait même des prêts interbancaires jusqu’à son départ. En plus de la solvabilité de la banque, le recours à la Bibe était, selon l’ancien Directeur général de la Cnss, Célestin CooviAhonon, motivé par son caractère public. « Nous avons fait recours à la Bibe, car la garantie est assurée par l’Etat béninois. Aller vers la Bibe était avantageux. Nous avions des excédents de trésorerie que nous devrions placer, puisque l’Ige nous avait déconseillé de thésauriser les fonds à notre disposition », a-t-il renseigné.



Ensuite, les prévenus ont été interrogés sur la question de commission. Est-ce qu’il y avait des avantages particuliers qui étaient consentis par les responsables de la banque à ceux de la Cnss ? Là encore, ils ont répondu « non ». Quid des 2.5 millions de FCfa consentis à Laurent Mètongnon ? Au cours de son intervention, l’intéressé a déclaré n’avoir perçu aucun copeck en guise de gratification de la part du Directeur général de la Bibe. Faux !, rétorque celui-ci qui a affirmé lui avoir remis les fonds en question par le biais du sieur Edouard Adéguoké, un agent de la Caisse autonome d’amortissement. Interrogé, ce dernier soutient n’avoir reçu de la part de ce dernier que des calendriers et étrennes.



Le Chef de l’agence Bibe interrogé a, quant à lui, reconnu qu’il a reçu, en son temps, de la part de son chef l’ordre de consentir des intéressements pour des types de dépôt à terme (Dat) consentis par des structures. Lesdits intéressements sont-ils souvent assortis de décharges ? « Non », répond-il. Au terme des auditions et confrontations, les avocats de la défense ont estimé qu’il s’agit d’un dossier sans victime. Selon eux, les structures en cause n’ont encouru aucun préjudice et qu’il paraît inutile de maintenir en détention les prévenus. Cet argument n’a pas prospéré. Le juge Rodolphe Azo a maintenu les prévenus en détention. Le mercredi à venir sera, sans doute, marqué par les dépositions des nouveaux responsables, les réquisitions du Ministère public et les plaidoiries des avocats.

HA

LAISSER UN COMMENTAIRE