Comme prévu, la session criminelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a été ouverte hier, lundi 06 décembre 2021 au siège de la juridiction spéciale. L’un des dossiers annoncés à cette session est l’affaire de « Complot contre la sûreté de l’Etat et blanchiment de capitaux» dans laquelle sont poursuivis le constitutionnaliste béninois Frédéric Joël Aïvo et ses coaccusés. C’est un procès très attendu et qui a polarisé les attentions tant au plan national qu’international.

Comme il fallait s’y attendre, ce procès a donné lieu à de troublantes révélations et de chaudes empoignades juridiques. Il ne pouvait en être autrement puisque c’est la première fois depuis leur arrestation que les mis en cause dans ce dossier, ont été invités à livrer leur version. A l’ouverture de l’audience à 09 heures 02 minutes par la présidente de céans, la magistrate Christelle Adonon, il a été constaté l’absence de l’accusé Alain Gnonlonfoun. Le ministère public représenté par Mario Mètonou a demandé et obtenu une suspension, le temps que l’accusé, incarcéré à la prison civile d’Abomey-Calavi rallie l’audience. L’audience va reprendre à 11h45 minutes, quelques minutes après l’arrivée de ce dernier. La Cour procède aux formalités de présentation des accusés. Tour à tour, Joël Aïvo, Boni Sarè Issiakou, Ibrahim Bachabi Moudjaïdou, et Alain Gnonlonfoun vont déférer à l’exercice de présentation. Quelques minutes après les présentations, le ton va monter dans la salle d’audience. Me Robert Dossou, un des avocats de la défense a demandé à avoir des éclaircissements sur les raisons de la présence dans la salle d’audience, de l’Agent judiciaire du trésor (Ajt). Le procureur spécial lui répondra que l’Ajt est présent au procès en qualité de sachant.

Les inculpés plaident non-coupables

Invité à la barre, le professeur Joël Aïvo dit ne pas se reconnaître dans les faits qui sont mis à sa charge. Idem pour son comptable Alain Gnonlonfoun ainsi que Boni Saré Issiakou et Ibrahim Bachabi Moudjaïdou qui ont tous plaidé non-coupables. Suivra ensuite la fameuse phase tant attendue, celle des dépositions. Boni Saré Issiakou, chef d’entreprise et ex-chef militaire sera le premier àêtre invité à la barre. Il dit connaître le sieur Arnaud Houédanou par le biais de Gilbert Zinsou. Ce dernier lui aurait demandé de l’aider à soutirer de l’argent chez à son ami Arnaud Houédanou qui mijotait l’idée de préparer un coup d’Etat. Il a dit avoir reçu 400.000 Fcfa des mains de ces derniers. Cette somme «c’est pour acheter une moto pour commencer les courses. Deux semaines après, nous nous sommes rencontrés. Nous avons convenu de louer des voitures pour préparer l’opération», a-t-il confié. Il va confesser plus tard, qu’ensemble avec son frère Ibrahim Bachabi Moudjaïdou, ils ont réussi à prendre 1 million 900 mille chez Arnaud Houédanou. Il a dit n’être jamais passé à la mise en œuvre du projet de coup d’Etat et n’avoir jamais rencontré ni Joël Aïvo, encore moins son comptable Alain Gnonlonfoun. A sa suite, Ibrahim Bachabi Moudjaïdou, le ‘’loueur de treillis’’ va être appelé à la barre. Militaire en fonction, il affirme ne pas exactement savoir dans quelle condition il a remis son uniforme dans la cadre du projet de coup d’Etat et sollicite la clémence de la Cour. Le comptable de Joël Aïvo, Alain Gnonlonfoun, va pour sa part dire qu’il ne sait pas si Arnaud Houédanou a contribué au paiement de la caution de son patron. Il martèle n’avoir rien reçu de ce dernier. Il a dit ne pas connaître Boni Saré Issiakou (ancien militaire) et Ibrahim Bachabi Moudjaïdou (militaire en fonction) qu’il a rencontrés à la Criet. A 17h15, commence la déposition de Joël Aïvo qui a nié en bloc les accusations portées contre lui, dénonçant un procès politique. «Je suis poursuivi pour avoir incarné une alternative démocratique», a-t-il déclaré à la barre.

Gabin .Goubiyi

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