Après avoir perdu le contrôle de son parti politique « Les démocrates » dans le cadre de la Présidentielle du 11 avril 2021, l’ex-président Yayi Boni s’en remet à l’Union africaine (Ua). Dans un post sur sa page Facebook samedi 27 février 2021, il propose à l’institution continentale d’initier aux chefs d’Etat des réformes pour la convergence constitutionnelle et électorale afin de servir de normes et de références communes pour les Etats.

L’ancien président, Yayi Boni, ne rate plus aucune occasion pour s’immiscer dans la vie politique béninoise. Non pas qu’il n’en n’a pas droit. Pas du tout. Mais depuis les Législatives de 2019, sa démonstration au marché de Dantokpa, et les 52 jours d’assignation à domicile à lui infligés, il aurait pu tirer les leçons de sagesse qui s’imposent. Et en profiter pour revoir dans le fond, comme dans la forme, le niveau de ses interventions. Mais, visiblement, c’est mal connaître le personnage.  Il vient de fendre une tribune sur sa page Facebook, tribune reprise par Jeune Afrique. L’ex-président y constate que les processus électoraux sont de plus en plus « non inclusifs, non équitables et non transparents ». Il ajoute être  préoccupé par les tensions électorales et la pandémie de Covid-19 qui prennent de l’ampleur en Afrique. Pour l’ancien président de l’Union africaine, il s’agit d’une situation très préoccupante. C’est pourquoi, il  invite l’Union africaine à agir. « Je voudrais demander respectueusement à cette institution dont le leadership doit être renforcé, d’initier à nos chefs d’Etat des réformes pour la convergence constitutionnelle et des processus électoraux pour servir de normes et de références communes pour nos Etats », écrit-il. Pour lui, les réformes pour la convergence constitutionnelle et électorale passeront par le renforcement des mécanismes et instruments juridiques. Il évoque entre autres le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), la cour africaine des droits de l’homme (Cadhp) et les normes internationales. Il estime que tout cet arsenal mérite d’être revisité, avec pour but de  mettre fin à la destruction des sociétés communes pour cause de gouvernance électorale. « De l’Afrique australe et centrale en passant par les Grands Lacs, l’Afrique occidentale, les conflits, anté et post électoraux ont causé deux fois plus de morts, de réfugiés et de dégâts matériels que le Covid-19 au cours des deux dernières années », ajoute l’ex-chef de l’Etat. A beau mentir qui vient de loin. En effet, ce sont de très belles propositions sur papier. On lui fera simplement remarquer que tout commence par le respect des lois de son propre pays. Il aurait pu aider, par exemple, son parti « Les démocrates », à obtenir les parrainages pour participer à la Présidentielle du 11 avril prochain au Bénin.  Un des vice-présidents du parti les a eus, mais, comme d’habitude, habité par son impétuosité, l’ex-président de la République a jeté son dévolu sur une dame, conseillère d’un autre chef d’Etat, et qui, à ce titre, ne pouvait pas faire l’unanimité dans le parti. Mais, là n’est pas le réel enjeu du débat. Est-ce que les dix années qu’il a passées au pouvoir, Yayi Boni s’est montré démocrate ? A-t-il essayé de mettre sa gouvernance sous l’autorité des lois?  Le K.o de 2011 proclamé par une Cour constitutionnelle à sa botte, était-il « inclusif, équitable et transparent »? Les nombreuses casseroles et ardoises laissées par le régimeYayi peuvent être interprétées comment ? On se rappelle comme si c’était hier, comment les chars et les militaires ont envahi Porto-Novo le jour où Yayi2 prêtait serment. La mémoire est sélective, et nous joue parfois des tours. Certains sont amnésiques. Mais au vu de sa gouvernance scabreuse, lunatique et clanique, l’ancien président Yayi Boni n’est pas un bon modèle et n’a de leçons à donner à personne. Car, ces leçons de bonne gouvernance et d’élections transparentes et équitables devraient être appliquées par lui-même. Simple charité bien ordonnée.

 

Jean-Paul Mahugnon

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