Le député Marcellin Ahonoukou est déterminé à mettre un terme au calvaire des populations de Ganhi à Cotonou et de Sèkandji qui subissent les effets de la pollution par les cimenteries. Il a adressé des questions orales au gouvernement auxquels le ministre du Cadre de vie et du développement durable a apporté des réponses à la plénière d’hier jeudi 24 juin 2021.

La qualité de l’air et des sols ont pris un coup à Ganhi et Sèmè-Podji à la suite de l’implantation des cimenteries de Xwlacodji dans le 5ème arrondissement et à Sèkandji dans l’arrondissement d’Agblangandan. Pour corriger le tir, le député Marcellin Ahonoukou a interpellé le gouvernement à travers des questions orales car pour lui, il est inconcevable d’implanter ces usines de production de ciment dans des villes où résident les populations. Il a indiqué que plusieurs de ses amis proches sont morts des suites de la pollution provenant des déchets toxiques de ces cimenteries et que le gouvernement doit prendre des mesures drastiques pour finir avec cette pratique qui perdure. Face aux députés hier, le ministre du Cadre de vie et du développement durable a apporté les réponses appropriées. Selon José Tonato, les faits évoqués à l’exception des cas de maladie ont été aussi observés par le gouvernement. En effet, les plaintes des populations en l’occurrence celles de Sèkandji, ont alerté les services de l’Etat qui se sont déplacés pour faire le constat. Par quel moyen, le gouvernement entend corriger cette maldonne qui n’est pas de nature à optimiser l’impact de l’investissement massif au Bénin et à améliorer le cadre de vie dans les deux villes ?

La solution déjà trouvée

La solution est déjà trouvée. La preuve, la correction de cette maldonne a déjà commencé pour garantir aux populations de ces deux villes, un meilleur cadre de vie. En effet, le gouvernement à travers les directions départementales du cadre de vie et du développement durable de l’Ouémé et du Plateau puis de l’Atlantique et du Littoral, et l’Agence béninoise pour l’environnement (Abe) ont multiplié les audits environnementaux et des inspections environnementales en direction de ces usines cimentières. Chacun de ces outils de gestion de l’environnement et plus précisément du contrôle de l’environnement a permis de faire des recommandations précises dont un suivi régulier est effectué afin de réduire les impacts négatifs environnementaux et sanitaires. Il est en outre envisagé la délocalisation da la société de ciment du Bénin de Ganhi. Ce processus de délocalisation de cette société a commencé depuis 2003 par le relevé du Conseil des ministres du 12 juin 2003. Par ailleurs, la décision de la Cour constitutionnelle, Décision Dcc 03-045 du 24 mars 2009 a précisé que l’implantation et l’exploitation de la Scb dans la zone commerciale de Ganhi constitue une violation de l’article 27 de la Constitution. Ainsi, il est donc prévu la délocalisation de toute l’unité de transformation de Ganhi d’ici le 20 juin 2022. Le Conseil des ministres du 20 juin 2021 a entériné la décision. Quant à la société Cimbénin, les actions du Ministère du cadre de vie sont allées d’abord vers la société contre laquelle se plaignent souvent les populations. Des différentes investigations menées par les services techniques, il ressort que la société Cimbénin est une unité de production qui s’efforce de respecter les normes environnementales au Bénin et à l’international. Mais elle n’est pas arrivée à atteindre ces objectifs à Sèkandji. Elle se doit donc de mettre un terme à la poussière produite au niveau de la bande de l’unité de chargement de matière première clinker (déjà réalisée). En cas de non-respect des engagements, le gouvernement se verra obliger de surseoir aux activées de la société jusqu’à la recherche d’une solution définitive.

Martial Agoli-Agbo (Corresp. Ouémé-Plateau)

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