3,8% de croissance économique en 2020 malgré la crise sanitaire du  Covid 19 qui a impacté négativement l’économie mondiale. L’annonce a été faite par l’Institut nationale des statistiques et d’analyse économique (Insae) à travers une note d’information publiée sur son site internet il y a quelques semaines.  Que comprendre de cette croissance économique et est-ce que ces résultats ont été attesté par les institutions économique régionales et internationales ? Voici quelques  précisions de Raïmi Essessinou, directeur des statistiques et études économiques à l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae).

Comment se justifie selon vous la performance de l’économie béninoise malgré le Covid ?

 

Raïmi Essessinou: Quand on analyse le contexte mondial de la crise du Covid, c’est surtout le secteur tertiaire qui a été touché. Mais il n’y a pas que ce secteur au pays qui tire la croissance vers le haut. Il y a un paquet de mesures qui a été mis en œuvre jusqu’à ce que la crise ne soit maitrisée. Il y a eu des mesures de portée générale qui ont consisté à prendre en charge les frais d’électricité pour une certaine catégorie d’entreprises pour trois mois. Ce qui a permis de renforcer leurs capacités de financement pour pouvoir reprendre l’activité économique. Il y a également les transferts effectués au profit des entreprises artisanales qui ont été touchées par la crise. Toutes ces actions coordonnées avec une bonne stratégie de communication, ont permis de renforcer la croissance. Il y a eu également la prise en charge à  hauteur de 70% des salaires des agents hôteliers. Ils ont pu garder leurs employés.

 

L’économie béninoise fait donc exception dans la sous-région ?

 

Il ne faut pas minimiser la capacité de résilience de notre  économie, puisque depuis 2016 la dynamique a changé. Plusieurs réformes ont été engagées par le régime Talon depuis 2016. Ce qui a permis d’assainir les finances publiques. Plusieurs projets ont été aussi mis en œuvre pour insuffler une dynamique à la croissance économique. Donc, la performance de l’administration publique a permis d’engranger quelques points de croissance. Le secteur éducation a subi quelques réformes aussi, avec la construction de plusieurs infrastructures. Dans l’espace Uemoa, on avait prévu que l’ensemble des pays devait avoir une croissance qui se situerait à 0,7%, mais à l’atterrissage au Bénin on a 3,8 ; largement donc au-dessus de cette moyenne-là. Dans le reste des pays on observe que le Burkina-Faso est en tête avec 2,5% de croissance, suivi par la Côte-d’Ivoire et le Togo, à 1,8%, le Sénégal avec 1,5 et le Niger 1,2.

 

Dites-nous en mots simples ce que sait que la croissance

 

La croissance se manifeste  par une augmentation significative et durable de la richesse nationale. C’est-à-dire la production de biens et de services. Cette variation positive se mesure encore par l’évolution annuelle de l’indicateur qu’on appelle Produit intérieur brut (Pib). Le Pib peut aussi être évalué en monnaie constante pour pouvoir éviter l’effet d’inflation. La croissance économique génère des recettes fiscales plus élevées  et il n’est plus nécessaire de faire recours à des dépenses qui permettent l’allocation du chômage. Ça permet aussi d’éviter les emprunts de l’Etat.

Transcription: La rédaction/ Source: Océan Fm

 

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