Le sujet relatif à la proposition du parrainage par la Commission Gnonlonfoun à laquelle avait appartenu Joël Aïvo est évoqué dans la presse et sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Les Béninois s’attendaient à ce que l’ancien doyen de la Faculté de droit et de science politique (Fadesp) puisse opiner sur la question dimanche 24 janvier 2021 sur l’émission « Ma part de vérité » de Golfe Tv avec des arguments solides. Contre toute attente, l’universitaire a effleuré la question.

Il n’a pas convaincu. Le président du mouvement « Le Rassemblement » qui, dans un passé pas trop lointain, a opté pour le parrainage des candidats à l’élection présidentielle dans la Commission Gnonlonfoun n’a pas pu dire aux Béninois pourquoi il conteste aujourd’hui ce choix pour lequel il avait donné sa caution. Aussi bien la Commission Gnonlonfoun sous Yayi Boni que celle Djogbénou sous Patrice Talon, Joël Aïvo avait approuvé l’expérimentation du système comme c’est le cas dans des pays africains et du monde. Mais curieusement, depuis que l’universitaire a commencé par nourrir l’ambition présidentielle, il a remis en cause ce que ses commissions ont proposé et refuse de porter la responsabilité du parrainage. Pour se justifier, le constitutionaliste a avancé des arguments peu convaincants. Il n’est pas allé dans le fond du sujet. Tenez ! « Je vous disais dans mon propos que j’essaie de construire dans ma démarche et dans ma présence dans l’espace public, une forme de rectitude. Je mets quiconque au défi depuis 2006 que je suis dans l’espace public, de rapporter des propos contradictoires mais attentatoires à la morale. Il n’y en a pas. J’ai été membre de la commission Gnonlonfoun comme beaucoup d’autres. Nous avons fait un certain nombre de propositions au président Yayi Boni qui n’ont pas abouti. J’ai été rapporteur général de la dernière commission qui a été mise en place par le président Talon. Là aussi, nous avons fait des propositions mais je n’ai pas hésité une fois que j’ai constaté que ces propositions qui ont été reformulées au goût du gouvernement me paraissait présenter des dangers à la démocratie, à le faire savoir », a déclaré le professeur titulaire de droit public à l’Université d’Abomey-Calavi. De façon concrète, l’invité du journaliste Alassane Sanni a abordé superficiellement le sujet sans dire pourquoi il remet aujourd’hui en cause un système qu’il a pourtant proposé. Au regard de cette déclaration de l’ancien doyen de la Fadesp, on remarque aisément que ce n’est plus Joël Aïvo le constitutionaliste qui parle désormais mais le politique qui veut briguer la magistrature suprême. Rêver, c’est son droit le plus absolu. Mais il faudra y mettre de la mesure pour ne pas être en contradiction avec les aspirations actuelles du peuple béninois.

 

Abdourhamane Touré

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