Le gouvernement du président Patrice Talon ne prive aucun secteur de son pragmatisme légendaire afin de révéler  le Bénin au monde. Dans le domaine de l’agriculture,  il n’a pas dérogé à  la  règle.  Au regard de  l’importance capitale  de ce  secteur dans l’économie nationale en général et sa contribution au produit intérieur brut (Pib) et à la création d’emploi en particulier, il   a mis en place  le  recensement national de l’agriculture.  Un outil qui a pour vocation de faire de l’agriculture, le principal levier du développement économique du Bénin.

Les différentes phases du Rna

Le Rna comme précisé ci-haut est en train d’être réalisé en deux grandes phases. La première a débuté avec la campagne agricole 2018-2019. La seconde est actuellement en cours. A suivre l’ingénieur agronome Abdoulaye Chabi Issa Chabi, directeur départemental de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Ddaep) de la Donga, au cours d’un point de presse en qualité de président du bureau départemental du Rna en décembre 2018, l’opération  se  réalisera  avec une approche modulaire pour prendre en compte les spécificités de l’agriculture béninoise et les lignes directives du programme mondial du recensement de l’agriculture 2020 de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao).  Elle est répartie en deux modules. Il s’agit du module de base et des modules complémentaires. La première étape qui consiste en un dénombrement exhaustif des ménages, porte sur un nombre restreint de rubriques. Cette étape permettra de disposer au niveau des unités administratives, des données clées, sur la structure organisationnelle des exploitations agricoles, notamment sur la taille des exploitations, les utilisations des terres, les modes de faire-valoir. Ce module va permettre aussi de connaitre l’effectif du cheptel, l’utilisation des machines agricoles et le nombre d’exploitations pratiquant chaque type de cultures, d’élevage et de pêche. Autrement dit, pour se placer en 2021, les différents agents recrutés ont eu pour mission de rencontrer les agriculteurs, les élus locaux à leurs domiciles, pour remplir avec eux les questionnements retenus pour la première phase de l’opération, celle consistant à dénombrer les ménages. Cette première étape permet  ainsi de disposer au niveau de petites unités administratives, des données-clées sur la structure organisationnelle des exploitations agricoles, notamment sur la taille des exploitations, les utilisations des terres, les modes de faire-valoir, l’effectif du cheptel, l’utilisation des machines agricoles et le nombre d’exploitations pratiquant chaque type de culture, d’élevage et de pêche. Quant aux modules complémentaires, il est question d’effectuer par sondage, immédiatement après le module de base, pour fournir des données structurelles plus détaillées ou des données, qui ne sont pas nécessaires au niveau des plus petites unités administratives, notamment les cultures végétales, l’élevage, la pêche, l’aquaculture, l’horticulture, la population agricole, le suivi des indicateurs des objectifs pour le développement durable (Odd). A cet effet, plusieurs enquêtes spécifiques sont prévues  sur les rendements et productions des cultures annuelles et pérennes, le maraîchage et la production de contre saison, la pêche continentale et maritime ainsi que la production aquacole. Cette 2ème phase,  se penche également sur la production animale, le compte d’exploitation, les revenus agricoles, les stocks et pertes post-récoltes, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, les mesures et l’analyse de la pauvreté des ménages agricoles.

 Les  ateliers préalables au premier recensement

 La collecte des données agricoles mérite assez de technicité de la part des formateurs et des agents qui  vont sur le terrain. Pour cela, la Direction de la Statistique Agricole du MAEP a tenu divers ateliers.  Les 2 et  3 novembre 2017, une  table ronde des producteurs et utilisateurs  des statistiques agricoles a été organisée  à l’Infosec de Cotonou par la Fao et le Maep. Après l’ouverture des travaux par les Dc /Maep, et  du Ministère du plan,  les présentations ont commencé par celles de l’Insae, Fao et sont suivies de celles d’autres structures présentes.  Au cours  de  la  rencontre, le nouveau ministre de l’Agriculture  Gaston Dossouhoui a dit sa  volonté de voir le Rna se réaliser. Il a promis de se battre pour son aboutissement.  A la suite de  la table ronde,  une rencontre entre les  Directeurs

départementaux  de l’agriculture, de l’élevage et de la  pêche (Ddaep) Ddaep accompagnés de leurs cadres du service statistique et la  Direction de la statistique agricole Dsa  a eu lieu le 24 avril 2018.  Le point de la mise en œuvre des  Esa  (Enquêtes statistiques agricoles) pour le compte de la campagne agricole 2018-2019, dans les Ddaep et le partage des informations sur le Rna, ont constitué  le menu des échanges. Au cours de la séance, les Ddaep ont fait le point de la mise en œuvre  des Esa dans leur département respectif. Les difficultés soulevées ont fait l’objet de recommandations à l’endroit de l’autorité pour  des décisions. Quant au  Rna, le Dsa a fait un exposé qui résume les grandes étapes, l’utilité ainsi que les différents organes du recensement. Les débats qui ont suivi la présentation ont permis à chacun dans l’assistance de prendre connaissance du rôle qui est le sien dans la mise en œuvre du Rna.

 Toujours dans la droite ligne de maîtriser les données avant le Rna,  une formation des cadres en charge des Services agricoles au niveau des Ddaep,  Atda,  Ane,  sur les documents de méthodologie de collecte de données  pour les cultures annuelles du 29 mai au 1er juin 2018 a été organisée par la Dsa avec l’appui financier de Pada-Fa.  A cette activité, le Coordonnateur du Procad, après avoir dit sa satisfaction de voir le Procad contribuer au renforcement des capacités des cadres en statistique du secteur agricole,   a exprimé la volonté de l’organisme d’accompagner chaque fois la collecte des données du secteur pour de meilleurs résultats.

Ces différents ateliers  ont servi à baliser le terrain, ce qui a favorisé le lancement  de l’opération sans anicroche en  juin 2018 et le recrutement   en août 2018.  Une fois la phase de recrutement en ligne achevée  le 09 août, il  a été procédé,  les 20 et 21 septembre 2018 à  la validation, à l »Infosec de Cotonou,  du  document de la stratégie globale du Recensement national de l’agriculture.   Un document référentiel qui a permis de faire  le travail  du recensement qui est aujourd’hui dans sa phase complémentaire.

En prélude au recensement complémentaire

Une session de formation des formateurs dans le cadre des modules complémentaires du Recensement national de l’agriculture (Rna), comptant pour la campagne agricole 2021-2022 a eu lieu le  jeudi 10 juin 2021 à l’hôtel Miracles à Bohicon. A l’assistance, le ministre Gaston Cossi Dossouhoui a rappelé à l’assistance que la  formation des formateurs apparaît comme un creuset supplémentaire pour renforcer les  aptitudes.» Je vous invite donc à écouter religieusement les modules préparés par les formateurs expérimentés, à simuler en milieu réel la mise en œuvre des différents questionnaires et à vous approprier le mieux possible les contenus des différents manuels », a-t-il laissé entendre. Selon le Directeur des statistiques agricoles, Alexandre Biaou, cette opération de collecte, la dernière du processus Rna , n’est pas la moins importante. Elle vient, a-t-il précisé, compléter les données de structure collectées lors du module de base en fournissant des statistiques détaillées sur les maillons production, transformation et commercialisation des chaînes des valeurs des principales filières de production animales, végétales et aquacoles. Elle permettra ainsi, a ajouté Monsieur Biaou, d’établir de nouvelles références et dévaluer au mieux la valeur ajoutée dans le secteur agricole.   «En prenant les rênes de la commission nationale de supervision il y quelques mois, mes collègues commissaires et moi avions pris l’engagement de poursuivre cette si belle et utile œuvre qu’est le Rna en accompagnant le bureau central dans la résolution des contraintes qui se dresseraient en cours de route », a promis Alastair Alinsato.

Bienvenue Agbassagan

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