Le  secteur de l’artisanat  n’échappe pas aux réformes  du gouvernement de Patrice Talon. Ainsi, il a inscrit dans son Pag 2016-2021 au pilier 2, axe stratégique 4, action 16 d’« accompagner, former et professionnaliser les artisans ». Pour atteindre cet objectif de réorganisation de l’artisanat, la condition sine qua non  retenue est  le recensement des artisans.

L’artisanat occupe la troisième place en termes de contribution au Pib (12%)  après l’agriculture et le commerce au Bénin. Le monde  artisan représente près de 50% de la population active et environ 52% des unités économiques. Ce secteur apparaît comme une source potentielle de création de richesse et d’emplois mais reste  encore peu développé malgré le fait qu’il dispose d’importants avantages comparatifs et les artisans (menuisiers, couturiers, techniciens du bâtiment, dépanneurs, photographes, mécaniciens, électriciens, zémidjans, potiers, etc.) représentent le second corps social le plus important du pays. La majorité de ces artisans opèrent dans le secteur informel souvent avec des moyens rudimentaires. De façon spécifique, la situation économique et sociale des entreprises artisanales et des artisans en 2016 était marquée, entre autres, par des difficultés d’accès aux équipements et outillages de production et de transformation ; des difficultés d’accès aux financements adaptés, aux marchés porteurs y compris l’accès à la commande publique ; une structuration fragile et peu représentative des faitières de l’artisanat que sont l’Union des chambres Interdépartementales de Métiers du Bénin (Ucimb) et la Confédération nationale des artisans du Bénin (Cnab). Face à ces maux qui minent ce secteur pourtant pourvoyeur d’emplois, le gouvernement de Patrice Talon a décidé d’accompagner, former et professionnaliser les artisans. Dans cette vision, le pouvoir en place a manifesté la volonté de faire de l’artisanat un des leviers de développement de l’économie nationale. Elle  s’est traduite en quelques principales priorités gouvernementales à savoir : prendre en compte l’Artisanat à la mesure de son poids socio-économique, assurer une véritable représentation des artisans auprès des Pouvoirs Publics par la mise en place de la Cma-Bénin, mettre en œuvre de façon effective les prescriptions du Code Uemoa de l’Artisanat, augmenter la capacité globale des artisans en faisant une cible privilégiée du Projet Arch- Formation. Pour la mise en œuvre de la réforme de réorganisation de l’artisanat, l’une des premières conditions est de disposer d’un système d’information actuel et fiable sur les acteurs de l’artisanat. Pour cela, le Gouvernement a autorisé l’organisation du 27 février au 12 mars 2019 d’un recensement national initial des artisans (Rn Artisans). Ce recensement se distingue du Ravip précédemment organisé. L’opération du Rna ne concerne que les artisans  mais celle précédemment organisée dans le cadre du Ravip concernait toute la population en général.  De façon précise, il est question à travers cette opération du Rna de disposer d’informations complémentaires entre autres, sur leur statut professionnel, leur milieu professionnel, leurs conditions de travail, leurs besoins en renforcement de capacités techniques et matérielles. Tout ceci n’avait pas été pris en compte au cours du Ravip.

Tout artisan exerçant dans l’un des 311 métiers retenus par la nomenclature des métiers artisanaux est concerné par cette opération de recensement. La nomenclature des métiers contient le répertoire des métiers artisanaux adoptés par décret N°176 du 24 mars 2017 en République du Bénin. Elle comprend 311 métiers de l’artisanat regroupés en 40 corps de métiers et en 08 branches d’activités. Certaines catégories d’artisans ne sont pas concernées par le Rna. Il s’agit des apprentis,   les ouvriers, les employés salariés.

En prélude  au  premier recensement

Dans le souci de réussir la mission, l’Anip a effectué des activités à savoir : la conception du logiciel de collecte de données, la conception et Edition des formulaires Rn Artisans, l’imprégnation des équipes de sensibilisation, la mission de sensibilisation des artisans, la présentation du logiciel Rn Artisans, la  formation des formateurs, la  formation et répartition des agents recenseurs et relais artisans, le déploiement des kits et formulaires sur toute l’étendue du territoire, le rapatriement des kits et formulaires, le traitement de données, la génération de la liste électorale des artisans par le biais de l’Agence nationale de traitements.

Par ailleurs, à la veille  du recensement des artisans, Johanot Amouzou, président de la Confédération nationale des artisans du Bénin, a expliqué  à ses pairs, le bien-fondé  de l’opération sur la chaîne de télévision nationale.  A  le suivre, le secteur de l’artisanat croupit sous le poids  du  manque de formation, d’accès au crédit, d’assurance maladie et assurance retraite.  Ces propos ont été renchéris par  Soufiyano Imorou, président de l’union des chambres interdépartementales des métiers du Bénin,  qui a relevé le caractère salutaire et consensuel du recensement.    Il  indique que l’opération entre dans le cadre de la modernisation et de la formalisation des chambres de l’artisanat. Elle permettra d’évaluer les besoins  des artisans en termes de renforcement des capacités humaines et d’appui aux microcrédits. C’est une immatriculation qui permet  de savoir le nombre exact d’artisans au Bénin et d’établir un fichier national et un registre biométrique des artisans qui servira lors de l’élection des membres de la chambre consulaire de l’artisanat. A terme, les artisans recensés disposeront d’une carte professionnelle à multi-fonctions qui est  également une  carte d’identité. La carte disposera d’une puce qui renferme des informations personnelles de l’artisan. Ce précieux sésame permettra d’avoir accès aux marchés publics. Elle sera homologuée dans l’Uemoa. Donc, les artisans béninois peuvent s’installer ou bénéficier des marchés publics dans les huit pays de l’Uemoa. Grâce à cette carte, les artisans auront accès aux crédits, à la formation et à l’assurance maladie.

Le recensement  complémentaire

Le Conseil des ministres du 14 juillet 2021 retient que le  premier recensement avait déjà été organisé, du 23 février au 12 mars 2019 et a permis de recenser 241.029 artisans. Mais, conscients des avantages qu’offrent les réformes en cours, notamment les formations prévues dans le cadre de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), des artisans qui souhaitent en avoir également le bénéfice, ont plaidé pour un recensement complémentaire aux fins de la prise en compte de l’ensemble des acteurs du secteur. Accédant à cette doléance, le Gouvernement a autorisé l’organisation dudit recensement qui se déroulera sur quinze jours pour permettre l’identification des artisans de façon plus exhaustive ainsi que la collecte des informations professionnelles nécessaires à leur inscription au registre biométrique.

(Suite dans la prochaine parution)

Bienvenue Agbassagan

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