« Je ne vois pas pourquoi il faut faire des assises. Il n’est pas à souhaiter  qu’on fasse des assises pour que tout le monde parle de la même voix », le président Patrice Talon, dimanche 11 avril 2021 après avoir exprimé son droit de vote. Il répondait ainsi à la frange de l’opposition qui lui réclamait à cor et à cri des assises nationales ou un dialogue national.

La logique de l’opposition est d’aboutir plus ou moins à une Conférence nationale bis, semblable à celle de 1990 qui permettrait peut-être de tout mettre à plat, et de remettre en cause l’ordre constitutionnel établit. Selon beaucoup, ce serait une manière politique habile d’obtenir ce que l’opposition politique n’arrive pas à obtenir jusque-là par les urnes. Mais,  Patrice Talon a vu venir le coup et a ainsi refuser d’y donner une suite favorable. Depuis, il est accusé de tous les péchés. Par exemple, intervenant sur une radio de la place lundi 12 avril dernier,  Eugène Azatassou  a estimé que Patrice Talon n’a pas compris le sens de la revendication de l’opposition. Selon lui, la Conférence nationale de 1990, c’était des assises nationales pour définir un cadre de vivre ensemble. Ce «n’a pas créé un terrain propice à l’unanimisme ». Pour lui, l’opposition va continuer de réclamer les assises nationales, de sensibiliser le peuple sur la nécessité d’une assise nationale pour réfléchir aux grands problèmes de la nation. Son refus « prouve que le président Talon n’a pas compris l’esprit de la Conférence nationale ou n’a pas accepté l’esprit de la Conférence Nationale », a-t-il ensuite ajouté. Ces assises nationales réclamées par l’opposition ne sont pas nécessaires selon Me Rufino d’Almeida, membre du Bloc républicain (Br). Pour lui, il n’y a rien qui pourrait justifier de telles assises,  parce que le pays n’est pas en guerre. Reçu sur  Esae Tv, le maire de Bohicon compare l’opposition à « un animal agonisant ». « Permettez que lorsqu’un animal est agonisant, il puisse pousser son dernier cri qu’on appelle halali. C’est leur droit », a-t-il déclaré. Dénonçant le piètre bilan des années Yayi, il a botté en touche les récriminations de l’opposition radicale contre le régime de Patrice Talon. « Ils doivent pouvoir exprimer leurs opinions…Je me battrai pour que l’opposition puisse exprimer sa différence », a-t-il assuré. Avant d’ajouter, le Bénin a plus reçu de Talon en 5 ans que de Boni Yayi en 10 ans.

 

Wilfrid Noubadan

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