Auteur du recours en inconstitutionnalité conte le principe du parrainage, Dr Nadin Tayéwo Kokodé a confié que sa réelle motivation était de tester l’habileté de la Cour constitutionnelle à répondre à des questions qui sont plus ou moins épineuses. Il était dimanche 10 janvier 2021, sur l’émission « L’entretien » de la chaîne de télévision E-Télé. 

La Cour constitutionnelle a fait un bon travail. C’est du moins ce que pense le président du mouvement « Encore ». Selon Dr Nadin Tayéwo Kokodé, les Sages de la Cour constitutionnelle ne pouvaient faire autrement que de se déclarer incompétents. « Aujourd’hui, c’est une bonne décision pour nous. Quelque part elle a raison. La première chose qui me fait dire qu’elle a raison c’est que c’étaient des recours corsés. C’est bien rédigé. Nous ne sommes pas juristes, mais il fallait saisir la portée de ces recours et ne pas les traiter de façon politique. Ce que la Cour n’a pas su faire », a-t-il diagnostiqué. L’autre raison qui a son avis a contraint la haute juridiction à ne pas aller dans le fond du recours est le fait que dans la même période, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a rendu une décision demandant au Bénin de revenir à la Constitution du 11 décembre 1990. « Cela corse le travail, parce que si la Cour constitutionnelle se prononce sur le contenu, elle est obligée de se prononcer par rapport à la Constitution de 1990, puisque la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples fait partie intégrante de la Constitution du Bénin. Elle s’impose à nous comme une Charte supérieure à notre Constitution », a-t-il informé. Par ailleurs,  Dr Nadin Tayéwo Kokodé a confié qu’il ne conteste pas le principe du parrainage. Selon invité de l’émission « L’entretien » de la chaîne de télévision E-Télé, c’est une pratique qui a cours dans d’autres pays. Seulement, au Bénin le système ne tient pas compte de la réalité. A l’en croire, il oblige à aller chercher le parrainage chez quelqu’un avec qui on n’est pas en association. Or,  la loi 1901 a consacré la liberté d’association. « Le parrainage empêche la liberté d’association. Je doute que les élus actuels me donnent leurs parrainages, puisqu’ils appartiennent à un régime. Je ne mets pas en doute la probité de chacun d’eux. Je mets en doute la franchise du système », a-t-il justifié. Pour l’invité du journaliste Angèle Toboula, l’une des failles du système en place est qu’il n’y a pas de disposition législative qui contraint les élus à parrainer. « Nous sommes en matière politique. Il n’y a rien qui contraigne les élus à donner de parrainage. Ils peuvent s’abstenir. Sur les 159 élus, si aucun d’eux ne veux pas donner de parrainage, il n’y a aucune disposition légale qui les y contraigne. Vous ne pouvez rien leur faire. Et si les 159 décident d’aller tous vers un seul candidat, vous ne pouvez rien leur faire non plus », a-t-il fait observer.

 

Joël Samson Bossou

 

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