Le chef de l’Etat a rencontré jeudi 8 octobre 2020 au Palais de la Marina les partenaires sociaux sur l’augmentation du quota horaire des aspirants du secondaire. A cette séance qui a permis d’aplanir les divergences, les secrétaires généraux de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin), Anselme Amoussou et de la Confédération des organisations indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin), Noël Chadaré, ont suggéré au président de la République, l’augmentation des salaires des travailleurs avant la fin du mandat au regard de l’environnement socioéconomique actuel. A cette doléance, Patrice Talon a opposé une fin de non recevoir au vu des déficits de personnels de base dans les secteurs de l’enseignement et de la santé et surtout pour éviter de verser dans le populisme.

Le président de la République ne veut pas tomber dans le piège du populisme de fin de mandat. Patrice Talon l’a martelé aux responsables de 6 Centrales et Confédérations syndicales qui ont voulu savoir si dans le projet du Budget général de l’Etat (Bge) 2021 transmis à l’Assemblée nationale, le gouvernement a prévu l’augmentation des salaires des travailleurs dans le cadre de la prospérité partagée et de l’environnement socioéconomique marqué par la crise sanitaire liée au Covid-19. Pour l’actuel locataire du palais de la Marina, la priorité se trouve dans la satisfaction des déficits de base dans l’enseignement et la santé et non l’augmentation des salaires. « Le moment est en train d’arriver mais n’est pas encore là. Le complément budgétaire concernant les travailleurs, si nous avons plus de marge financièrement pour le faire, j’ai dit plusieurs fois que nous allons d’abord combler les déficits dans l’enseignement et la santé en recrutant au maximum pour satisfaire prioritairement les besoins de base », a confié Patrice Talon. A ce propos, il a été fait remarquer que le gouvernement n’est pas « loin d’avoir les moyens de satisfaire les besoins des enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur ». En ce qui concerne le secteur de la santé où le déficit de personnel se fait aussi ressentir, le chef de l’Etat a annoncé que fin 2020, début 2021, un grand coup sera marqué dans les recrutements pour satisfaire les besoins. Une fois ces déficits de base comblés, les salaires des travailleurs pourront être améliorés. « Chaque fois qu’il y aura un petit plus, ce sera pour améliorer les revenus, les salaires des travailleurs », a promis Patrice Talon. Mais à l’étape actuelle des faits, « nous commettrons une erreur monumentale en laissant autant de déficits de personnel dans ces deux domaines et qu’au même moment, nous vous augmentons les salaires », a subtilement relevé le président Talon. Toutefois, « L’augmentation pourrait intervenir dans quelques mois, un ou deux ans maximum mais nous ne sommes pas loin », a rassuré le président de la République.

« Je voudrais être apprécié sur le bilan global »

Répondant à la doléance du secrétaire général de la Cosi-Bénin, Noël Chadaré, qui a insisté sur le fait qu’il faille faire une augmentation salariale symbolique avant la fin des cinq ans du Nouveau départ, « Je vais tout gâter si je fais cela », a répondu Patrice Talon, tranchant avec toute volonté populiste. Pour le chef de l’Etat, cet acte sera interprété diversement par la population. « On va dire que c’est un populiste », a fait savoir le président de la République qui a précisé que chaque fois qu’il agit, c’est dans l’intérêt général et supérieur de la construction de la Nation et non parce qu’il a envie d’avoir un mérite, ou qu’il veut qu’on l’adule parce qu’il a posé un acte particulier. « Je voudrais être apprécié sur le bilan global et non sur une action d’un jour juste pour faire plaisir », a souligné Patrice Talon qui n’a pas manqué de relever la pertinence de la doléance du leader syndical. « Malheureusement, nous ne pouvons que partager ce que nous avons. C’est pour cela que je vous prie d’être porteur de cette dynamique globale qui est de relever les besoins fondamentaux de base », a conclu Patrice Talon avec l’allégorie de la consommation de la dinde tous les dimanches alors qu’il y a possibilité de pendre de petits poissons pour économiser et s’offrir une maison.

 

Serge Adanlao

 

 

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