Finie la disette en informations agricoles dans laquelle le Bénin a végété  depuis des décennies. Le statut de   mauvais élève de l’Uemoa qu’affichait le Bénin en matière agricole est désormais derrière lui. Lancé le vendredi 22 juin 2018 dans la Commune de Tori-Bossito  en présence  du  ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui, du  maire de Tori-Bossito, Robert Tolégbon, et du Chargé de programme à la représentation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) au Bénin, Jean Adanguidi, le Recensement national de l’agriculture a livré son verdict.

Pour ce qui est de l’élevage non conventionnel, les espèces élevées sont principalement le lapin, l’escargot, le cobaye et l’aulacode. Au regard des effectifs de producteurs et de têtes d’animaux, le lapin s’affiche comme l’espèce dominante dans l’élevage non-conventionnel avec un effectif de 94 005 têtes. Trois (03) des douze (12) départements concentrent les plus gros effectifs de lapins, notamment l’Atlantique (21,16%), le Zou (16,76%) et l’Ouémé (15,49%), soit 53,41% de l’effectif total du pays. L’apiculture est un pan de la production animale qui occupe nombre de Béninois dans tous les départements du pays, à l’exception du Littoral. Il a été ainsi dénombré, au cours du recensement, 5 565 apiculteurs (dont 172 femmes) pour un total de 25 536 ruches. Le département de l’Atacora regroupe le plus grand nombre d’apiculteurs au Bénin (47,24% des apiculteurs). Il est suivi des départements du Plateau (12,92%), de l’Alibori (12,35%), de la Donga (11,14%) et du Borgou (7,51%). Les activités de pêche occupent 49 990 ménages et 3 464 ménages exercent l’aquaculture au Bénin. Près de 60% des aquaculteurs se retrouvent dans le Pôle 7 (Ouémé-Atlantique-Littoral-Mono) ; de même, ce Pôle concentre plus de 75% des ménages pratiquant la pêche continentale. Globalement, 95,39 % des ménages exerçant l’activité de pêche, la pratiquent sur les fleuves, les lacs, les lagunes et les rivières, soit 46 592 ménages tandis que 6,80% d’entre eux exercent l’activité sur l’océan Atlantique (2 306 ménages). Il faut préciser que 1 064 ménages, soit 2% de ces ménages, pratiquent simultanément la pêche maritime et la pêche continentale. Au total, on dénombre 57 501 pêcheurs dont 53 669 pêcheurs qui pratiquent la pêche continentale, 2 360 pêcheurs qui pratiquent la pêche maritime et 1 472 qui pratiquent les deux types de pêche. Enfin, les activités para agricoles sont exercées par 231 904 ménages dans le domaine de la transformation et 210 966 ménages dans le domaine de la commercialisation des produits agricoles. 15% des ménages s’adonnant à des activités para agricoles résident dans le département de l’Atlantique. Les conditions de vie des ménages agricoles et para agricoles ont été appréciées à partir des types de matériaux de construction, de combustibles et de toilettes utilisés, ainsi que la possession de biens d’équipement. Ainsi, les résultats du recensement montrent que 62% des ménages agricoles et para agricoles vivent dans des habitations dont le plancher est en terre, contre 36,09% dans des habitations dont le plancher est fait de ciment, de carrelage ou recouvert de moquette. Pratiquement les mêmes proportions sont observées par rapport aux matériaux des murs extérieurs avec 61,38% des ménages agricoles vivant dans des habitations faites de terre, bambou ou autres matériaux et 36,77% dans des habitations en ciment, brique, pierre avec chaux et autres matériaux. Le bois, les pailles, les résidus de récolte, les branchages demeurent les combustibles les plus couramment utilisés par les ménages agricoles et para agricoles. En effet, les résultats montrent qu’environ neuf (09) ménages sur dix (10) utilisent ces types de combustibles pour la préparation des aliments, contre un (01) ménage sur dix (10) utilisant le gaz, le biogaz, l’électricité et le charbon. Toutefois, la tendance est inversée au niveau du département du Littoral, au vu du caractère urbain que revêt cette partie du pays, et où les ménages agricoles et para agricoles enquêtés sont ceux des sites maraîchers. Le charbon y est le plus couramment utilisé, par 79,55% des ménages agricoles et para agricoles, et le gaz dans une moindre mesure, à hauteur de 5,18%. En ce qui concerne les toilettes, il s’avère qu’environ huit (08) ménages agricoles et para agricoles sur dix (10) ne disposent pas de toilettes appropriées. La plupart des ménages agricoles et para agricoles disposent de postes de radio (64,89%), ainsi que des motocyclettes, bicyclettes, voitures et camionnettes pour leurs déplacements (56,17%). Ainsi, les résultats montrent que six (06) ménages agricoles et para agricoles sur dix (10) possèdent au moins l’un de ces biens. Toutefois, ceux détenant uniquement des bicyclettes ne représentent que 10% de l’effectif des ménages agricoles et para agricoles. Les biens matériels tels que les postes téléviseurs, les Vcd et les Dvd ne sont possédés que par un (01) ménage agricole et para agricole sur dix (10). 

Pour l’élevage conventionnel, l’analyse des résultats liés à l’effectif des éleveurs porte sur huit (08) principales espèces animales. Il s’agit notamment des bovins, des ovins, des caprins, des porcins et des principales volailles, tels les poulets locaux, les poules pondeuses, les poulets chair et les pintades. Les résultats varient d’une espèce animale à une autre, selon les différents départements. En ce qui concerne les bovins, il a été recensé 136 223 éleveurs, concentrés dans les départements de l’Alibori (45,15%), du Borgou (26,67%) et de l’Atacora (13,18%). La répartition par Pôle de développement agricole des éleveurs de bovins, place les Pôles 2 et 4 en tête, dans des proportions respectives de 59,93% et 20,86%. Quant à l’élevage des ovins, il regroupe un total de 272 092 éleveurs avec une concentration dans les départements de l’Alibori (17,77%), du Couffo (17,03%) et du Borgou (13,12%). L’espèce caprine est rencontrée partout au Bénin. L’élevage des caprins occupe 305 611 éleveurs, répartis dans des proportions semblables à celles de l’espèce ovine. Par ailleurs, en se basant sur l’élevage des poulets locaux par exemple, l’élevage de volailles occupe un nombre important d’individus dans tous les départements, avec un effectif total de 588 243 éleveurs, tous sexes confondus.

Les perspectives du Maep

La réalisation du module de base ouvre la voie à la mise en œuvre d’enquêtes spécifiques sur les différents sous-secteurs de l’agriculture, sur les conditions de vie des ménages ruraux et l’économie rurale en fournissant des bases de sondage structurées en zones de dénombrement agricole où sont référencés tous les ménages agricoles et para agricoles du pays. Le Rna se poursuit avec les modules complémentaires sur les secteurs de production végétale, animale, halieutique et pêche, l’analyse de la résilience des ménages agricoles et la production des fermes modernes. En parallèle à la réalisation de ces opérations, le Maep s’attache à asseoir un dispositif permanent de collecte des données statistiques agricoles avec l’appui de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad), la Fao et les autres Partenaires techniqes et financiers (Ptf) du secteur agricole.

 Comprendre le Rna module de base et module complémentaire

« La réalisation du Rna contribuera à mieux évaluer la richesse nationale imputable au secteur agricole et à fournir les données fiables à l’élaboration des politiques de développement agricole et les indicateurs sur les conditions de vie d’une grande partie des ménages du pays », a expliqué le ministre  Gaston Dossouhoui. Mais il faut rappeler que les données actuelles ne sont que celles fournies par le module de base. Il reste le résultat des modules complémentaires. L’opération   se réalise avec une approche modulaire pour prendre en compte les spécificités de l’agriculture béninoise et les lignes directives du programme mondial du recensement de l’agriculture 2020 de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao).  Elle est répartie en deux modules.

(Suite dans la prochaine parution)

Bienvenue Agbassagan

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