Le vendredi 28 janvier 2022, lors d’une sortie médiatique, les leaders syndicaux  ont donné de la voix et formulé des doléances par rapport à la promesse du gouvernement de revaloriser les salaires. Pour eux, le pouvoir d’achat s’est complètement amenuisé ces dernières années, et il va falloir en tenir compte.

Les Centrales et Confédérations syndicales ne veulent pas d’une revalorisation salariale sans impact sur la vie des travailleurs. C’est le principal message qu’elles essaient de donner depuis quelques jours, en réponse à la promesse du gouvernement de revaloriser les salaires. A cette occasion, Anselme Amoussou, Secrétaire général de la Centrale des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), a présenté les résultats d’une étude comparative sur les prix des produits de première nécessité. L’étude basée sur les chiffres dans les six principales villes du Bénin (Cotonou, Porto-Novo, Bohicon, Parakou, Natitingou, Lokossa) a montré une hausse des prix de la plupart des produits de première nécessité entre décembre 2020 et décembre 2021. Toujours selon le résultat des études, le maïs séché vendu au détail a connu une hausse de 25% sur la période. Le prix du gari de 2ème qualité a augmenté de 15%. L’huile de palme non raffinée a vu son prix presque doublé en l’espace d’un an. Le taux d’augmentation est davantage élevé lorsqu’on compare les prix de 2016 à ceux de 2021. Ce pouvoir d’achat se serait davantage érodé  avec les récentes taxes. « L’électricité, l’eau, le loyer ont connu une fiscalité qui était autre. Tout cela agit directement sur le pouvoir d’achat des travailleurs », a ajouté Apollinaire Afféwé, Secrétaire général de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb). Pour les leaders syndicaux, il est important que la hausse annoncée des salaires impacte positivement la vie des travailleurs. « Le salaire doit permettre au travailleur de satisfaire l’ensemble de ses besoins », a indiqué Moudassirou Bachabi, Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), citant l’Organisation internationale du travail (Oit). Dans une sortie sur une radio de la place mardi 4 janvier 2022, Kassa Mampo, Secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), avait indiqué que « ce n’est pas seulement la revalorisation du point indiciaire ou la revalorisation du Smig qui est suggérée. Il y a d’autres aspects qui accompagnent cela et qui permettent d’améliorer le salaire ». Pour lui, le grand écart entre le petit salaire et le grand salaire est l’un des problèmes qu’il faudra corriger. Le Secrétaire général a expliqué que la revalorisation du point d’indice de 50% signifie que celui qui était à 50 000 sera à 75 000. « Le Smig est trop petit. Même 50% ce n’est rien. Il faut aller peut-être à 100% et voir comment faire pour accompagner les différents salaires des fonctionnaires », a-t-il ajouté.

Dialogue

Pour ce faire, les responsables syndicaux ont formulé plusieurs doléances. La première, « c’est que le gouvernement ouvre les négociations sur l’augmentation des salaires ». La seconde exigence concerne l’inflation. Pour Anselme Amoussou, la première recommandation reste l’ouverture des négociations par le gouvernement sur sa volonté d’augmenter les salaires. Il propose ensuite un contrôle des prix sur le marché, la relecture du Code général des impôts, l’augmentation des allocations familiales, la revalorisation des salaires sur une période minimum de 3 années, l’augmentation du Smig et la prise en compte des pensionnés dans la valorisation annoncée. « C’est un pas dans la bonne direction. C’est vrai que c’est une annonce, et qu’on attend encore un contenu. Donc, il faut rester prudent. Le gouvernement nous a fait cette annonce. Maintenant, nous verrons bien quelle est l’enveloppe ? Qu’est-ce qu’on mettra dedans ? Quelle est la proportion que cela va prendre ? Mais je sais qu’on n’a pas employé le mot revalorisation pour rien. On a revalorisé les salaires politiques. On a revalorisé les salaires d’autres travailleurs qui sont venus de l’étranger occuper des postes au Bénin. Donc, j’espère que cette revalorisation de salaires ne va pas être des miettes jetées aux travailleurs », avait déclaré à un media Noël Chadaré, Sg de la Cosi-Bénin. Avant d’ajouter : « Nous attendons vraiment que le mot revalorisation prenne tout son sens dans l’action que le gouvernement veut faire à l’endroit des travailleurs. Il ne s’agira pas de nous donner quelques miettes. On espère que cela va être une revalorisation substantielle qui va permettre aux travailleurs de dire que le gouvernement de Talon fait bien, qu’il ne fait pas dans l’approximation. Nous espérons que ce qui a été fait pour les autres, c’est-à-dire les salaires politiques, sera fait aussi pour les salaires des agents de l’Etat. ».

Wilfrid Noubadan

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