Rose Elodie Noumon est une jeune femme béninoise âgée d’environ 28 ans et résidant en France depuis peu, dans le cadre de ses études. Elle est souvent remontée contre les violences faites aux femmes et aux filles et également la violation des droits humains. Par le biais de l’Université Lumière Lyon 2 où elle est en Master 2 en psychologie sociale appliquée, elle a été sélectionnée pour participer à la promotion 2021 du programme Jeunes ambassadeurs Auvergne-Rhône-Alpes. Une initiative qui a pour vocation de favoriser les relations entre les étudiants étrangers, les entreprises, les institutions et les acteurs académiques de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle a donc candidaté au <<concours des trophées>> du réseau qui consiste à concevoir un projet qui rapproche cette région de la France et les pays d’origine des étudiants étrangers. Au bout de la compétition le mois dernier, Elodie Noumon a été lauréate. Elle explique dans cette interview ses motivations. Lisez plutôt.  

Le Matinal : Vous venez de remporter le premier prix du « Concours des trophées ». De quoi s’agit-il réellement ?

Rose Elodie Noumon : Le premier prix du concours des trophées est un projet associatif qui vise à renforcer l’empowertment des femmes du Nord Bénin par la promotion du textile de la région Auvergne Rhône Alpes. C’est un projet qui a pour but de lutter contre les pratiques sexistes et l’infanticide rituel qui sont effectifs dans cette contrée de mon pays.

Il est vrai que les membres du jury m’ont confié que je les avais époustouflés avec mon projet mais je préfère rester modeste et dire simplement que j’ai remporté le trophée ‘’Coup de cœur’’ du jury.

Qu’est-ce qui vous a motivée à y participer ?

Je suis passionnée de l’humanitaire, d’un monde juste et sans discrimination. Je suis idéaliste. Tout ce qui a trait aux violations des droits humains spécialement ceux des populations vulnérables me captive. Ce qui m’a motivé à participer à ce concours c’est surtout le fait de pouvoir réaliser mon projet. C’est une esquisse qui me tient énormément à coeur. Je ne vis que pour ça. Je fais d’une affaire personnelle l’abus de pouvoir, l’injustice ou les inégalités sociales que je note autour de moi. Lorsque je remarque un être dont les droits sont violés, ça me révolte énormément. C’est comme si c’était envers moi on commettait cette transgression. J’évolue avec la détermination de me battre quel que soit ce que cela me coûtera pour un monde meilleur et juste. Toute vie humaine est sacrée. Nous sommes tous égaux. Les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Je ne supporte pas de vivre dans un monde ou naitre femme devient un crime. Nous n’avons pas choisi d’être de sexe féminin et cela ne doit pas nous porter préjudice et favoriser l’inégalité entre nous et les individus de sexe masculin.

Votre projet porte sur quelle thématique et comment vous justifiez son originalité ?

Mon projet porte sur l’équité genre. Je ne saurai vous dire avec certitude ce qui a justifié l’originalité de mon projet. Tout ce que je peux vous dire est que j’y propose des approches de solutions qui viseront à lutter contre des croyances, des pratiques, des traditions, des faits sociaux qui ne favorisent en aucune manière l’indépendance des femmes du Nord de mon pays le Bénin. Pour moi, le socle ou la base qui constitue une véritable barrière pour l’autonomisation de ces femmes serait plutôt une partie de la culture et de l’éducation. Avant de prétendre sensibiliser des personnes sur leurs droits, il faudrait se pencher sur leurs capacités d’acceptation du changement que l’on veut imbriquer dans leurs habitudes. On ne peut susciter un changement de comportement chez un individu qui n’a pas l’intention de changer ou qui trouve naturel l’abus dont il est victime. Je veux de par mon projet amener ces femmes à etre autonomes et à se sentir légitimes de défendre leurs droits par la confection.

Qu’est-ce qui a retenu l’attention du Jury pour qu’il vous choisisse?

Le volet humanitaire de mon projet, je suppose. Dans mon projet, je parle de comment lutter contre les pratiques sexistes et le meurtre des bébés en optimisant le pouvoir d’agir de celles qui portent en leurs seins ces êtres qui n’ont pas demandé à naître.

Qu’est-ce que vous avez proposé pour renforcer les liens entre votre région Auvergne-Rhône-Alpes où vous résidez et votre pays d’origine, le Bénin ?

La promotion du textile de la région Auvergne Rhône Alpes et l’égalité genre au Nord-Bénin.

Comment analysez-vous l’impact de cette initiative sur les relations entre la France et le Bénin ?

Cette initiative, outre son caractère humanitaire, favoriserait, de part et d’autre le développement économique des deux pays.

Avec ce prix, que comptez-vous faire? Avez-vous d’autres projets académiques et professionnels ?

 Avec ce prix, je suis encore plus déterminée à aller jusqu’au bout de la réalisation de mon projet. Je compte m’en servir pour attirer les regards sur la cause que je défends. C’est pour cela que les membres du jury ont retenu mon projet qui est en adéquation avec la lutte que je mène. Je compte bien l’utiliser comme un bouclier et un atout pour atteindre les objectifs de mon projet.

Bien sûr que oui. J’ai d’autres challenges en vue. Mais je relèverai ces derniers, un par un.

Votre message de fin.

Merci de l’intérêt que vous portez aux réalités que vivent les femmes de mon pays. Merci du fond du cœur de votre soutien.

Propos recueillis par la Rédaction

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here