Devant François Compaoré et son épouse, dans la salle boisée du contentieux du Conseil d’État, la parole est d’abord donnée au rapporteur public. C’est lui qui propose aux juges du Conseil d’État un avis, après analyse du dossier. La demande d’extradition a-t-elle un but politique ? La sécurité ainsi qu’une procédure équitable pour François Compaoré sont-elles garanties ? Le rapporteur conclut que la confiance entre États doit prévaloir, malgré les raisons d’hésiter et donc, que la demande de François Compaoré doit être rejetée. Se lève alors l’avocat, Maître François-Henri Briard, qui sur un ton grave interpelle l’assemblée : « Vous avez une grande responsabilité. La vie de François Compaoré est entre vos mains. » Il décrit le Burkina comme un pays « dévasté par l’insécurité et le terrorisme », à l’appareil judiciaire « délabré et corrompu » et au système carcéral « désastreux ». « Cette affaire est bien politique »(…) « Vous devez annuler le décret. Il y a des pays pour lesquels les garanties diplomatiques ne fonctionnent pas. Ce ne sont que des garanties de parchemin. » (…) « Une extradition vers le Burkina serait, pour François Compaoré, une extradition vers le chaos, l’enfer et la mort. » À la sortie de l’audience, l’autre avocat de François Compaoré, Maître Pierre-Olivier Sur déclare : « Si François Compaoré est extradé, il sera tué en cellule. »

rfi

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