La pandémie de Covid-19 a plongé l’an dernier le continent africain dans une récession sans précédent. Les pays africains ont besoin de financer leur relance, mais contrairement aux grandes puissances, ils n’ont pas les mêmes capacités. Le sommet de Paris consacré à la relance de ces fragiles économies, à la question de leur dette et à la crise sanitaire s’est achevé dans la soirée du mardi 18 mai 2021 avec des promesses.

La conférence de presse de fin du sommet a débuté un peu avant 20h30, après plus de cinq heures de plénière. C’est Emmanuel Macron qui a pris le premier la parole. Le président français est revenu sur les objectifs de ce sommet : apporter des réponses de court terme et lancer des dynamiques pour lancer le « New Deal » pour l’Afrique. L’ambition était de récolter 100 milliards de dollars, il promet d’y parvenir. « Nous avons réussi à avancer », a insisté Emmanuel Macron même s’il reconnaît que tout ne peut être changé en un jour. Le sommet a confirmé l’émission de Droits de tirage spéciaux (Dts), à hauteur de 33 milliards de dollars pour l’Afrique dont 24 milliards pour l’Afrique subsaharienne. « C’est trop peu » et tous les participants sont d’accord sur ce constat. Des travaux vont donc être lancés dans les prochaines semaines : un travail technique qui devra aboutir à un accord politique entre le mois de juin et octobre. Parmi les pistes évoquées : la réallocation des Droits de tirage spéciaux des pays les plus riches à ceux qui en ont besoin. La France s’est déjà dite prête à cela. Parfois abusivement considérés comme la monnaie du Fmi, les Dts sont en fait une sorte de chèque convertible en dollars, distribué en proportion du poids spécifique des pays et de leur contribution aux ressources du Fmi. Ces allocations sont exceptionnelles. Le Fmi y a recouru à quatre reprises dans son histoire. La dernière fois, au lendemain de la crise financière de 2008.

 

Des promesses sanitaires pour l’Afrique

 

Les participants à la conférence, qui a réuni une trentaine de dirigeants africains et européens, ainsi que les grandes organisations économiques internationales, ont promis d’aider le continent sur le plan sanitaire. « Nous soutenons les transferts de technologie et un travail qui a été demandé à l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale du commerce et au Medicines Patent Pool (soutenu par l’Onu, ndlr) de lever toutes les contraintes en termes de propriété intellectuelle qui bloquent la production de quelque type de vaccins que ce soit », a déclaré le président français devant la presse à l’issue de la conférence. Emmanuel Macron a souligné que les participants avaient décidé une « initiative très forte pour produire massivement des vaccins en Afrique », avec en particulier des « financements de la Banque mondiale ». Etant donné le temps nécessaire pour lancer ces productions, Emmanuel Macron a expliqué qu’à court terme les participants au sommet avaient convenus de « pousser l’ambition de Covax (organisation de distribution de vaccins aux pays pauvres) de 20% à 40% de personnes vaccinées en Afrique ». Le président sénégalais Macky Sall a relevé que les campagnes de vaccination menées tambour battant dans les pays industrialisés ne garantissent « absolument pas la sécurité sanitaire ». Il a mis en garde contre le risque de développement en Afrique de « variants extrêmement résistants ». Le président de la République démocratique du Congo (Rdc), Félix Tshisekedi, qui assure la présidence tournante de l’Union africaine, a lui souligné que l’enjeu était aussi de convaincre les populations, en contrant le « travail de sape des réseaux sociaux qui ont diabolisé la vaccination ». L’Afrique fait figure de continent relativement épargné sur le plan sanitaire, avec 130 000 morts du Covid-19, selon les chiffres officiels, sur un total mondial de près de 3,4 millions. Mais elle paye un très lourd tribut économique et social, faute d’avoir pu comme les pays les plus riches lancer de pharaoniques plans de relance.

 

rfi

 

 

 

 

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