L’Université d’Abomey-Calavi se doit de retrouver ses lettres de noblesse face aux réformes engagées par le gouvernement de Patrice Talon. C’est le grand défi  auquel doit s’attendre de remporter la nouvelle équipe rectorale conduite par le Prof. Félicien Avlessi. Si pour le premier responsable de la seule organisation estudiantine représentative dans le Conseil d’administration de l’Uac, Igor Tossou, l’équipe doit avoir une bonne qualité d’écoute, Roger Gbégnonvi, quant à lui, pense que l’Uac doit retrouver son ancienne réputation de gloire pour une bonne rénovation. Il s’agit selon lui, d’un conservatisme bénéfique pour la génération future.

Roger Gbégnonvi, ancien enseignant : « Il faut qu’elle redevienne à la manière des universités que j’ai   fréquentées…»

« Je ne connais pas le nouveau recteur. Je suis de l’ancien système. Le nouveau recteur doit être infiniment jeune et du nouveau système. Le seul défi qu’il a à relever, de mon point de vue, c’est de rendre l’université à elle-même, d’en faire un lieu où la science prévaut, la science et non pas autre chose. J’ai enseigné dans cette université pendant 27 ans à plein temps, en qualité de vacataire, comme le disent les collègues. Parce que cette université, je l’ai dit et redit, je l’ai écrit dans des articles, n’était plus une université, mais un univers. Université, univers où ma foi, les professeurs, je m’excuse de le dire, où les professeurs faisaient des étudiantes leur maîtresse. Cette université où la science n’est plus enseignée. Ce qui m’a fait dire que c’était un lycée de banlieue. Aucun collègue, pendant que j’écrivais et disais cela en tant que  professeur dans cette université, ne m’a repris. C’est que c’était vrai. Ce nouveau recteur que je ne connais pas, a ce double défi à relever, et ce n’est pas simple.

Moi, professeur Roger Gbégnonvi, je suis allé dans plusieurs universités au Canada et en Allemagne. Il faut que l’Uac redevienne à la manière des universités que j’ai fréquentées en République fédérale d’Allemagne. Je suis dans la tradition de ce qui est beau et de ce qui est bien. Une université, c’est le lieu de la science, du beau et du bon ».

Igor Rodolph Tossou, président de la Fneb : « Avec la nouvelle équipe, nous avons confiance… »           

« Avec l’ancienne équipe rectorale, les étudiants ont gagné beaucoup. Un avantage obtenu grâce à l’excellente disponibilité des autorités rectorales. Elles ont développé un esprit d’écoute inimaginable qui nous a permis de soumettre chaque fois les problèmes rencontrés par les camarades étudiants. Au détour des échanges, les solutions adéquates sont trouvées au grand bonheur de la communauté universitaire. Entretemps, nous avons essayé de discuter avec les doyens et directeurs d’écoles, collaborateurs, des faux frais. Une négociation qui n’a pas eu d’écho favorable. Nous étions dans la triste obligation d’aller en grève  pour nous faire mieux entendre.

 En toute sincérité, je peux vous confier que c’est la toute première fois que nous  étions obligés d’aller en mouvement de grève pour avoir satisfaction. Sinon, quand il y a une situation, nous nous rapprochons de l’équipe dirigée par le Professeur Maxime da Cruz et aussitôt nous sommes servis. C’est vrai, qu’on n’arrivait pas tout le temps à s’entendre compte tenu de nos positions. Mais, nous avons la latitude de s’écouter, d’avancer des arguments pour que la lumière jaillisse. Cependant, nous ne pouvons pas dire que toutes les doléances ont été satisfaites. Avec la nouvelle équipe, nous avons confiance qu’elle  fera  plus que l’ancienne parce que, le Professeur Félicien Avlessi, qui est aujourd’hui  recteur,  était membre de cette équipe. Sur cette base, il aurait capitalisé un certain nombre d’expériences. Lesquelles expériences seront probablement exploitées durant sa gestion. Nous sommes convaincus que ce dernier va nous écouter. D’ailleurs, cela a commencé. Nous avons fait une demande d’audience récemment. A peine la demande déposée, nous avons été appelés. C’est la preuve déjà que cette équipe veut bien nous écouter, discuter pour que nous ayons solution aux problèmes. Cette discussion que nous avons eue a permis de prendre contact officiellement avec l’équipe et de lui réitérer nos sincères félicitations. Pour nous, le défi est de satisfaire les attentes des étudiants dans tous les compartiments en règlementant par exemple, le désordre que prônent les faux frais d’inscription ».

Propos recueillis par Bienvenue Agbassagan

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