Face aux dénonciations d’une partie de la classe politique de l’opposition qui estime que « nous ne sommes plus en démocratie » au Bénin, le professeur Victor Prudent Topanou a décidé de mettre fin à l’intoxication. Dans une tribune rendue publique hier mardi 30 mars 2021, il a donné son avis sur la question.

« Le Bénin n’est pas une dictature, ou pour faire plaisir à tous ceux qui soutiennent subjectivement le contraire, le Bénin n’est pas encore une dictature ». C’est la péroraison qu’a eu le professeur Victor Prudent Topanou après avoir consulté l’Encyclopaedia Universalis. A l’en croire, la dictature est un régime autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert à précipiter l’évolution en cours (dictature révolutionnaires), soit à l’empêcher ou à la freiner (dictatures conservatives). Il s’agit d’un régime très personnel, mais l’armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles. Pour Victor Topanou, on a beau tourné et retourné cette définition dans tous les sens, on ne voit pas en quoi et comment elle décrit la situation du Bénin. Ce qui se déroule actuellement, fait-il observer, est nolens volens un conflit idéologique entre, d’une part, des conservateurs, en mal de légitimité qui ne veulent rien voir changer quand bien même ils ont conscience de la nécessité de faire les réformes. Et d’autre part, des réformateurs qui pensent qu’il faut absolument faire évoluer les choses, quoiqu’il en coûte. « De toutes les réformes mises en œuvre par le président Talon, ce sont les réformes du système partisan qui sont les plus décriées non seulement parce qu’elles ont pour finalité d’inverser la culture politique et démocratique développée ces trente dernières années par les acteurs politiques béninois, mais aussi parce qu’elles favorisent le renouvellement de la classe politique. Or, elles sont de nature à consolider leurs capacités et à renforcer le rôle dans le fonctionnement de la démocratie béninoise », a-t-il souligné. Le Maître de conférence des sciences politiques a, pour finir, martelé que, même si ces réformes sont contestables dans le fond comme dans la forme, elles ne peuvent nullement servir de raison pour interrompre le processus électoral en cours pour els remettre en cause. Lire ci-dessous, la tribune du Professeur

 

Joël Samson Bossou

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